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SECTION III

Matières tirées du règne animal.

Adipocibe. {^Album ceti. Ceti sperma.)

Matière qui se rapproche des huiles, blanche, sojide, presque toujours sous la forme de lames , et offrant parfois une disposition assez régulière pour paraître cristallisée, onctueuse au toucher, d’une odeur particulière, et d’une saveur douce quand elle est fraîche ; elle se précipite de l’huile d’un cétacé , connu sous le nom de cachalot à grosse tête ( phjseter macrocephatus. ) On la trouve, au témoignage d’Anderson , dans plusieurs cavités des os du crâne et des autres parties du corps de cet animal, renfermée dans des aréoles du tissu cellulaire ; elle est alors molle et transparente, mais elle se solidifie dès qu’on en fait l’extraction.

D’autres cétacés peuvent aussi fournir une matière semblable, mais en bien moins grande quantité.

On a regardé comme analogue à l’adipocire la substance dans laquelle beaucoup de matières animales se convertissent en pourrissant sous l’eau (i).

Ambre gris. (Ambra cinerea.)

Matière concrète , qu’on trouve flottante â la surface des eaux de la mer, et dont on ignore l’origiue. Quelques auteurs croient que ce sont les excrémens du cachalot à grosse tête (phjseter macrocephatus). Elle est légère et de couleur grise, avec des taches et des stries noirâtres. Projetée sur un fer chaud, elle répand une odeur fort agréable. Elle se dissout principalement dans l’éther sulfurique, l’alcohol et les huiles.

[Beaucoup depersonnes ont donné des hypothèses sur l’origine de l’ambre gris , et plusieurs chimistes ont analysé cette substance; les derniers sont MM. Pelletier et Caveotou, qui y ont reconnu un principe cristallisable bien différent du blanc de baleine , et auquel ils ont donné le nom d'ambreine ; il peut former un AC\dn ambrelque. Ce principe, qui a beaucoup d’ana-

(i) M. Ghevreul a fait voir la grandie différence qui existe entre le blanc de baleine, auquel il donne le nom de eétine , et le. gras des cadavres.

i5o PHARMACOPÉE

logie avec la cholestérine , a fait penser à ces sa vans, que l’ambre qui était une sorte de concrétion calculeuse des intestins du cachalot, et non pas comme Swédiaur l’a soutenu, un excrément endurci.

L’opinion de MM. Pelletier et Caventou paraît aujourd’hui assez probable.]

Axonge. Voy. Graisse.

Beurre. [Butyrum.)

Matière onctueuse , qu’on obtient de la crème du laitde vache par une longue agitation.

Oh doit choisir le beurre frais , inodore et d’une saveürdouce.

Bois DE CERF. Voy. Come de cerf.

Blanc de baleine. Voy. Aàipocire,

Blanc d’œuf. Voy. OEiif.

Bouquetin. ( Capra ibex. )

Mammifère du genre des chèvres , dans la famille des ruminahs. Son sang était fort estimé autrefois , et on le vendait en ytains, renfermés dans des vessies. On ne s’en sert plus aujourd’hui.

Cantharide ( Cantharis vesicatoria. Geoff. Meloe vesicatorius. Lin. Lytta vesicatoria. Fahr.)

Insecte coléoptère, oblong, d’un beau vert-doré, avec un brillant métallique, d’une odeur et d’une saveur très âcre. Les cantharides ne sont pas toutes de la même taille : on doit préférer celles qui ont huit ou neuf lignes de long-, et qui sont entières et nouvellement récoltées. On les recueille aux mois de juin et de juillet, époque à laquelle elles dévorent les feuille» dés frênes, des lilas et des troëmes.

Plusieurs autres insectes jouissent de la propriété vésicante, tels sont 'le proscarabé [meloe proscarabceus') , le meloë de mai *( meloe malalis) , la coccinelle , le mjlabî^a de la dhicorée.

j^M. Robiquet a analysé les cantharides, et les a trouvé composées :

1». D’un principe résicant soluble dans l’eau ;

2®. D^une huile verte nullement vésicante;

5». D’une matière noire soluble dans l’eau, insoluble dans l’alcohol, non vésicante;

4°. D’une matière jaune soluble dans l’eau , insoluble dans l’alcohol , non vésicante quand elle a été traitée par l’étber;

5», D’une substance soluble dans l’éther, cristallisable , très-active : c’est la cantharidine ;

6“. Des acides urique et phospborique. ]

Castoreum.' ( Castoreum.)

