Chateaubriand
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nal; les rues sout p'nplâe-- S . niule. et de guides, et incessamment L ^ . . ,. r ,wristes qui portent glorie^'*^°^®^* ^ <•' n^yageur; — en yc-
rité, les étrangers, u.Vc leur ridicule accoutrement, offrent un coup d'œil plus curieux et cent fois plus original que. le reste de la population; tout est préparé pour complaire à leurs fantaisies, à leur sot!e vanité, à leur puérile curiosité^ les maisons qui ne sont pas converties en hôtels présentent des espèces de musées d'objets divers et de pierres précieuses où le voyageur peut prendre en toute liberté des souvenirs, qu'il doit cependant échanger avec de Tor.
Il est rare que les touristes ne commencent pas leurs excursions par celle du MùntanverSy que Ton peut considérer conune la première assise du mont Blanc. Le chemin qui y conduit, quoique sinueux, est partout fort raide, mais accessible aux voyageurs les plus timides. Une vaste forêt de sapins et de bouleaux Tombrage et Tembellit. Sur le sommet se dressent deux demeures, dont la plus grande est tout à la fois un hôpital, une auberge et un magasin de curiosité.
Du Montanvers on voit se dérouler devant soi la Mer de glace, qui ressemble à un immense torrent aux eaux tumultueuses qu'un froid intense aurait subitement congelées. La surface, loin d'être unie comme on se le figure généralement, est inégale et formée de glaçons souvent pointus, mais pour la plupart arrondis, qui ressemblent assez à des flots agités par le vent. Ces grandes ondes, dit le fameux naturaliste de Saussure, sont à peu près parallèles à la longueur du glacier, et elles sont coupées par des crevasses
trausversales j raiss^»^* bleuos dans ? ..i» iniôrieur, tau "is <iup* la .^laco se^ïiij .ilanche a i i surfuce extérit'urc. vji'.dnd'''/ »•;'- i*,. rii.'.k't. ^u • Ir.cl «r, u-.î oud-»^ piw'.isst'^^ de^. '.lunia;. les «*t i^ur^ mtervill; ^ Bnublcnt être des vallées enlrele^ in';iil;4'ae?. » 0\»'r ces inU'r^ ailes, il existe des cro^as ;, des f.^î; ;- / souvent fort larges et d'une prolo. irisi- q:,' Iq:!.-: immense, dauô lesquelles plus d un pauvre voyage jr s'est englouti. Les crevasses échappent à toutes les conjectures des guides par leur formation rapide et soudaine; de Saussure et Hugi assurent qu'elles peuvent s'ouvrir d'une nuit à l'autre. A côté de ces crevasses aux lèvres béantes et verdâtres, on remarque des espèces de puits de dimensions restreintes, dans lesquels des filets d'eau qui courent à la surface des glaciers disparaissent en murmurant; le bruit incessant du clapotement d'eau qui se produit à l'ouverture de ces puits leur a fait donner le nom vulgaire de moulins. Un fait singulier et qui ne manque Jamais de frapper les voyageurs^ ce sont les rochers qui se trouvent disséminés çà et là sur la mer de Glace, et dont^ au premier abords on s'explique difficilement la présence; mais il est prouvé que les glaciers rejettent de leur sein les rochers de moyenne grosseur^ et il faut se courber devant le fait, quelque singulier qu'il paraisse ^
Sous cette énorme masse de glaces, dans un dédale de canaux mystérieux, coulent un grand nombre de ruisseaux qui se réunissent à l'extrémité et forment le
1 . Nous renvoyons le lectear aux précieux travaux faits sur les glaciers par M. Âgassiz.
fameux torrent de VArvoir n, qir se jette ensuite dans VArve.
L*Arveiron bo.'ifîil, tombe e* bouWiOi q^^
Rejaillit et retombe, et meoact à jamais Ceux qui tentenl l'abord de ce? âpres sommets.
L'arcbe de fî:lace du milieu de laquelle sort le torrent développe ses ogives transparentes sur une longueur de quelques mètres, et le voyageur téméraire qui se hasarde sous la voûte de ce palais de cristal court les plus grands dangers; qu'un glaçon vienne à s'ébranler et à se briser, l'édifice se rompt et s'abîme tout 'k coup.
