‹ Peut-on encore parler de Sinistrose?Chapitre 32 sur 42 · REACTIONS PSYCHOLOGIQUES A L’EXPERTISE · texte numérisé non relu

REACTIONS PSYCHOLOGIQUES A L’EXPERTISE

Nous n’envisagerons ici que l’expertise faite par un expert de notre époque, instruit du syndrome subjectif des traumatisés craniens des troubles physiopathologiques type Babinski- Froment et des réactions névrotiques secondaires et cherchant à être vraiment l’arbitre impartial entre Île blessé et la société.

Dans le but de réaliser un syndrome donnant une preuve suffisante d’objectivité, cet expert cherche à mettre en évidence le plus de symptômes possibles, même très fins, comme de légères anomalies de mouvement ou de sensation ou des particularités récentes du caractère et de la résistance mentale du malade. Il suffit qu’il porte un peu trop d'attention à un symptôme pour que l'inquiétude du malade soit éveillée à l'égard de ce symptôme. Or, ce symptôme est d'autant mieux perçu qu’on y porte davantage d'attention et, quand il est conditionné par un élément vaso-moteur, comme le sont tant de symptômes post-traumatiques (de la céphalée et des vertiges jusqu’à l’impuissance), il risque d’être aggravé par un cercle vicieux émotionnel, à la manière dont s’entretiennent, ainsi que l’a expliqué le Professeur PLANQUES, la plupart des cenesthopathies qui surviennent chez les névrotiques non traumatisés.

D'autre part, si, à partir de ces symptômes l'expert conclut à une maladie sérieuse, le patient sera frappé: «Ces choses que je croyais sans importance sont-elles donc graves», songera-t-il, et, dès lors, il associera la gravité de la conclusion aux symptômes mis en évidence. Chacun d’eux deviendra le signe de cette gravité et, corrélativement, l’idée de gravité se trouvera accrue par le nombre des symptômes remarqués.

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