FilAISÇAISE. t5i

On désigne ainsi deux follicules inégaux, de la grosseur d’un œuf de pigeon j places sous la peaUj auprès des parties génitales du castor {castor fiber), et renfermant une matière résineuse, d’un rouge foncé, d’une saveur âcre et d’une odeur forte et nauséabonde. On doit préférer le castoréum entremêlé des membranules les plus minces. Cette matière nous est apportée de la Sibérie et de l’Amérique septentrionale.

[Le castoréum est presque toujours falsifié aujourd’hui avec des mélanges hétérogènes qu’il est souvent bien difficile de reconnaître. Celui qui offre les membranes et une peau ridée , doit offrir plus de confiance j cependant on'sait que maintenant on introduit dans le mélange des membranes qui imitent assez bien celles qui sont naturelles.

MM. Bouillon-Lagrange et Laugier en ont retiré :

1”. Une huile volatile odorante 2». De l’acide benzoïque;

3». Une résine;

4». Une matière adipocireuse ;

5». Une matière colorante rougeâtre ;

6”. Du mucus;

carb. de potasse;

7». Des sels d’ammoniac;

du 1er.]

CiRii JAUNE, ( Cera Jlava.)

Matière solide, jaunâtre, cassant à froid, ductile quand elle a été échauffée entre les doigts, et d’une odeur assez agréable, qu’on obtient en faisant fondre les gâteaux des ruches d’abeilles, après avoir enlevé le miel.

Exposée à l’air, en petits morceaux, et humectée souvent avec de l’eau , elle perd sa couleur jaune , et devient la cire blanche {cera alba).

[Elle est souvent mêlée avec du suif; son odeur, lorsqu’on la brûle, sa saveur sous la dent, et sa solubilité à chaud dans l’alcohol ou dans l’éther, qui retiennent la graisse en partie après la précipitation de la cire, sont des moyens pour reconnaître le mélange.

On en a trouvé, il y a quelques années, qui contenait beaucoup de fécule; pour s’en assurer on la faisait bouillir avec de l’huile volatile de térébenthine, qui ne dissolvait que la cire; la fécule précipitée était reconnue au moyen de l’iode ]

CLoroRTE. {Oniscus asellus. Millepedes. Asellus.']

lüisecte aptère, vivipare, d’un blanc-grisâtre, convexe en dessus, plane enrdessous, formé de segmens transversaux, muni de sept paires de pattes , et se roulant en boule lorsqu’on le louche. Il habile les endroits humides, obscurs, et abondans en salpêtre.

i53 PHARMACOPEE

Cochenille. [Coccus cacti.)

Insecte hémiptère, petit, d’un pourpre noirâtre, marqué de raies transversales , et parsemé d’une poussière argentine. On le récolte au Mexique sur la raquette ou nopal [cactus opuntia),

La cochenille de bonne qualité doit être pesante et entière.

[M. Boutron a signalé un genre de fraude qu’on lui fait subir pour la rendre argentine ; il consiste à la frotter de blanc de plomb ou mieux de talc. C’est dans cet insecte que MM, Pelletier et Caventou ont découvert le principe colorant qu’ils ont désigné sous le nom de carminé-, il est soluble dans l’alcohol bouillant , s’en précipite par le refroidissement, se dissout dans l’eau , est d’un rouge pourpre fusible à5o*c. et décomposable ensuite.

La cochenille leur a fourni aussi une matière grasse particulière, et une autre animalisée , plus des sels, etc., etc (i).

Colimaçon. Voy. Escargot.

Colle de poisson. Voy. Ickthyocolle.

Corail. [Isis nobilis. Corallum rubrum.)

Habitation d’un «oophyte, divisée en branches à la manière, des arbres, couverte extérieurement d’une espèce d’écorce poreuse, et offrant à l’intérieur uue dureté égale à celle du marbre.

Le corail est composé de mucus et de carbonate de chaux. Il doit sa couleur rouge à une matière animale.

Corne de cerf. ( Cornu cervi.)

