TEMOIGNAGES DES AXCIEXS SUR PETRONE
En dehors de Tacite, dont nous ^donnons plus loin un extrait, et do quelques mots de Pline l'ancien sur un vase myrrhin, que Pétrone, mourant, brisa pour ne pas le laisser à Néron ', voici, dans l'ordre chronologique, les seuls passages où il soit question, chez les anciens, de Pétrone ou du Satiricon :
I. — Dans son Commentaire sur le songe de Scipion, 1, 2, 8, Macrobe (fin du iV siècle et début du V) rappelle, après les comédies (le Ménandre, « les
1. XXXVII. 8, 20 : T. Petronius consularis moriturus invidia Neronis, ut mensam ejus exheredaret, trullam inyrrhinam HS CGC emptam fregit.
récits tout remplis de malheurs d'amants dans lesquels se sont exercés Pétrone et Apulée » : « argumenta fictis casibus aniatorum referta, quibus vel multum se Arbiter exercuit, vel Apuleium nonnunquam lusisse miramur. »
II. — Un évoque de Clermont, du v« siècle, Sidoine Apollinaire (Poème xxiii, 145 et suiv.)» après avoir cité les maîtres de l'éloquence latine, Cicéron, Tite- Live, Virgile, nomme Pétrone, qui « dans les jardins de Marseille, dévot bien digne de sa chapelle, honore le tronc sacré de Priape, le dieu de l'IIellespont ».
« Quid vos eloquii canam Lalini
Arpinas, Patavine, Mantuane
[155] Et te Massiliensium per hortos Sacri slipilis, Arbiter, colonum Hellesponliaco parem Priapo ? » i
m. — Un écrivain byzantin du commencement du VI'' siècle, Joannes Lydiis, dans son livre sur les
1. M. Peck dans l'Introduclion (p. u9) de sa Cena (voir plus loin, p. 189), s'appuyait sur ce texte pour soutenir que Pétrone était de Marseille. Les auteurs cités par Sidoine : Arpinas etc.. étaient désij^nés par leur patiie : donc pour l'idée, Massiliensium serait à joindre à Arbiter. Mais que vaut le rapprochement quand une fois on a vu qu'entre le vers 146 de Sidoine : (Arpinas...) où les auteurs sont cités par leur patrie, et le vers 155 où il est question de Pétrone {Et te...), il y a un intervalle de huit vers où Térence, Plaute, Varron, Salluste.. Tacite sont cités par leurs noms ou leurs prénoms ; dès lors, il ne reste jdus rien de l'argument.
Magistratures y I, 41, donne ainsi l'énumération des satiriques : Turnus, Juvénal et Pétrone.
IV. — Enfin, parmi les compilateurs, les grammairiens, les scoliastes de l'antiquité, on trouve, cités/)as.sim, des vers, des mots, des formes empruntés à Pétrone ; sans entrer dans le détail, je me borne à donner les noms des auteurs où l'on a recueilli de telles citations: ce sont : ii*^ siècle, Térentianus Maurus ; à la fin du iV' siècle, Ser vius, Pseudo- Acron, Marins Victorinus, Diomède, saint Jérôme ; au yc siècle, Priscien, Marins Mercator, Pompée, Boèce ; au vi*' et au vii»^ siècle, Fulgence, Isidore; puis les glossaires et le recueil de vers de Claude Binet (un savant français de Beauvais, de la fin du xvi<^ siècle : son recueil de poèmes, tirés d'anciens manuscrits, a été publié à Poitiers, en 1579).