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LES SOURCES JJE PÉT'IlON'E 227
contemporaines, comme aussi de celles qui lui venaient du passé.
Dans ce qui précède nous avons indiqué brièvement par quoi Pétrone ressemble à Apulée * et comment il en diffère. Nous comparons aussi assez bien, tout au moins pour le cadre, le Satiricon à la Ménippée de Sénèque qui nous est conservée. J'ai indiqué enfin l'impression que laisse, par comparaison avec Pétrone, la lecture des romans grecs.
N'avons-nous pas d'autre point de repère? A-t-il existé avant Pétrone, sinon à Rome, du moins en Grèce, des œuvres qui se rapprochent du Satiricon?
Nous nous doutons bien qu'au temps de Lucien, il a dû y avoir, dans le même genre que la plupart de ses petits dialogues ou traités, d'autres livres plus ou moins spirituels auxquels on comparerait volontiers le Satiricon, bien plus qu'aux romans du iV siècle.
Notre attention se porterait surtout de préférence, à côté des courts récits où Pétrone excelle, vers ce que les modernes ont appelé la Nouoelle. Apulée nous a transmis en ce genre des pages précieuses, et chacun connaît sa Psyché et ses histoires de voleurs ^. Il est fâcheux qu'en les remaniant, le rhé-
1. P. m. L'anecdote clos noisettes jetées dans l'eau est pour cela caractéristique : cxxxvii fin.
2. Histoire de voleurs n'est pas histoire de brigands. Rien qu'à renoncé, nous sentons la différence. Il est vrai que tel
teur les ait gâtés et que, par tel ou tel trait, elles sentent l'école. Rien de pareil chez Pétrone. 11 fait penser à VHistoire véritable bien plus qu'à tout le reste.
Dans ce que nous avons du Satiricon voici la liste assez courte des contes qui nous restent : histoires de sorcières et de loup-garou, anecdote de Pergame, histoire de la matrone d'Epiièse '.
Les histoires de sorcières sont débitées, vers la fin du repas, à la table de Trinialcion ; elles sont accommodées à l'auditoire, donc très vulgaires. On nous assure que les sorcières, sous la forme d'oiseaux de nuit {striges), pénètrent partout: qu'elles se plaisent à vider les morts, surtout les cadavres d'enfants mal gardés; au lieu du corps, les mères ne retrouvent plus qu'un mannequin rempli de paille (jnanucioluni de stranientis)'-. Ceux qui tentent de leur faire obstacle sont frappés de la maie
récit peut réunir les deux genres, par où on est mis d'accord. Ainsi dans le cas suivant : D'Alenihert venant à Genève, Voltaire lui donna un diner où assistaient de Brosses, Tronchin et Jalabert. Le repas fut charmant, et, au dessert, on demanda à chaque convive de faire à son tour un conte de voleurs. Hubert, D'Alembert lit le sien qu'on trouva fort gai. Le tour de Voltaire arriva : Messieurs, leur dit-il, il y avait une fois un fermier général... Ma foi j'ai oublié le reste. Perey et Maugras, Vie intime de Volt., p. 165.
d. Remarquons que les premières sont mises dans la liouche de Trinialcion ou de ses affranchis ; les deux dernières sont racontées par Eumolpe. Voir p. 78, note 2.