SECTION IV
De la Manière d’établir les proportions des médkamens dans les formules^
ARTICLE PREMIER
Dès Poids et des Mesures.
Pour empêcher que les proportions respectives des médicamens ne variassent, dans les formules , suivant les temps et les lieux, nous avons cru devoir les indiquer en calcul décimal par des nombres ronds, commodes à diviser en fractions très-petites, applicables également à tous les poids, nationaux ou étrangers, anciens ou nouveaux, et faciles à convertir, au besoin, en mesures ordinaires. Avec ce soin, en effet, on peut être sûr que chaque composition jouira partout des mêmes propriétés , puisque les proportions des parties constituantes y seront partout aussi les mêmes , et l’on n’aura point à craindre d’erreur.
Cependant, afin de nous éloigner le moins possible, dans les formules magistrales, des mesures adoptées jusqu’à ce jour par les praticiens, nous avons fait en sorte que nos nombres ronds se rapprochassent à-la-fois des anciens poids et des nouveaux , et qu’on pût, sans beaucoup de peine , les convertir en grammes ou en gros : ce qui , à raison de la différence entre le système décimal et l’ancien , ne nous a été possible qu au moyen de tractions, dont les dernières ont dû être négligées.
Ainsi nous avons indiqué par 4,o quatre grammes , -qui se rapprochent beaucoup d’un gros ordinaire. Il en est résulté néces- Uirement que chaque once, composée de huit gros, a dû être représentée par 32,0, une demi-once par i6,o; deiix onces par 64,0 ; trois par 6,o, et quatre par 128,0. Le rapport naturel entre la plupart de ces divisions se trouve ainsi très-bien conservé.
Mais, parvenus à la demi-livre, à la livre et a la livre et demie, comme ces mesures sont le plus souvent appliquées à des liqueu'-s dissolvantes , dont la quantité n’a pas besoin d’être déterminée d’une manière aussi précise, noos n’avons point hésité, pour faciliter le calcul, à mettre 260, 5oo, 760 et 1,000, en place de 256 , 5 1 2 , 768 et i ,028. ^ ^ ^
Quant aux très-petits poids , nous les avons aussi exprimes par des fractions décimales, de manière que la dixième partie
FRANÇAISE. i6i
de I, ou 0,1, qui équivaut presque à deux grains, répond eu même temps à un décigramme; o,o5 expriment cinq centigrammes, qui approchent beaucoup d’un grain j o,oa5, qui égalent vingt-cinq milligrammes, correspondent à environ un demi-grain. Comme ces poids se rapportent presque tous a des i médicamens doués de propriétés très-énergiques, il valait beaucoup mieux rester en-deçà de la mesure ordinaire qu aller audelà. ,
Quoique cette méthode nous .semble avoir pourvu à la surete, tout en respectant la coutume, cependant, presses par beaucoup de personnes, nous avons ajoute aux nombres ronds qui sont indiqués partout, les mesures anciennes, dans les formules composées des médicamens internes , principalement dans celles des préparations magistrales , et même dans celles de quelques médicamens externes à l’égard desquels il serait dangereux de commettre des erreurs. Cette méthode commence à etre suivie à la section cinquième, à l’article des solutions aqueuses, qui sont pour la plupart magistrales.
Le tableau suivant montrera les rapports qui existent entre les nombres ronds dont nous avons fait usage, les anciens poids français, et ceux du système métrique.
Nombres ronds. Anciens poids français. Evaluation rigoureuse eu
poids métriques.
O ,0î5 Grains.
1/2 . . . . '. Gramm. o ,0265
2 ,0 gros.
16 ,0 onces.
32 jO 1
25o ,0 livres.
5oo ,0 >
1/2 (36 grains ). . . .
1/2 (quatre gros). . .
gx ,782
laa ,376
Si l’on voulait, au contraire, convertir les grammes en grains, gros, onces et livres, on aurait une autre série, à laquelle les nombres ronds pourraient être appliqués également, et dont il ne nous a pas paru inutile d’exposer ici les rapports proportionnels.
Poids nouveaux, expiimés eu Les mêmes réduits en poids
nombres approximatifs. anciens de France.
grammes.
livres.
ODces.
gros.
grains.
Kilogramme.
5oo ,0
Hectogramme.
Décagramme.
Gramme.
Décîgramme.
Il faut remarquer cependant que MM. Montalivet tet Vaublanc, nûnistres de l’intérieur, ont arrêté, en 1812 et 1816, que,