Au commencement du cliap. liv
15i PÉTRONE
écart est néanmoins rudement réprimé: les bourreaux sont à portée. Trimalcion a chargé spécialement un esclave de soigner le tapis blanc et la toge de pourpre où il doit être enseveli : « Prends bien garde, Stichus, lui dil-il, que les souris n'y touchent ou les mites; autrement, je te ferai brûler vif S » et il est homme à le faire.
A un autre passage, dans le rapport qui est lu au maître ^, il est question d'une mise en croix pour un crime qui semble n'avoir rien de capital. Et cependant voilà que, vers la fin du festin, Trimalcion se sent subitement pris de tendresse. îl avait eu l'attention d'espacer les tables, pour que l'affluence des servants n'incommodât pas les convives. Tout à coup, il propose d'admettre à table les esclaves : ils viendront par séries : « Ce sont, après tout, des hommes qui ont bu le même lait que nous, mais (ju'accable la rigueur du sort ^. » Malgré l'inconséquence, nous serions tentés d'abord de prendre au sérieux ce bon mouvement; d'y voir un retour du parvenu vers le souvenir des premières années de sa vie. Ce serait, je crois, faire fausse route. Pour les délicats, toutes les pratiques de ce genre étaient basses et prouvaient une basse ori-