On donne le nom de cornes de cerf awx exostoses qui , chaque année, naissent sur le front du cerf [cervus etaphus), et qui, chaque année aussi, s’en détachent et tombent. Elles renferment beaucoup de gélatine, avec du carbonate et du phosphate de chaux.

Écrevisse. [Cancer. ^Astacus.)

Crustacé décapode, macroure [Cuvier), ayant la tête et le thorax confondus ensemble, une queue articulée, et, de chaque côté, cinq pattes j dont les antérieures, appelées serres [chelæ), ont la forme de pinces.

Cet animal habite les rivières et les ruisseaux. On se sert de sa chair et des concrétions improprement nommées pierres ou yeux d’ écrevisse [concrementa ou calculi cancrorum). Ces concrétions, dures, blanches , orbiculaires , aplaties et concaves d’un côté, convexes de l’autre, adhèrent de toutes parts à l’estomaç, et sont composées de carbonate de chaux, uni à une petite

(x) Journal de Pharmacie, tom IV, pag. 4o et

quantité de phosphate calcaire. On distingue facilement les fausses des vraies, en ce que ces dernières sont formées de couches superposées.

Élan. ( Cervus alce.)

Espèce de cerf, dont la tête est ombragée d’exostoses op cornes très-rameuses. Autrefois ses sabots étaient mis au nombre des médicamens. Us sont encore recherchés aujourd’hui par les nourrices et les bonnes-femmes, qui en font des chapelets ( anodine necklace des Anglais), pour mettre au cou des enfans.

Épo.nge. [Spongia officinalis.)

Habitation d’un polype, molle, élastique, adhérente aux roches marines , de forme et de grandeur variables , et percée d’un grand nombre de trous, remplis par une matière gélatineuse. Plus ces trous sont petits, et plus on estime l’éponge.

Escargot. [Hélix pomatia.)

Mollusque testacé , à coquille univalve , contournée en spirale. Cet animal abonde dans les vignes. Il entre du soufre dans sa composition : on doit le choisir frais.

Fiel de bceuf. [Fel bov>in,um.)

Liquide jaunâtre , d’une saveur très-amère et nauséabonde, renfermé dans la vésicule biliaire du bœuf. On se sert quelquefois du fiel de veau [fel viluUnum).

[ M. Thénard a fait l’analyse du fiel de bœuf, en voici le^ résultats :

Eau 700

Matière résineuse i5^

Matière jaune 4

Picromel j . 69

Soude 4

Phosphate de soude. . . ï

Sulfate id o, 8

Muriate de soude et de potasse 5, 5

Phospate de chaux. , .1, 2

Oxide de fer 1,85

8üO,o

M. Berzelius la regarde composée ainsi ;

Fau. *. 907,4

Matière de la hile 80

Mucus. . 3

Aikali et sels. 9,6

toop,o J

i54 PHARMACOPÉE

Frai de grenouille. Voy. Grenouille.

Graine d’écarlate. Voy. Kermès.

Graisse. [Adeps. Pinguedo.)

On emploie principalement la graisse de porc (arvina), appelée aussi moins convenablement axonge [axungia). Celle de l’abdomen du cochon ( ,sa5 scroplia) ou \e saindoux , est préférée. On la choisit dépouillée dé toutes les parois membraneuses des cellules qui la renferment, fraîche, blanche et inodore.

[On sait que MM. Chevreulet Braconnotont trouvé la graisse^ soit de porc, soit de bœuf, de veau, etc., composée de deux principes, l’un solide dit stéarine, l’autre liquide, éldine , et que ces deux corps forment, d’après le premier chimiste, deux acides appelés margarique ou stéarique et oléique. Lorsqu’on les met en contact avec les oxides métalliques, ces sels forment les savons solubles et insolubles. MM. Bussy et Lecanu ont prouvé depuis peu que par la distillation seule des corps gras, on obtenait aussi ces deux acides, et ils en ont retiré une trèsgrande quantité. ]

Grenouille. [Rana esculenta.)

Reptile batracien, très-commun dans les prés et sur le bord des rivières. Il a la peau nue, lisse, et couverte d’une humeur visqueuse, la tête aplatie, la bouche grande, les yeux saillans , le dos vert et marqué de trois lignes jaunâtres, l’abdomen jaune et parsemé de taches noirâtres.

