Voir à la fin du chap. xxxvii
nous appelons la division du travail. On y recourait donc, en allant jusqu'à ce qui nous paraît être l'extrême limite. Dans la salle à manger, tel esclave ne faisait jamais que dresser la table; tel autre que servir ou découper. Pendant tout le festin comme dans les préparatifs, les occupations de tous, les entrées, les sorties, tous les mouvements sont réglés comme ceux d'acteurs au théâtre.
De cet ordre même pouvait naître partout je ne sais quoi de ridicule, qui est ici vivement accentué et souligné par le satirique. Sans doute tout devait être réglé, dans ces repas, pour éviter que la machinerie ne fût arrêtée ou dérangée; mais il paraît assez et trop, chez le parvenu, que la fête présente a été précédée de plus d'une répétition.
Si l'on ne s'en étonne pas pour ce qui concerne le service lui-même, ou encore pour ce qui est des surprises, on est stupéfait de constater que les allocutions et les prétendus bons mots ont été préparés, qu'ils ont déjà servi, et l'on admire ce convive, qui, quoique ayant assisté déjà plus d'une fois à la fête ', semblable à un habitué de féeries, la voit recommencer avec un calme imperturbable, et renouvelle tranquillement ses témoignages d'admiration.
1. P. 24, £9 : « Mais lui, comme quelqu'un qui avait déjà vu ces jeux »; « at ille qui sœpius ejusmodi liidos spectaverat. >
LE FESTIX DE TllI.MALCIOX loi
liuliijuous ciicoi'c un autre ridicule, venu Je l'iinitalion du tliéâlre, et par lequel Triinalcion dépasse tout ce qu'un sait de ses contemporains. Cliez lui, entrées, sorties services, les moindres ;^estes des servants, tout se fait en musique '. C'est en chantant que les esclaves versent de la neige sur les mains; en chantant qu'ils parfument les pieds des convives. Encolpc a remarqué ce bel ordre. Il essaie de mettre à l'épreuve cette musique incessante et sans doute aussi « glapissante ». Tous sans exception y seraient-ils donc incorporés? Brusquement il demande à boire. Le jeune esclave arrive avec un aigre fausset; de même tous ceux à qui on s'adressait. Ce n'était partout que fredons. « <>n avait autour de soi un chœur de pantomimes, non les servants stylés d'une bonne maison -. »
Trimalcion n'est guère moins ridicule quand il produit ses lloméristes cl (ju'il risque ses fausses citations ^
Mais d'autres Romains avaient porté bien plus loin ce luxe si gros do sottise naïve. St^ièque a conté le cas de celui (jui avait fait dresser des citateurs d'Homère, d'Hésiode et des lyritiucs; (juel
1. Dans le Bourgeois genlilliomme ori^jinal tout on iTesque tout se représentait on dansant.