‹ Peuples et voyageurs contemporainsChapitre 33 sur 39 · DU SUD · texte numérisé non relu

DU SUD

«Le corps expéditionnaire, sous le commandement « de John Mac-Douall Stuart, est arrivé en ce lieu le « 25 juillet 1802, après avoir traversé le continent en- « tier de l'Australie, de la côte sud à l'océan Indien, « en passant par le centre du pays. Il a quitté la ville « d'Adélaïde le 26 octobre 1861, et franchi la limite « nord de la colonie le 21 janvier 1862. Pour rappeler « cet heureux événement, on a élevé ce drapeau, por- « tant le nom du chef de l'expédition. Vive la reine ! » (Suivent les signatures des voyageurs.)

« Le but était donc atteint. On dit adieu à l'océan Indien, et l'on prit la route du retour le 26 juillet.

« Aucun incident ne marqua le retour jusqu'au 5 août. On vit, ce jour-là, s'approcher du camp cinq naturels, barbouillés de charbon et d'herbes brûlées ; quelques-uns des voyageurs allèrent vers eux; les sauvages se retirèrent alors, mais ils revinrent peu de temps après avec un air menaçant cl le corps peint de longues raies blanches, signe de déclaration de guerre dans l'Australie. Stuart chercha à leur faire comprendre qu'on n'avait aucune envie de leur livrer combat, mais qu'on les repousserait vigoureusement s'ils osaient attaquer. Des relations pacifiques s'établirent dès lors; on fit un échange d'instruments de

pèche; les sauvages donnèrent des harpons de leur invention pour des hameçons anglais. Ils partirent, mais les perfides mirent en s'éloignant le feu aux herbes. On eut beaucoup de peine à se garantir de cet incendie et à sauver assez de fourrage pour la nourriture des chevaux. Les indigènes qui firent cette désagréable visite étaient petits et maigres. Stuart n'avait jamais vu de population aussi misérable, aussi chétive. Au contraire, il avait été frappé de la taille élevée, de la vigueur et de la belle apparence des naturels de l'intérieur du continent, à l'exception pourtant des femmes, qui lui avaient paru généralement très-petites et très-laides.

« Quelques jours plus tard, on rencontra, prés de la rivière Roper, un assez grand nombre de femmes et d'enfants, occupés à préparer des racines et d'autres aliments pour le repas de la tribu. A la vue des voyageurs, toute cette troupe s'enfuit en poussant des cris de terreur et en laissant sur le sol toutes sortes d'objets. Parmi ces objets, on remarqua un tomahawk, formé d'un morceau de fer forgé, qui avait appartenu évidemment aux Européens, et qui semblait avoir servi de gond à une grande porte. Un mois après, autre rencontre de femmes : on en vit venir plusieurs qui avaient l'intention de puiser de l'eau à une source près de laquelle on campait. Elles s'enfuirent à la r vue des étrangers; mais deux hommes, qu'elles appelèrent sans doute à leur secours, se présentèrent peu après; ils approchaient avec précaution. Kekwick alla au-devant d'eux. Dès qu'ils aperçurent son fusil, ils ne voulurent pas se laisser aborder. Il posa son arme à terre et put alors les approcher. 11 tira de sa poche

du calicot blanc et le partagea en deux, leur en offrant à chacun un morceau. Mais ici commença une pantomine curieuse : les sauvages avaient une envie extrême de prendre le calicot; nul objet ne pouvait leur être plus agréable, mais ils ne voulaient pas s'avancer assez pour le saisir, Kekwick leur fit signe qu'il désirait attacher cette étoffe à leur poignet; ils hésitent, ils approchent, ils reculent, ils étendent les bras de toute leur longueur; Kekwick étend le siens avec effort ; enfin ils sont en possession de l'inestinable ornement ! La confiance et des rapports plus intimes s'établirent dès lors ; ils expliquèrent à leur manière la cause de leur défiance; montrant le fusil, ils imitèrent avec leur bouche le bruit de l'arme, et firent comprendre qu'au premier passage de la caravane ils avaienl entendu un coup de feu qui les avait fort étonnés. On se sépara amicalement.