Les œufs de cet animal sont enveloppés d’une substance muqueuse, connue sous le nom de frai de grenouille {sperma ranæ , ou sperniola).

Huître. [Ostrea edulis.)

Mollusque testacé bivalve, très-renomtné dans le nombre de ceux qu’on sert sur nos tables. On emploie quelquelois ses coquilles, qui sont composées de mucus et d’une grande quantité de carbonate de chaux.

IcUTHYOCOLLE. { Iclltliyocolla.)

Matière blanche, concrète, d’une texture lamelleuse , ordinairement contournée en matière de lyre, et susceptible de se prendre en gelée, qu’on préparé avec la membrane interne de la vessie natatoire du grand esturgeon {^acipenser liuso'j.

On obtient aussi de l’ichthyocolle en faisant bouillir dans de l’eau diverses parties du corps de plusieurs poissons qui habitent les rivières du nord de l’Europe.

Ivoire. {Ebur.)

Matière blanche, dense , et composée de phosphate de chaux,

FRANÇAISE. i55

qui constitue les dents lanlaires de V éléphant ( elephas capensis ). Jaune d’osuf. Voy. OEzif.

Kermès. ( Coccus ilicis.)

Insecte hémiptère, dont la femelle s’attache aux feuilles ainsi qu’à l’écorce du chêne au kermès , à la surface desquelles elle dépose ses œufs, qu’elle couvre et enveloppe de son corps contracté, ce qui donne naissance à un follicule sphérique , et plein d’un suc rouge, qu’on doit récolter avant que les' petits ' ne soient éclos. Après la dessiccation, le kermès est en grains lisses, rougeâtres, d’une saveur acerbe, et d’une odeur aromatique peu prononcée.

Lait. {Lac.)

Liqueur blanche, opaque, d’une saveur douce, et dune odeur fugace, qui se secrète dans les mamelles d’animaux, appelés, pour cette raison, mainmifères. On emploie le lait de vache, celui de chèvre, celui d’ânesse , et quelquefois celui de jument.

[M. Berzelius a analysé le lait d’une "pesanteur spécifique égale à i,o33, il l’a trouvé composé :

D’ea«

De caséum p.8,00

'De sel de lait 35, 00

D’acide lactique, de lactates de potasse et de fer 6,00

De phosphate de potasse e,a5

dechatix o,5()

Et de muriate de potasse

Quand le lait contient de la fécule amylacée , ou mieux de la fttrine, il s’attache ordinairement au fond des vases, et déplus on peut arriver à le faire bleuir à l’aide de l’iode. ]

Lombric. {Lumhricus terrestris.)

Annelide sans branchies , apode, et pourvu de soies , dont le corps, mou et cylindrique, a le plus souvent la grosseur d’une |llurae d’oie.

Miel. (MeZ.)

■Matière douce et d’une saveur sucrée, que les abeilles {apis mellifica) recueillent, et déposent ensuite dans leurs ruches. Lorsqu’il est nouveau , il a une consistance assez ferme; sa couleur est blanche ou jaunâtre ; il porte l’odeur et la saveur des plantes sur lesquelles il a été récolté. Le plus estimé est celui qui découle spontanément des rayons lorsqu’on les renverse. Celui qu’on obtient par expression , ou qu’on extrait à l’aide ,

soit de Peau, soit du feu , est d’une qualité inférieure. Le inief qui vient des provinces méridionales de la France est aromatique. Celui du Câlinais est blanc, quelquefois d’une couleur ci- Irine, et très-doux. Celui qui vient de la Bretagne a moins de prix.

[ Lorsque le miel est un peu ancien , il s’y opère une sorte de fermentation qui le rend comme gélatineux et difficile à clarifier 5 celui, de Bretagne surtout offre cet inconvénient très-fréquemment. A l’aide de la clarification au charbon , on parvient quelquefois à remédier à cet inconvénient.

Le miel renferme deux sucres, l’un cristallisable , l’autre à peine cristallisable, se rapprochant du sucre de raisin, un peu de mannite, de la cire, un acide et un principe aromatique.]

Mille-piek. Voy. Cloporte.

Moelle de boeuf. {Medulla bovina.)

