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un total de 737,000 livres; en 1855, elles se sont élevées à 4,399,000 livres. Les exportations annuelles de la Chine pour l'Angleterre sont évaluées à 200 ou 250 millions de francs; les importations tirées de l'Angleterre et de l'Inde équivalent à peu près à la môme somme. Le principal objet de ces importations est l'opium, dont l'introduction, prohibée par la sagesse du gouvernement, qui sait quels abus les Chinois font de ce narcotique enivrant, fut la cause de la guerre de 1840 à 1842 avec les Anglais.
Le commerce extérieur par terre se fait avec une très-grande difficulté : les caravanes sont obligées de franchir des défilés étroits entre les montagnes qui entourent d'un immense' demi-cercle l'empire Chinois. Les relations avec le Japon ont été pendant longtemps moins faciles ^u'on n'aurait été en droit de le supposer; les Japonais craignaient pour leurs concitoyens l'influence pernicieuse des sujets du Céleste-Empire; aussi considéraient-ils comme perdus pour eux tous ceux de leurs compatriotes qui avaient eu le malheur de toucher la Chine. Aujourd'hui, tout paraît bien changé : le commerce n'est pas soumis à des règles aussi absolues, aussi sévères. Les Chinois ne pourront que gagner à la fréquentation d'une nation douée au plus haut point des sentiments de l'honnêteté; mais les pauvres Japonais ne perdront-ils pas, au conttfct des étrangers, leur simplicité, leur pureté de mœurs?
LE JOUR DE LA^ RV Car:!-:
Chez les ChinoîE. tt K'/r-^tz* retour de l'aimé*:. *rî' *:< -r-f- ^ - ^ ^ ^ . calendiâer. Peuâîiu* r^ :z .^r-^- ^...
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N'obtenant aucun résultat par de doux procédés, quelques créanciers finissent par employer un moyen sévère, mais presque toujours efficace; ils font stationner à la porte de leurs débiteurs des troupes, de mendiants (on sait qu'en Chine tout homme qui mendie a des droits au respect). Le voisinage de nùsérables couverts de plaies et de -haillons devient insupportable aux débiteurs, qui, de guerre lasse, soldent définitivement leurs créanciers.
A minuit, heure où l'on entre dans la nouvelle année, on fait partir des feux d'artifice de tous les points de la Chine : chaque individu devient artificier et brûle de la poudre autant que ses moyens le lui permettent. Les maisons des mandarins sont illuminées : des pièces d'artifice, attachées devant leurs portes à de longues perches, partent pendant un quart d'heure avec de fortes détonations. — Les Chinois pensent qu'il ne peut pas y avoir de véritable fête sans bruit.
L'année sera malheureuse, dit un proverbe chinois, pour celui qui ne portera pas de vêtements neufs le jour du Soon-nin. — Les Chinois se croiraient donc au dernier échelon de l'infortune s'ils ne pouvaient se parer de nouveaux habillements pour le jour de l'an ; ils vont môme, lorsque l'argent leur manque, jusqu'à devenir criminels pour ne pas faillir à l'usage ; on a vu d'honnêtes gens pousser les scrupules et l'obéissance passive aux règles de la coutume jusqu'à dérober les habillements d'autrui.
Pendant les deux ou trois jours qui suivent le Soonnin, les Chinois se livrent aux jeux, aux divertissements de toutes sortes, aux festins et aux spectacles. Tous les habitants se rendent des visites : on adresse
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d4 PEUPLES ET VOYAGEORS.
bettes^ de génuflexions^ de salutations, de dépei. traordinaires^ de cadeaux, de réunions, de festi: amusante pour les enfants, fort goûtée des i naires, fort divertissante pour les hommes de ] consistance, mais fort ennuyeuse pour les gens d et pour les sages.
Cependant^ si notre visiteur a parcouru seul 1 qu'il nous décrit, nous suivons, le plus souven lignement les épisodes dont il aime à parer s( rations, et si, par malheur, il vient à se poser ros, le doute s'empare de notre esprit, et d^s qi doutons, nous ne croyons plus.
Nous en sommes venus à un tel point, que n consentons plus à accorder notre foi sans gar notre crédulité a si souvent été mise à Fépreuv nous exigeons des voyageurs certains gages d'à ticité, nous voulons un contrôle exact de leur) cieuses entreprises ; sans cela, nous nions mém que sans examen : le malheureux Caillié, co comme imposteur, en est le plus frappant ex( unus testis, nullus testis. Mais, lorsqu'une exf scientifique avance un fait, lorsque des homme rés voient ensemble les mômes contrées, leur ments individuels, soumis naturellement à ui d^corroboration réciproque, acquièrent un ^ parfaite véracité, et le doute n'est plus permis
Le livre de M. le marquis de Moges, attach bassade, remplit donc les conditions que noui mons : ce que l'auteur raconte, il l'a vu, noi ment de ses propres yeux, mais avec ceux c bassade tout entière.
