‹ Pétrone; l'envers de la société romaine et études diversesChapitre 63 sur 128 · P. 38, 5 et 22 : d'où notre expression familière · texte numérisé non relu

P. 38, 5 et 22 : d'où notre expression familière

3. Ad summam, p. 21, 32 ; p. 25, 1, i) et 13; p. 3S, 11 : p. 31), 1 ; p. 47, 33 ; p. 52, 23, etc.

4. De mémo Scintilla, p. 47, 20 : « Frcqiientius plaudebat quam loquebatur », et Trimalcion, p. 48, 37.

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qui naît du contraste plaisant de ses prétentions et de son langage. Il suffit de l'entendre pour qu'on sente aussitôt ce qu'il a été jadis ou mieux ce qu'il n'a pas cessé d'être.

D'avance on ne se fait pas une très haute idée des femmes qui se trouvent dans un tel milieu. Ce sont des compagnes de vice ou mieux de misère (contubernales), que ces anciens esclaves ont conservées, par devers eux, moitié par habitude, moitié par calcul. Voyez l'une d'elles, qui se trouve au premier plan, Fortunata, la femme de Trimalcion. Sa vie, sa passion est de diriger la maison du parvenu. Elle a l'œil à tout et maintient de l'ordre dans cet apparent désordre. Cette femme a pour Trimalcion un dévouement de caniche qu'il a éprouvé '. Il lui en est reconnaissant ^, ce qui ne l'empêche pas, à un moment, de lui jeter une coupe à la tête ', et de l'accabler sous des litanies d'injures. Elle et les autres, on les couvre d'étoffes précieuses ; de bijoux qu'on estime au poids ; la balance est apportée pour prouver leur prix *. Elles les montrent, font les belles, jouent à la

2. A la fin du chap. lu : « par inoiiients, il avait peur de Fortunata ; dans d'autres, il revenait à sa vraie nature » : » Nani modo Forlunalam verebalur, modo ad suam uaturam revertebatur. »

(lame, sans ouvrir la bouche, ce semble, cependant et pour cause. Qu'auraienl-clles su dire? en quelle langue? Scintilla ' a bien raison de laisser échapper moins de mots que de battements de mains et de gestes.

Dans toute cette partie du récit, bien des traits, qu'il nous faut découvrir et lentement analyser, avertissaient d'abord le lecteur romain qu'on le transportait dans un monde où de très petites choses avaient grande importance. Ainsi, ou je me trompe bien, les chiffres par lesquels sont ici évaluées les fortunes de tel ou lel étaient, ce semble, par eux-mêmes, pour les Romains du T'" siècle, suffisamment significatifs. C'est une somme énorme pour Trimalcion et ses amis que deux millions de francs -, et sa fortune, que tous admirent et en-, vient, dont il met le total sur son épitaphe, monte en bloc à six millions. Aux contemporains de Claude et de Néron, dans le monde des affaires et de la cour, ces chiffres devaient paraître, non pas ridicules, sans doute, mais sûrement faibles et médiocres ; ils caractérisaient nettement Trimalcion et ceux qui l'entouraient. Quand Tacite parle dos fortunes de ministres amassées par Pallas en qua-

1. Encore (voir p. 40, note) un nom roiuain (Scintilla, olinoelle) ; c'est la feniuie de Ilabinnas.

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