‹ Pétrone en FranceChapitre 29 sur 73 · PÉTRONE PENDANT LA DEUXIEME MOITIÉ DU XVII' SIÈCLE · texte numérisé non relu

PÉTRONE PENDANT LA DEUXIEME MOITIÉ DU XVII' SIÈCLE

C'est vers 1650 que Jlarino Statileo, à son retour de l'université de Padoue, découvrit à Trau, en Dalmatie, dans la bibliothèque de son ami Xicolo Cippico, un manuscrit beaucoup plus complet que ceux que l'on possédait alors. 11 venait combler dans la description du festin de Trimalchion une vaste lacune, depuis les mots : Ipse nescit quid habeat, cli. 37, jusqu'au ch. 79: Neque fax ulla in prsesidio erat ^ .

Giovanni Lucio, qui était originaire de Trau comme Marine Statileo, partant lui-même pour l'Italie en 1654, communiqua la découverte du nouveau fragment à des savants de Padoue et de Rome ". Il fut publié pour la première fois à Padoue, en 1664,

1. Le chapitre 55 existait seul dans les extraits antérieuremeol connus.

2. Voir Memor'ie istoriche di Tragurio. Venetia, 1674, p. 53i sq. — La Porte du Theil, qui raconte en détail l'histoire de la découverte et de la publication du fragment de Trau, donne, entre autres pièces, de longs extraits de ces Memorie istoriche di Tragurio (Manuscrit, t. I, p. 471 sq.).

chez Paul Frambotti. A la fin de 1664, une seconde édition est donnée à Paris chez Edmond Martin, par J. -^lentel, sous le nom de J. C. Tilebomen (anagramme de Jacobus Mentelius) et sous ce titre : 'AvsxÔCTCv ex Petronii Arhitrl Satyrico fragmentum, pra-'fixo judicio de styli ratione ipsius. Lutetiae Parisiorum , typis Edmundi Martini, via Jacobsea, sub Sole aureo, — réimprimée en 1666, ihid., et Amsterdam, 1670, in-8'', cwn Caii Tilcbomeni conjecturis et Statilii apologia.

D'autres éditions suivirent à bref délai. Celle de Jean SchefFer' à Upsal (1665) in-S", réimprimée à Hambourg en 1675, est estimée ; celles de Thomas lleinesius -, Leipzig, 1666, in-8°, dédiée à Colbert, et surtout de Christophe Arnold, Nuremberg, 1667, sumtibus M. et J . F. Endterorumj sont d'une médiocre valeur.

L'édition de ^lirhael Hadrianides est la première qui comprenne tout ce qui nous reste de Pétrone ; on y trouve en effet, avec le festin de Triraalchion, les extraits antérieurs dans l'ordre où ils sont aujourd'hui reproduits. En voici le titre : 2'iti J'etronii

1. Jean Scheffer, né à Strasbourg eu 1021, fut professeur d'éloquence et de droit public à Upsal et bibliothécaire de l'académie de cette ville, où il mourut en 1679.

2. Tli. Reines, savanl médecin, philologue et antiquaire, né à Gollia eu 1581, mort à Leipzig eu 1067.

DEUXIÈME MOITIÉ DU XVIl'' SIECLE. 55

Arbitri equitis Romani Satyricon, cum Fragmento nuper Tragurii reperto. Accédant diversorum Poetarum Lusus in Priapum, Pervigiliuni Veneris, Ausonii Cento nuptialis, Cupido crucifixus, Epistola de (Jleopatra, et alia nonnulla. Cum Commentis et Xotis Doctorum Virorum illustrata. Concinnante Micliaele Hadrianide. Amstelodami , Typis Joannis Blaeu, 1669, 8°.

En 1670, les frères Guillaume et Jean Blaeu publièrent une nouvelle copie soigneusement collationnée par Lucius du manuscrit de Trau ^ avec l'apologie de Marinus Statilius, sous ce titre : Integrum Tlti Petronii Arbitri Fragmentum ex antiquo codice Traguriensi Roviae transcriptum, cum Apologia Marini /Stoh'Zu'.. Amstelodami, Typis Joannis Blaeu, 1670, in-8". — Réimprimé en 1671.

Jean Blaeu dédia ce volume au grand Coudé, chez qui avait été porté le premier exemplaire de l'édition de Padoue qui était parvenu à Paris. Une nouvelle édition du Pétrone de Michael Hadrianides a été donnée à Amsterdam en 1687 -.

En vingt-cinq années, de 1668 à 1693, jusqu'à la publication par Xodot du prétendu fragment de Belgrade, il y a douze éditions du Satiricon. Les Elzé-

1. Voir la lettre de Jean Lucius à Guillaume et Pierre Blaeu, du 14 novembre irioS, dans Burmann, éd. de 1709, p. 307.

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