‹ Peut-on encore parler de Sinistrose?Chapitre 14 sur 42 · G. — LES TROUBLES PSYCHIQUES · texte numérisé non relu

G. — LES TROUBLES PSYCHIQUES

Ils sont très fréquents après les traumatismes du crâne; ce sont eux qui préparent le terrain à la réaction névrotique et c’est sur eux qu’elle vient se greffer. Ainsi, lorsque BRIS- SAUD et ses contemporains disaient que le blessé atteint de sinistrose n’est victime que de lui-même, ils ne considéraient pas que le traumatisé crânien n’est plus lui-même. C’est, bien souvent, un psychopathe et, dans ce cas, peut-on le rendre responsable d’une idée fausse qui va s’ancrer en lui et devenir

a) Les troubles mnésiques

Ce sont les plus fréquents des troubles psychiques succédant à un traumatisme du crâne. Le traumatisé se trouve souvent incapable de se remémorer les circonstances immédiatement antérieures et postérieures à l'accident; il y a un « trou » dans sa mémoire; c’est l’amnésie post-traumatique (APT).

Elle est de durée très variable et les auteurs anglais lui accordent une grande valeur pronostique. Ils l’estiment terminée lorsque le blessé ayant repris entièrement connaissance à retrouvé suffisamment sa mémoire pour coopérer utilement à l'enquête.

CAIRNS en 1942, GUTTIMANN, SYMONDS et RUSSELL en 1943, ont établi de véritables barêmes de la durée de l’incapacité de travail par rapport à la durée de l’AP.T.

Pour GUTTMANN par exemple :

Une A.P.T. de moins de 1 heures ne nécessite pas plus de 4 semaines d'incapacité.

Une A.P.T. de moins de 24 heures ne nécessite pas plus de 6 semaines d'incapacité.

Une A.P.T. de moins de 7 jours ne nécessite pas plus de 8 à 9 semaines d'incapacité. (Réf. 13).

Sans vouloir appliquer des règles aussi strictes, il faut reconnaître une valeur pronostique incontestable à l’amnésie post-traumatique.

Mais ce n’est pas là tout l'intérêt de ce trou mnésique,; en effet, cet oubli des faits antérieurs à leur accident est, pour les blessés, particulièrement troublant et entre en ligne de compte dans le sentiment d’amoindrissement « d’infériorité acquise » de ces malades et ce sentiment sera souvent le point de départ d’une réaction névrotique.

Mais, alors que l’amnésie post-traumatique est un symptôme de commotion cérébrale, les troubles mnésiques tardifs en sont des complications psychiques très fréquentes.

Ainsi, l'Amnésie de fixation se rencontre très souvent. Elle est toujours liée à un trouble de l’attention, non seulement le malade est incapable d'apprendre, de retenir un nom ou un fait nouveau, mais à tous moments, il oublie ce qu’il vient de faire et ce qu’il se préparait à faire.

L'Amnésie d’évocation se voit assez souvent, mais elle est presque toujours accompagnée de l’amnésie de fixation, ainsi, s’il avait réussi à retenir, à acquérir un nom ou un fait nouveau, le malade est incapable de s’en souvenir lorsqu'il en a

de nouveau besoin.

k) Troubles caractériels :

Ils sont souvent associés aux troubles mnésiques. Il peut s'agir d'une simple irritabilité anormale, ou d’impulsivité et même de violence.

c) Troubles de l’affectivité :

Le plus fréquent est l’hyperémotivité; elle est extrême et discordante. Des faits sans importance déclenchent chez eux une émotion intense alors qu’un grand malheur les laisse absolument impassibles.

Au contraire, les traumatisés peuvent être atteints d’hypoémotivité; ils ont alcrs tendance à rester inertes et à s’isoler. Pour eux, l'isolement est un refuge où les pousse leur sentiment d’infériorité.

d) Troubles de l’activité :

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