« La plus curieuse et la plus émouvante rencontre d'indigènes qu'aient faite nos voyageurs, eut lieu le 10 octobre, au soir. Les naturels y montrèrent une malice de bonne guerre, qui triompha de la sagacité des représentants de la civilisation ; Annibal, luttant contre la prudence de Fabius Cunctator, ne fut pas plus habile. Voici comment ils s'y prirent pour empêcher Stuart et son monde d'agir, pendant qu'eux-mêmes iraient puiser de l'eau : Us commencèrent par produire une épaisse fumée en brûlant des spinifex, et ils poussèrent de grands cris. Stuart prépara sa troupe à la défense. Les naturels suivaient le feu qui dévorait les herbes. Un vieillard, leur chef peut-être, poussait les plus terribles hurlements; plusieurs femmes qui l'entouraient mêlaient leurs cris aux siens.

« La scène, dit Stuart, était grande et extraordinaire; cette longue ligne de flammes qui tantôt montait dans les airs, tantôt glissait sur le sol; ces hommes noirs et étranges qui, au milieu du feu, se mouvaient dans divers sens et faisaient toutes sortes de gestes grotesques ; ce vieillard qui, tournant et tordant son corps, ses jambes, ses bras, de toutes les manières, et poussant des cris lugubres, paraissait se livrer à des incantations mystérieuses, tout cela nous offrait l'image de démons eflroyabbles s'ébattant au milieu des abîmes infernaux. » Arrivés près de l'eau, ils burent avidement, ils remplirent leurs vases et leurs outres, puis allèrent camper à trois quarts de mille de nos voyageurs. Leur bruit assourdissant dura deux heures. Pendant tout ce temps, Stuart et ses compagnons n'avaient pas bougé, de peur d'une attaque; c'est ce que voulaient nos malicieux sauvages; ils avaient parfaitement atteint leur but.

« Mac-Douall Stuart se trouvait tellement épuisé de fatigue vers la fin d'octobre, il souffrait tellement des épaules et des reins, qu'il ne pouvait plus se tenir à cheval. Il se fit faire une litière qui fut portée par deux chevaux marchant de front. Mais l'un de ces deux animaux ne subit qu'avec impatience ce mode d'attelage; il se cabra et mit en pièces le véhicule. On imagina alors une sorte de siège incliné qui pourrait être placé comme un hamac entre deux chevaux marchant à la suite l'un de l'autre. Ce moyen réussit.

« On abattit un cheval, afin d'avoir pour le malade de la viande fraîche et un bouillon fortifiant. Ce pauvre voyageur était réduit à l'état de squelette; il pouvait à peine articuler un mot, il ne voyait presque

plus ; une transpiration visqueuse et froide couvrait tout son corps; un frisson continuel agitait ses membres; il se crut arrivé à sa dernière heure. Ses forces revinrent peu à peu, grâce à une nourriture plus substantielle, grâce aussi aux soins touchants et à l'attention affectueuse de tous ses compagnons.

« Il rentra, le il décembre 1862, à Adélaïde. La population se porta en foule sur son passage et l'accompagna de ses vivats. Il ramenait tout son monde en bonne santé; lui seul était malade, victime des fatigues inouïes qu'il s'était imposées pour faire ces explorations partielles qui devaient assurer la marche du corps de l'expédition.

« Sur les 71 chevaux qu'on avait emmenés, il n'en restait plus que 48. Cette perte de 23 chevaux n'a rien qui étonne, quand on pense aux difficultés incroyables de la marche à travers de telles savanes. »

Examinons maintenant le voyage de Burke, le premier qui ait franchi de part en part le continent australien.