On se souvient dans quelles circonstances IV ron Gros et lord Elgin furent envoyés en quali bassadeurs dans l'extrême Orient; en i856, 1 rites chinoises avaient profondément compi situation de nos nationaux établis à Canton, 1 reries avaient été incendiées par la populace née, un malheureux missionnaire fut martyri
AMBASSADE EN CHIKE ET kt JAPOK. IT
manière infâme« La conduile des Ghinob eiî|$eiut uim; prompte réparation.
Notre ambassade partit de Toulon^ à terd de TAv^ dadeuse, relâcha à Santa-Cnzz (Ctaxuâtê,, à k coImimî du Cap, cette sentinelle axancée du pouvuir hriUattûque en Afrique; à Singapour, cette nou^clie Tyr de l'Orient, qui est la miniature de toute VAb'u:; à Bi0Ufr kong, cet ayant-poste de la Ghxne^ et euitu péu^tf* dans la riTière de Canton.
De toutes les populations chmùm»^ V» (jauUfUUiût forment la moins recomnumdable ; no&^eukaiM^ ^^ savent^ dans une rixe, se servir hàbûesoKsui de leur couteau^ mais ils sont înhoipitalierB, emyifimmwsun et pirates effrontés; leur réputaiiou est mètût à^Us^ table chez les GhinoÎB. Lorsqu'à Chau^-ha)^ ttoe dei grandes cités de TEst, il se commet quelque criflie^ «o recherche immédiatement les ooupaliks puniu les Cantonnais. Malgré les torts évidents de Veb, gouv»neur de Canton^ IL le baron Gros et lord Kl^ usèrent de la plus grande modératioa. v Le gou><^ nement de l'empereur des Français^ dît u<Axe amtM»* sadeur au vice-rm^ dans un message, a droit k des satisfactions pour les grieû que ses nalionaiix md éprouvés en Chine. Celui de Sa Majesté britannique est dans une position toute semblable. Une réparation est donc légitimement due à ces deux puissances : la France et TAngleterre ne demandent rien qui ne soit équitable, rien qui ne soit fondé en droit, et lorsqu'il en est ainsi, loin dliumilier celui qui la donne, cette réparation, loyalement faite, Félère et le grandit aux yeux de ses concitoyens! Que le noble gouverneur général se rende à Févidence, qu'il accorde de bonne
grâce à la France et à l'Angleterre ce qu'il faudra bie qu'il leur cède plus tard. » L'ambassadeur demandai la dégradation et l'exil du magistrat coupable d< meurtre du P. Chapdelaine, une indemnité pour le Français, etc. Le vice-roi Yeh répondit d'une manierambiguë et fausse ; .on jugea que l'insolence du bau mandarin devait recevoir son châtiment, et, quelquejours après, Canton, bombardé, tombait entre no mains. Les Français et les Anglais, maîtres de l'orgueilleuse ville, se dispersèrent dans les pagodes, qu'ils convertirent en hôtelleries : les autels denoreni des alcôves, et les pelisses de» dames chinoises, des robes de chambre; de tous côtés, on vit une foule de bouddhas dorés mis à la porte de chez eux, serrant d'oreiller à l'un, de lampadaire à l'autre ; on fit des sièges improvisés de divinités chinoises, et l'on mangea dans la porcelaine sacrée. Partout la profanation prit une allure grotesque.
Le coupable Yeh, dont les crimes sont devenus célèbres, et qui, selon sir John Bov^rring, aurait, dans ces dernières années, fait couper la tête à soixantedix mille rebelles, devint notre prisonnier et fut envoyé à Hong-kong. On prit ses archives, cachées dans un yamoun, on y trouva des documents du plus haut intérêt, et un curieux mémoire adressé, en 1845, à l'empereur Tao-kouang par Ky-ing, vice-roi, à propos de la signature de plusieurs traités avec les Européens, mémoire où le gouverneur de Can'on ne ménage pas les épithètes injurieuses. Il dit en propres termes à l'empereur du Céleste-Empire que, bien qu'il puisse être parfois utile d'agir envers les Barbares de l'Occident en employant de bons procédés, il est beaucoup