‹ Pétrone; l'envers de la société romaine et études diversesChapitre 33 sur 128 · Ghap. XGV · texte numérisé non relu

Ghap. XGV

POÉSIE ET iniÉTORinUE 77

dépareillés, ef par derrière un chien énorme qu'elle lirait par la chaîne en l'excilant conire Eumolpe. Survient l'intendanl du quartier, loul liuulleux, porté dans une litière. D'abord, d'une voix rageuse et barbare, il pérore contre les ivrognes et les fugitifs, quand tout à coup, regardant Eumolpe : « 0 le plus éloquent des poètes, c'était loi, et ces drôles ne s'écartent pas, ne détalent pas au plus vile! » et il l'emmène, sans doute, à sa table, avec beaucoup de caresses, en lui demandant seulement de lui eumposer un poème contre sa niaîlresse (|ui vraiment, fait trop la fière.

Ce sont là d'heureuses chances qu'Kumolpe, il est vrai, ne rencontre pas souvent. Il est rare surtout qu'on lui demande des vers. C'est merveille si jamais il trouve quelque auditeur qui veuille entendre ceux qu'il est toujours prêt à réciter. Il passe sa vie à chercher vainement un auditoire qui le tolère. Partout il essaie de lire ses vers, au ihéàlrc, aux bains, au musée ; mais partout le succès est le même : à peine a-l-il commencé qu'on lui court sus pour lo lapider.

A notre gré, il eût mérité de l'être pour ses vices bien plus que pour ses vers. Nous savons ce qu'on a dit de tout temps des « promeneurs d'ours ' » ;

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