‹ Pétrone; l'envers de la société romaine et études diversesChapitre 58 sur 128 · A la fin du chap. xli · texte numérisé non relu

A la fin du chap. xli

puis pas prendre un bain tous les jours...; l'eau mord » : « ego non cotidie lavov;... aqua dentés hahet, * »

Mais ce qu'on retrouve dans tous les discours, c'est toujours, avec des variantes et des paraphrases, le double vœu qui caractérise la plèbe de l'empire : du pain et des jeux! Le prix du pain augmente; il est clair qu'on est exploit»'' par les boulangers et sans doute aussi par les édiles. Les magistrats ne volent pas moins le peuple quand ils manquent à lui donner des jeux. Les petites gens s'écrieraient volontiers comme le mirmillon du temps de Tibère : que de beau temps perdu {qiiam bella œtas périt) dont on eût pu mieux fairel Car les jeux que viennent de donner les magistrats, ne les ont pas ruinés; cela faisait pitié : « Des gladiateurs de quatre sous, décrépits, qu'un souffle eût jetés à terre; les hommes exposés aux bêtes étaient plus solides. Il y avait des cavaliers combattant à la lumière des flambeaux : on eût dit des coqs; l'un, un lourdaud; un autre, cagneux; le troisième, un vrai mort, aux nerfs coupés. Le Thrace avait quelque souffle; encore ne faisait-il que répéter une leçon apprise. A la fin on les a tous fait passer aux étrivières; tant la foule avait dû crier de fois :

1. P. 29, 10. — Se rappeler rimportance du bain dans la vie de l'éi oque et le souhait : « bene (ou salvus) laves. »

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allons donc! poussez-lo ! Bref, une vraie débandade. Il dira : « C'est un cadeau de ma part que ces jeux »; et moi je le donne mes applaudissements. Fais le compte : j'en mets plus du mien. L'un vaut l'autre. Top et top ' ! »

Les coupures risquent d'altérer le ton et l'accent de ces discours; écoutons donc, sans intervenir, Ganijmède '', l'affranchi geignard, politique et dé- * vot : « Vous racontez là des choses qui ne regardent ni le ciel ni la terre, et personne cependant no songe que la famine déjà nous mord. Par Hercule, je n'ai pu trouver aujourd'hui une bouchée de pain '. Aussi la sécheresse persiste. Voilà toute une année qu'on meurt de faim. Malheur aux édiles qui s'entendent avec les boulangers, de pair à compagnon, et disent : aide-moi, je t'aiderai ! Aussi le petit peuple peine, tandis qu(î ces fortes mâchoires font tous les jours Saturnales. 0 si nous avions encore les fiers lurons (illos leoûes) que j'ai trouvés ici quand je suis venu d'Asie. C'était là vivre! Si le blé se vendait moins cher en Sicile qu'ici, ils vous rctuurnaient tous ces fantômes de magistrats (jui se

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