« De Melbourne, capitale de la province de Victoria, partait, le 20 août 1860, une petite et courageuse caravane, parfaitement équipée, munie de provisions abondantes, de bons instruments de précision; elle avait vingt-cinq chameaux, amenés d'Arabie et destinés à seconder, de leur patience, de leur sobriété, de leur force, les chevaux qu'on emmenait aussi et qui n'auraient pu seuls affronter tant de fatigues. Elle comptait douze hommes bien déterminés. Leur chef était Robert O'Hara Burke, ancien officier, à l'apparence mâle et vigoureuse, au caractère résolu, et,

malheureusement aussi, trop impétueux et trop irascible. Le commandant en second était William John Wills, très-jeune encore, mais distingué déjà par ses connaissances en astronomie, en topographie, en physique. Puis on remarquait Gray; King, jeune militaire de l'armée de l'Inde ; Landells, le directeur spécial des chameaux ; enfin, plusieurs cipayes.

« Le départ est joyeux et plein d'espoir. On s'avance vers le fleuve Murray. On arrive à Menindie, au bord du Darling. De là, % on se dirigea vers le Cooper's Creek. Cette seconde partie du voyage ne fut pas aussi heureuse que la première : on eut beaucoup à souffrir du manque d'eau et des terrains rocailleux. Une mésintelligence s'éleva entre le chef de l'expédition, Burke, et le directeur des chameaux, Landells. Celuici se sépara de ses compagnons, et revint à Menindie, avec plusieurs de ses animaux. Enfin, Burke affaiblit encore son expédition, en laissant une partie de son monde à un dépôt qui fut établi sous la direction de Brahe aux bords du Cooper's Creek. On se trouvait là à la moitié de la distance qui sépare Melbourne du golfe de Carpentarie.

« Burke et trois de ses compagnons, Wills, Gray et King, s'enfoncent seuls dans les profondeurs du continent, avec un cheval et six chameaux; ils avaient des vivres pour trois mois. Brahe devait les attendre pendant tout cet espace de temps.

« Us traversent d'abord une région fertile, où leurs montures trouvent une nourriture abondante : leur courage est excité par cet heureux présage; mais ensuite se présente un désert pierreux, qu'ils parcourent avec une grande difficulté. Ils respirent enfin dans

la vallée de l'Eyre's Creek, qu'avait déjà vue Sturt en i845, et qu'ils longent assez longtemps. A partir de cette rivière, ils s'avancent dans des contrées où nul voyageur avant eux n'avait jamais pénétré. Ils marchent vers le nord aussi directement que possible, en suivant à peu près le 140* degré de longitude (à l'est de Greenwich), qui coupe le milieu du golfe de Carpentarie.

« Ils franchirent le tropique du Capricorne le 7 janvier, c'est-à-dire au moment où le soleil dardait verticalement ses rayons sur leurs têtes. Ils souffraient beaucoup de la chaleur; dans les vastes plaines qui s'offraient devant eux, le phénomène du mirage trompait leur vue, comme il trompe les voyageurs en Afrique, et leur montrait l'image décevante de fraîches nappes d'eau, dont ils auraient eu grand besoin. Du reste, ils ne rencontrèrent pas de ces difficultés infranchissables qui désespèrent le voyageur ; .pas de grands fleuves, pas de grands lacs ou de grands marais qui leur barrent le passage; pas de montagnes aux rocs inabordables ; pas de peuples farouches et hostiles, mais de rares et inoffensives petites peuplades; de modestes ruisseaux, coulant les uns à l'est, les autres à l'ouest; tantôt des plaines un peu sèches, mais qui ne méritent pas le nom de désert; tantôt des vallées assez fertiles, ou des collines pierreuses, ou de petites montagnes boisées.

