sterne a tout au moins répandu dans le monde des lelties
mais on sait aussi ce que raconte Eumolpo de son séjour à Pergame ^ : quand il ne serait que de pure forfanterie, ce récit éveillera toujours chez les moins prudes, à l'égard de celui qui le fait, une invincible répugnance : ceux dont parle Eumolpe (pourquoi licnl-il à en être?) étaient, certes, de villaines gens.
Pour nous comme pour lui, mieux vaut prendre son caractère par un autre côté. A cause de l'impression confuse qu'on éprouve à son égard, et parce que SCS ridicules, ses vices mômes ne détruisent pas, peut -cire même n'atténuent pas assez la sympathie qu'éveillent quelques-unes de ses qualités, on a comparé Eumolpe à Falstalf. Ils ont certes, plus d'un Irait commun : de la gaieté : une dose de vanité très sufTisanto ; beaucoup de penchant pour les fanfaronnades, avec je no sais quoi dinsouciani et d'inconsciciiL Mais, si bas qu'il tombe parfois, Eumolpe a sur Falstair cet avantage d'être poète. Il y a le rayon qui. malgré ses intermittences, l'éclairé souvent et le relève. A cause do sa verve intarissable, de sa manie do l'aisonncr de lout sans se soucier d'être conséquent, à cause surtout de son merveilleux talent de C(jnlcr",on penserai! pluh'il, toute question
ce nom donné, en Angleterre, aux précepteurs qui promènent, sur tous les chemins du monde, quelque riche fils d'Albion.
i. Chap. Lxxxv à lxxxyii.
1'. Piemarqucz ce trait d'observation fine et vraie : ce n'est
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de mœurs el de vioà pari, à un personnajje réel, à l'un de nos écrivains du siècle dernier, lui aussi fécond, inégal, lout fumeux. J'allais nommer Diderof et je recule. D'abord il n'a pasfail de vers ; d'aulre pari, ses admirateurs passionnés se seraient récriés, peul-èlre indignés. Et, cependant, ne fût-ce qu'en faveur de certains contes exquis d'Eumolpe, l'auteur de Jacques le fataliste aùl-W si vivement protesté?
Le trait caracléristicjuc d'Eumolpe est. je l'ai dit. de vouloir lire partout ses vers. Pour donner à la scène un cadre approprié, plaçons-la, d'après le roman lui-môme, aux bains publics, dans ces lliermes nécessaires aux plus p('tit(;s villes de province, où le déclamaleur jouissait du rclenlissemenl de sa voix', mais où résonnaient aussi tout autour de lui ces cris el ces bruits nitill iples qu'a décrits Sénèque-. Avec Eumolpc, le tout se fondait en une seule clameur, et l'on n'entendait plus k la (lu (ju'une immense malédiction jetée au met romane importun.
Tel est le rôle du vieux poète dans le i-omaii. Si
]ias dans la bouche du rhéteur, c'est dans celle d'KuuR)li>e que Pétrone a mis les jolis contes :.la Matrone d'Ephèse, et ce qui, au <^v6 lie l'auteur, devait sans doute en être le pendant : le récit dont je parlais à 1 instant; autrement : l'aventure d'Eumolpe à PcrRame.
1. lIor:ice, Sal 1, iv,7ii : Suave locus voci resonat coiiclusus. Cf. ici Trimalcion. ;iu chap. i.xxiir, p. \'\ ■2\