CONCLUSION
Nous sommes bien loin de la conception de « Sinistrose » que défendaient BRISSAUD et ses contemporains. A la place d’une vague psychose de rente basée sur la mauvaise volonté plus ou moins consciente du blessé, nous avons vu que chaque cas de traumatisme nécessite une étude très approfondie, tant sur le plan neurologique, biologique et électrique que sur le plan psychologique.
Pareille étude permet de distinguer dans l’ensemble souvent touffu des symptômes que présentent ces blessés :
1. Des signes d’organicité là où la clinique ne voyait que des névroses pures;
2. Des éléments purement et sûrement névrotiques, que l'étude clinique critique, l'observation du comportement, de l’évolution, permettent de discerner et de séparer des signes organiques.
Nous nous sommes spécialement attachés à l'étude des causes de ces derniers symptômes et nous croyons discerner parmi ces causes, certaines erreurs de la Société et des Médecins envers les blessés.
Dès lors, la « Sinistrose » au sens de BRISSAUD, ne peut plus être admise :
1° Parce que BRISSAUD y incluait des signes ayant une réalité organique reconnue; 2° Parce qu'il n'avait fait aucun cas de la personnalité prétraumatique des névrosés post-traumatiques qui, si elle ne détermine pas les réactions, du moins semble bien les orienter; 3° Parce qu’il incriminait le seul blessé sans tenir compte des facteurs sociaux ou même des erreurs médicales. On ne peut donc plus parler de « Sinistroise »; ce mot doit être banni du langage médical comme n'ayant plus de signification précise,
Le Président de thèse, PLANQUES.
VU : le Doyen, CH. LEFEBVRE.
Vu et permis d'imprimer Toulouse, le 12 décembre 1951.
Le Recteur, Président du Conseil de l’Université,
BRDOTEEIN