I. i'élrone, cliap
92 PÉTRONE EX FEANCE.
Cf. Odes, L. 1[, 6, à la Fortune :
Le masque tombe, l'homme reste, Et le héros s'évanouit.
Le conte de la Matrone d'Ephese continue à inspirer en ce siècle les écrivains dramatiques. « Chaque théâtre a sa Matrone d' Ephèse », lit-on dans la Bihliothèque des théâtres (Paris, Prault, 1733, p. 200)'. Houdart de la Motte fait représenter au théâtre français le 23 septembre 1702 : La Matrone d'Ephese, comédie en un acte, en prose". Sous ce même titre, Fuselier donne à la foire Saint-Laurent, en 1714, un opéra-comique en trois actes. Pour compléter la liste des pièces composées sur ce sujet au xyiiT siècle, ajoutons: La Veuve ou la Matrone d^ Ephèse , comédie en trois actes de Watelet (1718-1786) '*•, Za Matrone d'Ephese, comédie en un acte, mêlée de vaudevilles, par Radet, représentée sur le théâtre du Vaudeville le 13 octobre 1792 \
D'autre part, les érudits et les lettrés s'appliquent à publier avec soin le texte de Pétrone et à le traduire.
1. Go sujet csl aussi traité par la peinture. 11 y a des Malrunes d'Éplièse de Charles Coypel, d'Oudry, do Paler, etc.
2. Œuvres de M. Houdart de La Motte. Paris, Praull, 1751, t. V, p. 463, a. Catalogue de la vente Soleinne par le liililiopliilo .lacob, t. II,
p. 138, no 2029.
■t. Cf. aussi, d'après le ccnte chinois, La Matrone chinoise ou VÉpreure ridicule, comédie-ballet en deux actes, en vers libres, par Le Monnier, Paris, 1764:, in-12.
Parmi les éditions importantes, il faut signaler d'abord celle de Pierre Burmann (né à Utreclit, 1668- 1741), ainsi intitulée : Titi J'etronii Arhitri Satiricon quœ supersuut cum integris Doctorum Virorum Commentariis ; et notis Xicolai ITeinsii et Guilielmi Goesii uunc primum editis. Accedunt Jani Dousse Prœcidanea, D. Jo?. Ant. Gonsali de Salas Commenta, Variée Dissertationes et Praefationes quarum Index post praefationem exhibetur. Curante Petro Burmanno — Trajecti ad Rlienum, apnd Guilielmum Van de Water, 1709, in-4°\
Le Pétrone de Burmann est une des meilleures éditions variorum, la plus riche assurément en commentaires'. Il en a été donné une seconde édition par les soins de son fils Gaspard Burmann, qui en a écrit la préface : Amsterdam, Jansson-^Vaîsberg■, 1743, 2 vol. in-4\ Jean- Jacques Reiske, qui a revu le texte dans cette édition, y a introduit des additions et des corrections très hasardées.
Vient ensuite celle de Conrad Anton: Petronii
1. En 1731, parut à Florence (.\msterdam), iu-S", une Chreslomalhia Pelronii Burmanniana . L'auteur prétend relever les erreurs de Burmann, mais en commet lui-même beaucoup. On attribue cet ouvrage à Isaac Verburge et à Hemsierliuys.
2. Outre les notes de Nicolas Heinsius et de Goesius, Burmann a utilisé, pillé, dit M. Bueclieler (préL de l'éd. de 1862, p. xxxi), celles de Jacques Grouovius qui existent actuellement manuscrites à la Bibliothèque de Leyde. (Ms Gronov. 125) : Annotala ad niiper invenlutn Petronii fragmenlum.
04 PÉTllOXE EX FRANCE.
Arhitri Satyricon ex recensione Pétri Burmannl passim rejicta cum Supplementis Nodotianis etfragmentis Petronianis . Notas criticas, aliasque et indicera uberrimum addidit Conr. Gottlob Antoniiis, Litt. orient, prof. Viteb. Lipsise, sumtibus Caspari Fritsch, 1781. Cette édition, ainsi que le titre l'indique, suit le plus souvent 'le texte de Burmann. Elle est reproduite par l'édition Bipontine : Petronii Arhitri eqnitis Romani Satiricon cum supplementis Nodotianis. Accedunt veterum poetarum catalecta Pmemittitur notitia literaria studiis societatis Bipontinae. Biponti, ex typographia societatis, 1700, in-S**.
Le président Bouliier publie à Amsterdam, chez Changuion, en 1737, le poème de Pétrone sur la Guerre civile, avec la traduction en vers français \ Cet ouvrage est réimprimé à Paris, 1738, in-12.
Voltaire, dans son discours de réception à l'Académie française (9 mai 1746), où il succédait au président Bouhier, fait l'éloge de cette traduction -, mais non du poème de Pétrone, qu'il juge « une déclamation pleine de pensées fausses » ■'.
1. Poème de Pétrone sur la guerre civile entre César et Pompée, avec deux épitres d'Ovide ; le tout -Iraduil en vers français, avec des romaniues cl des conjectures sur le poérao inlilulé : Pervigilium Veneris, in-40. Vignette gravée sur le titre, par Bernard Picàrt.
2. Éd. de Kehl, t. 47, p. 5. — Co poème est au contraire apprécié de la manière la plus favorable par l'abbé Dosfonlaines. V. de Guérie, Recherches sceptiques, p. xxvn. l'élrone, Garnier, 1861.
3. Pétrequin {op. cit., p. 112) meulionue encore un essai anonyme
Le xviii^ siècle a vu paraître deux traductions en prose du Satiricon. La première est celle de Lavaur, publiée sous le titre suivant : Histoire secrette de Néron ou le Festin de Trimalciop , traduit de Pétrone avec des notes historiques par 31. Lavaur. Paris, chez Etienne Ganeau et G. -F. Quillau, 1726, 2 v. in-12. Elle est fort inexacte, soit qu'elle délaie verbeusement le texte, soit qu'elle pèche par de fréquentes omissions.
On en peut dire à peu près autant de celle de Dujardin^, qu'il donna sous le nom de Boispréaux, La Haye, Jean Neaulme — ou Londres, Xourse (en réalité Paris), 1742. 2 vol. in-8^ — ^ sans texte et sans notes, avec une préface '. Les Opuscules de Fréron contiennent une lettre de celui-ci à l'abbé Desfontaines ^ sur la traduction de Dujardin, qu'il avait déjà pris à partie au sujet de son Histoire deRienzi*. Le critique l'apprécie avec une juste sévérité, en
(le traduction du poème de la Guerre civile, d'ailleurs dépourvu de valeur. Y. Bibliolhèque d'hisloire et de Uuéralure, Lille, 1762, 2 v. iii-12.
1. Ancien maître des requêtes, Dujardin, qui avait été forcé, pour des raisons inconnues, d'abandonner la carrière de la magistrature, sacrifia Vinulilité de son loisir (ce sont ses expressions) à traduire Pétrone.
2. Réimprimée à Paris, l'an IV de la République. (D'après Pirault dos Chaumes, Observations, etc., à la suite de sa traduction inédite.)
3. Opuscules, do M. F... — Amsterdam, chez .\rkstic et Merken, 1753, t. pr, p. 1S2 sq.