Matière adipeuse et onctueuse, renfermée dans les os cylindriques du bœuf. On doit la prendre aussi traîche que possible.

Musc. [Moschus.)

Celte matière grenue, grasse et onctueuse au toucher, presque semblable à du sang coagulé, d’une odeur très-pénétrante, d’une saveur légèrement âcre, et d’une couleur de sang, se sécrète dans un follicule situé auprès de l’ombilic du chevrotin masqué ( mpschus moschiferus. )

Le meilleur musc est celui que renferment des follicules couverts de poils jaunâtres et d’un volume presque égal à celui d’un œuf de poule. Celui qu’on vend séparé de la bourse qui le contient, doit être rejeté par les pharmaciens, car il est presque toujours sophistiqué.

[Il est presque impossible de trouver du musc pur dans le commerce ; tantôt il est hors de vessie et mêlé avec .du sang desséché ; tantôt les poches ont été recousues et altérées aussi. Il est d’ailleurs bien difficile de prononcer sur la falsification, mais on peut toujours la présumer lorsque les poches ont été travaillées, et lorsqu’elles sont très-gonflées. lien est deux sortes, l’une dite musc tonquin : les poils qui recouvrent les poches sopt roux. L’autre, musckeburdin, vient du Thibet, est moins estimé, ses poches ont une couleur argentée , blanchâtre.

mm. Guibourt et Blondeau ont trouvé le musc tonquin pur, composé :

D’eau ,

D’ammoniaque ,

De stéarine ,

D’élaïne ,

De cholestérine,

D’huile volatile ,

D’un acide combiné à l’ammoniaque ,

De gélatine.

D’albumine ,

De fibrine ,

D’hydrôchlorates de potasse, d^amnioniacjue et de chaux , D’un acide combiné aussi à ces bases ,

D’un. principe carboné soluble dansl eau.

D’un acide organique combiné à la chaux ,

De phosphate calcaire.

De poils et de sable (i). ]

Os. ( Ossa.)

Parties dures du corps des mammifères et des’ oiseaux, qui servent de soutien et d’appui aux parties molles , et qui sont principalement formées de phosphate de chaux uni à de la gélatine.

On retire des os de la gélatine, du phosphate de chaux et du phosphore.

Os DE SEICHE. Voy. Seiche.

CŒIüf de poule. i^Ovum ^allinctceum.)

Corps composé d’une enveloppe blanche, dure, fragile et calcaire, au-dessous de laquelle se trouve une membrane trèsmince, tenace, et demi-transparente, qui renferme le blanc d'œuf {albumen) , matière visqueuse et diaphane, au centre de laquelle on remarque le jaune {vitellus ), substance {aune, opaque et onctueuse, à laquelle adhère le germe, rudiment du poulet.

Les coquilles, le blanc et le jaune d’œuf sont usités dans les officines.

Pied d’élan. Voy. Élan.

Pierres d’écrevisse. Voy. Écrevisse.

Présure* ( Coagulum.)

Matière blanchâtre, de nature caséeuse , contenue dans l’estomac du veau , et produite par la coagulation du lait. Elle répand une forte odeur de fromage aigri.

Sangsue. {Hirudo medicinaîis.)

Annelide sans branchies, ni soies, dont le corps, oblong, est formé d’anneaux transversaux , et susceptible de s’allonger en marchant. La tête est allongée, aiguë, privée d’yeux, et cherche

(t) Journal do Pharmacie , tom. VI , pag. io5.

toujours un endroit pour se fixer; l’abdomen plane , tacheté de noir et de jaune , le dos convexe , noirâtre, et marqué de quatre lignes longitudinales jaunes, enfin la bouche garniede trois dents, qui , lorsqu’elles entament la peau , y font une plaie triangulaire.

D’une expérience faite avec vingt sangsues, à jeun, bien portantes, à-peu-près égales entre elles, et qu’on a eu le soin de peser toutes avant et après la saignée, il résulte que chaque sangsue pompe 6o grains (environ 3 grammes) de sang, sans compter celui qui coule après sa chute.