« En approchant de la mer, le pays devient plus accidenté et revêt des formes plus tranchées : les voyageurs rencontrent une chaîne de montagnes assez remarquable, qu'ils nomment Standis Range, et ils longent une assez grande rivière qu'ils appellent Clon-

curry; c'est la môme que leFlinders ou Yappar,dont on connaissait déjà l'embouchure dans le golfe de Carpentarie. Malheureusement, lorsqu'ils étaient sur le point d'arriver à l'Océan, des marécages impraticables paraissent leur opposer un obslacle sérieux; ils y perdent un de leurs chameaux ; on est obligé de laisser les autres sous la garde de Gray et de King, à une dizaine de lieues du golfe. Burke et Wills s'avancent seuls vers la côte, avec le cheval, qui faillit plusieurs fois rester dans la boue; enfin, au sortir d'une magnifique forêt, les deux voyageurs se voient près de la mer, le 14 février 1861 ; mais des marais formés à, l'embouchure du Cloncurry, des marais profonds où ils remarquent que le flux s'introduit par les bras nombreux du fleuve, ne leur permettent pas de toucher l'Océan lui-môme, comme ils l'avaient désiré. Qu'importe ? ils pouvaient dire qu'ils avaient traversé le continent dans toute sa largeur et que désormais la route était ouverte.

« Ils prennent la route du retour. Mais ici les renseignements deviennent vagues et incomplets; les notes imparfaites laissées par les voyageurs ne nous donnent pas de détails précis sur les péripéties de ce retour, qui dut ôtre bien pénible si l'on en juge par le temps qu'ils mirent à l'effectuer; nous les retrouvons, vers le milieu d'avril, au Cooper's Creek, ré-

duils à trois et accablés de lassitude et de besoin; Gray était mort d'épuisement et de fatigue un peu avant qu'on atteignît cette rivière; le cheval avait péri ; il ne restait que deux chameaux, incapables de porter des fardeaux. Burke et ses deux derniers compagnons arrivent enfin, le 21 avril, au dépôt laissé sous

la garde de Brahe; ils étaient sauvés, ils allaient revivre î Mais, cruelle déception ! Brahe était parti, et, par une affreuse fatalité, c'était ce jour-là même, le 21 avril, qu'il avait abandonné ce poste, las d'attendre et n'espérant plus revoir ses compagnons; près de deux mois s'étaient écoulés au delà du terme fixé pour le retour de l'expédition du golfe ; il supposait qu'elle avait péri. On conçoit aisément le désespoir et le désappointement de Burke, de Wills et de King à l'aspect de ce camp désert; leur douleur redouble, quand, fouillant dans le sol, sous les pierres qui enveloppaient le dépôt, ils trouvent une note apprenant que sept heures seulement s'étaient écoulées depuis le départ de Brahe.

» Que vont-ils faire ? Suivront-ils Brahe dans sa marche vers Menindie? Us n'osent le tenter. Leur épuisement, celui de leurs chameaux, ne leur permettront pas de l'atteindre, et, livrés à leurs seules ressources , ils ne pourront jamais franchir les 150 lieues qui les séparent du Darling; ils tournent plutôt leurs regards du côté de l'Australie méridionale et d'Adélaïde, capitale de cette colonie : ils s'y rendront, en descendant les rives du Cooper's Creek.

« Mais les forces trahissent leurs espérances; ils ont bientôt épuisé les vivres que Brahe avait laissés au dépôt, ou plutôt ils sont obligés de les abandonner en grande partie, parce qu'ils se sentent incapables de les porter; ils veulent avancer toujours, mais un de leurs chameaux s'enfonce dans la fange d'un des bras du Cooper's Creek; le pauvre animal y meurt, et ils le dépècent pour s'en nourrir. Leur autre chameau, à son tour, ne peut plus faire un pas; ils se

m PEUPLES ET VOYAGEURS.

voient obligés de l'abattre, et sa maigre chair est leur dernière ressource.

