III. — LES ETATS D'EXAGERATION OÙ DE SIMULATION
Habituellement, le blessé majore les signes fonctionnels qu’il éprouve (douleur, impotence, incapacité générale). Il y a, en général, une base organique; c’est la sursimulation de la simulation consciente.
Le malade apporte dans l'expertise une passion, une mauvaise foi évidente; son comportement est tout différent en présence des médecins et en leur absence; en leur présence, il souffre horriblement, il proteste et revendique ou, au contraire, il est muet, il a des hallucinations et paraît accablé. Dès qu’il ne se croit plus observé, son comportement redevient régulier, normal.
Une enquête dans sa famille, dans le voisinage de sa maison révèle son caractère têtu, sa susceptibilité, son orgueil anciennement connus. C’est un petit paranoïaque buté qui cherche son intérêt ou même qui, au détriment même de ses intérêts, veut avoir raison au besoin contre tous.
Ici, nous en revenons à la conception de BRISSAUD : le blessé est persuadé que tout accident du travail constitue un dommage entraînant une réparation et, par tous les moyens, il cherchera à l'obtenir. De là, l’idée fixe qui le rendra victime de lui-même alors qu'il aura cessé d’être victime de l'accident. Ainsi, l'accident sera bien la cause de la réaction névrotique, mais la cause indirecte, alors que le grand responsable est certainement le terrain paranoïaque, de même que,