[Aujourd’hui, où l’usage des sangsues est si fréquent, on a cherché à substituer à la sangsue grise et verte [liirudo sanguisuga officinalis , litrudo provincialis ) , plusieurs variétés de sangsues, dont quelques-unes n’ont aucun effet sur la peau. Voici les deux principales : la sangsue noire ou sangsue de cheval, et la sangsue bâtarde. La sangsue de cheval [hirudo hæmopis sanguisorba) est d’une couleur noire : les anneaux sont larges; elle est flasque, ses dents sont arrondies et ne peuvent former de piqûre à la peau. Son canal intestinal est droit et non cloisonné comme dans les bonnes sangsues. La sangsue bâtarde [hirudo carnivora) est plus lisse, anneaux peu apparens, dents arrondies, canal intestinal droit ; mise dans l’alcohol, son ventre devient jaune.

MM. Huzard fils et Pelletier ont fait connaître, à ce sujet , des détails fort curieux sur la manière de reconnaître les sangsues qui peuvent être employées pour l’usage médical (i).

S'kciiE. {Sepia officinalis.)

Mollusque céphalopode, dont la peau renferme une espèce de plastron osseux et solide , qu’on appelle improprement os de sèche {os sepiœ), et qui est formé en grande partie de carbonate de chaux. Il est composé de lames superposées, qui adhèrent entre elles par une multitude de petits tubes.

On s’en sert principalement dans les préparations dentifrices.

Sperme de baleine. Voy. Adipocire.

Sperme de grenouille. Voy. Grenouille .

Suif. {Sébum. Seuum.)

Espèce de graisse blanche et très-ferme, qu’on tire des ruminans, et sur-tout du mouton {ovis aries).

Il faut prendre le suif nouvellement préparé, blanc et cassant.

(i) \ oyez Journal de Pharmacie, toTa. XI, pag. io5 et suivantes; et, pour plus de détail sur la sangsue, voyez l’Histoire naturelle et médicale des sangsues , contenant la description anatomique des organes de la sangsue officinale , avec des considérations physiologiques sur ces organes , des notions très-étendues sur la conservation domestique de ce ver, sa re-^ production, ses maladies, son application, etc.; par J. L. Dbbheims. Paris , 1825 , in-80. , fig. A Paris , chez Baillière , libraire.

FaANÇAlSE. ïSg

Tortue bourbeuse. ( Testudo lutaria.)

Reptile chélonien, à corps court, et renfermé dans deux têtes, dont on appelle le supérieur carapace , et l’inférieur plastron.

La chair de tortue est mise au nombre des alimens médicamenteux.

Ver A SOIE. ( Bombyx m,ori.)

Insecte lépidoptère, dont la chenille file un cocon ovale, jaune ou blanc. Les cocons jaunes passent pour être les meilleurs.

Le sel volatile obtenu de la soie par la distillation , ou le souscii'bonate cT ammoniaque imprégné d’huile animale [suh ~ car bonus ammoniæ pyrogenœus oleosus animalis), entrent dans la composition des gouttes céphaliques d’Angleterre.

Ver de terre. Voy. Lombiùc.

VipLre. ( Coluber berus.)

Reptile ophien , long de douze ou quinze pouces, et couvert d’une peau écailleuse. La vipère a le dos d’un noir-bleuâtre ou ardoisé, l’abdomen blanchâtre, la tête aplatie et triangulaire; sa mâchoire supérieure est armée de deux crochets mobiles, aigus, offrant une gouttière à leur pointe , creux dans toute leur longueur, et garnis à leur base d’une vésicule pleine d’une liqueur vénéneuse. Ces crochets se redressent quand l’animal mord, et comprime ainsi la vésicule, dont ils obligent le venin de passer dans la plaie.

Yeux d’écrevisse. Voy. Écrevisse.

Nota. On a omis , à l’article des Matières tirées du règne miné- ral, de parler de Viode , produit préparé aussi en grand dans les arts.

h'iode est une substance d'un gris d’acier ou de plombagine, crystallisée en petites lames. Sa pesanteur spécifique est de 4?94* Ce corps est très-volatil, et produit une vapeur violette des plus belles. Seul ou dissous dans l’alcohol , il forme , avec la técule amylacée , une teinte bleue très-sensible.

On le falsifie quelquefois, soit avec le charbon, l’oxide de magnésie et la plombagine ; ceS diverses fraudes sont faciles à reconnaître par l’alcôhol â 35°, qui ne dissout que Viode et laisse ! lés autres substances intactes.

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