Le trajet du Montanvers au Gbapeau, par la mer de Glace, présente peu de difficulté : on franchit le glacier presque aussi aisément qu'une rivière gelée, et les bâtons dont on est armé sont en général d'une utilité fort illusoire. Le seul passage qui puisse raisonnablement inquiéter les personnes peu habituées aux excursions dans les montagnes est situé de l'autre côté de la mer de Glace, à peu de distance du Ghapeau, et a reçu le surnom significatif de Mauvais Pas; ce sentier, d'abord assez large, diminue insensiblement, et si les guides n'avaient pas solidement fixé à la montagne de fortes cordes, le touriste le plus résolu hésiterait à s'aventurer dans cette voie étroite, bordée d'un côté par une rampe taillée à pic, et de l'autre par un précipice où mugissent les torrents qui doivent plus loin alimenter l'Arve.
Le port de salut des voyageurs est le Ghapeau, petite éminence située au pied de l'Aiguille du Bochard; l'hôtel dans lequel on entre n'est qu'une pauvre ca-
EXCUKSlONs TiN ^RANCIi bane^ où lesétran<^cr?, out "n contemplant la mer de Glace^ le pic de Channoz, le dôme de l'Aiguiile, le Goûter et la ^ allée de Chamonix, peuvent se désalti^ rer en vidant une coupe de lait surré avec le miel des Alpes.
Castane» molles et pressi copia lactis.
La course du Jardin est moins facile, et le touriste qui Taccomplit avec un esprit ferme et calme peut, sans giavir le mont Blanc, recevoir la palme de hardi excursiomùste. Plusieurs points paraissent, à juste titre, d'un accès difficile aux voyageurs, en général plus familiarisés avec Tasphalte des boulevards qu'avec les sentiers de quelques centimètres de largeur serpentant au-dessus des glaciers et des gouffres. Le passage des ponts, par exemple, mérite une mention particulière^ et a fait palpiter d'émotion plus d'un coerr qui se vantait de demeurer inébranlable. Ce n'est, du reste, pas le seul endroit que les guides redoutent pour leurs compagnons, et la pente escarpée du Couvercle offre aussi de véritables périls. Après avoir franchi une partie des glaciers du Talèfre, on arrive à une sorte de plateau qui se revôt d'un léger manteau de verdure à la fin de l'été et qui a reçu le surnom de Jardin (2,828 mètres).
L'excursion de la Flégère est, avec celle du Montanvers, la promenade que font la plupart des voyageurs. Si l'on n'y éprouve pas l'attrait du danger, on y ressent, ce qui est préférable, une satisfaction profonde à promener ses regards sur le massif du mont Blanc, qui s'y présente mieux que partout ailleurs. La Fié-
gère est le Belvédère d où W i admire les superbes
panoramas alpestres.
L'ascension du mont Blanc (4,8! 1 mètres), qui paraissait, il y a un siècle, une œuvre impossible, est maintenant entreprise plusieurs fois cbaque année. Cette excursion demande deux jour. . premier jour, on atteint les Grands-Mulets, où Ton passe la nuit; le second, on gravit la montagne jusqu'aii sommet, et Ton revient à Chamonix. Quelle que soit la grandeur du spectacle, le voyageur ne peut trouver dans cette dangereuse ascension la compensation de la fatigue qu'il a dû nécessairement éprouver. Lorsqu'on n'est pas poussé par l'impérieux désir d'enrichir la science en faisant des études atmosphériques ou d'autres recherches naturelles, il n'y a qu'une sotte vanité qui puisse conduire au sommet du mont Blanc; — que de Saussure et MM. Martins^ Bravais et Le Pileur aient accompli le voyage dans un but purement scientifique, nous le voulons bien et nous applaudissons à leur courage^ mais que le premier Anglais fantasque et millionnaire se croie appelé à l'inmiortalité parce qu'il fait la folie d'exposer sa vie et celle d'une vingtaine de guides, c'est ce que nous ne voulons pas admettre. L'immortalité, nous l'espérons^ est réservée à des gens qui ne l'ont pas si ridiculement méritée.
Il est prouvé que les voyageurs qui pensent, en gravissant la montagne, jouir d'une vue très-étendue, sont presque toujours déçus ; ne le fussent-ils' pas, pourrait-on raisonnablement leur dresser des autels pour avoir conquis ce beau triomphe au péril d'une vingtaine de braves gens? Toute ascension du mont Blanc qui n'a pas un intérêt scientifique est blâmable.
TAiiCE DES MATIÈRES
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