« Désormais ils ne pensent plus au retour ; leur unique souci est de vivre au jour le jour; ils traînent leurs corps amaigris le long des marais ^lesséchés, pour y trouver cette plante aquatique nommée nardou, qu'ils savaient être un des principaux aliments des indigènes; ils en trouvent, en effet, et ils ont le bonheur de rencontrer les naturels eux-mêmes, qui leur en procurent et qui leur donnent aussi du poisson ; mais l'épuisement des infortunés voyageurs était trop grand pour que ce secours leur rendît des forces suffisantes; et, d'ailleurs, la peuplade hospitalière disparaît bientôt pour aller camper ailleurs.

« Deux d'entre eux ne purent supporter plus d'un mois une vie si misérable. Wills mourut le premier. Burke le suivit de près. King restait seul; il parvint à retrouver les indigènes. Il fut reçu par eux avec une affabilité touchante. Ils lui donnèrent leur meilleure hutte; ils lui fournirent en abondance le poisson et le nardou, qui composent à peu près leur unique nourriture. Ils le conduisent de campement en campement, s'appliquent à lui épargner toutes les fatigues, tous les travaux dont ils peuvent se charger pour lui; mais ils ne sauraient, hélas! lui donner les vêtements qu'ils n'ont pas eux-mêmes et dont ses habits en lambeaux lui font vivement sentir le besoin.

« Il passa quatre mois dans cette étrange existence de sauvage. Enfin, un jour (c'était le 15 septembre), un homme de la tribu vint lui dire avec joie qu'il a vu des blancs de l'autre côté de la rivière. C'était une expédition qui arrivait à la recherche de celle de

Burke. M. Howitt, envoyé de Melbourne par le Comité d'exploration, qui était, à trop juste titre, inquiet du sort de Burke et de ses compagnons, avait rejoint Brahe et gagné le Cooper's Creck. On juge de la joie de King à l'aspect de ses compatriotes, de ses sauveurs! Des soins éclaires, des aliments plus substantiels, et surtout le bonheur, eurent bientôt ramené chez lui la force et la santé. On rendit les devoirs de la sépulture à ses deux infortunés compagnons, et des inscriptions gravées sur des arbres voisins rappellent la dernière demeure de ces deux martyrs d'une expédition hardie, mais très-imprudemment dirigée, il faut en convenir. — On remercia, on récompensa les indigènes des soins qu'ils avaient prodigués à King. Des couteaux, des miroirs, des allumettes chimiques, du sucre, quelques morceaux d'étoffe, quelques peignes, quelques tomahawks, des objets en verroterie, leur semblèrent des richesses inappréciables, en retour desquelles ils comblèrent les Anglais de nardou et de poisson.

« L'expédition de Howitt quittait le Cooper's Creek à la fin de septembre 1861, et, parfaitement conduite, elle est revenue à Menindie, avec son nombre intact d hommes, de chevaux et de chameaux, avec le brave King, et avec les notes de Burke et de Wills, trouvées soit dans les dépôts ménagés par eux, soit entre les mains de King lui-même. »

Ainsi, Burke est le premier qui exécuta la traversée du continent, en 1860 et 1861. — Mac-Kinlay a été le second. Il partit d'Adélaïde, en septembre 1861, pour aller à la recherche de Burke, dont le sort inspirait

de trop justes inquiétudes, et il arriva au golfe de Carpentarie, sans beaucoup d'obstacles, en mai 1862; de là, il gagna le port Denison, sur la côte orientale de l'Australie, et il s'y embarqua pour Sydney.

Landsborough, mû également par le désir de découvrir les traces de Burke, était parti du Queensland pour le golfe de Carpentarie, en 1861 ; et, de là, il s'était avancé au loin dans l'intérieur, en suivant une direction sud-ouest. 11 revint au golfe sans avoir rien appris sur l'infortuné voyageur ; il se remit en marche, et, se dirigeant droit au sud, il effectua la troisième traversée du continent en 1862. —La quatrième était accomplie peu de temps après par Mac-Douall Stuart, comme nous l'avons raconté.

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