VI. Extraction de la morphine de l’opitim
1°. D’après la Méthode de M. Robiquet.
Prenez : Opium parfaitement pur, et coupé en petits
morceaux. 3oo
Faites macérer, pendant cinq jours, dans
Eau commune . 1,000
Passez. Ajoutez à la colature
Magnésie pure , entièrement privée d’acide i5
Faîtes bouillir pendant dix minutes. Durant l’ébullition il se forme un sédiment grenu, gris et abondant. Jetez-lc avec toute la liqueur sur un filtre de papier, afin de l’isoler parfaitement. Lavez-le ensuite à l’eau froide, jusqu’à ce que celle-ci coule presque incolore, et faites- le alors sécher.
Lorsqu’il est sec, rédaîsez-le en poudre, fajtes-le macérer à une douce chaleur, dans
Aicohol (12=22 degrés). . . . quantité suffisante.
Passez l’alcohol dès qu’il a pris, autant qu’il sc peut, la cou-
kur Ju séclimenl, et lavez ce qui reste de ce dernier avec de l’alcohol froid, au même degré, jusqu’à ce que la liqueur coule presque sans couleur.
Enfin tenez le résidu pendant quelques minutes dans de l’alcohol (22=32 degrés) très-pur et bouillant. La liqueur passée donne, en se refroidissant, des cristaux de morphine légèrement coIorés.^Faites bouillir une seconde et une troisième fois de l’alcohol au même degré sur le résida de l’opération, et vous ol>tiendrez encore, par le refroidissement, des cristaux dont le volume diminuera chaque fois.
Enfin , pour avoir la morphine pure, il suffit de la dissoudre dans de l’aicohol concentré (26^36 degrés) et bouillant. Dès que la liqueur se refroidit, il s’en sépare des cristaux presque sans couleur : la matière colorante reste en dissolution dans l’eau avec un peu de morphine.
[On remplace avec quelque avantage la magnésie caustique par la chaux éteinte ( vingt grammes ), qui forme, dans cette opération , un dépôt moins abondant , grenu , et aussi facile à réduire en poudre. Ce précipité absorbe un peu moins d’alcohcl que celui avec la magnésie, qui se gonfle et augmente davantage de volume.
L’aicohol à vingt-deux, qui a servi à laver le précipité, doit être distillé pour séparer la résine mêlée d’un peu de morphine. On peut enlever celle-ci en ajoutant alors de l’eau chargée d’une très-faible quantité d’acide hydrochlorique ou acétique, filtrant et précipitant à l’aide de l’ammoniaque. Le précipité recueilli et lavé sera redissous dans l’alcohol à 52, bouillant.
L’aicohol qui a laissé précipiter la morphine, en fournit encore beaucoup après avoir été exposé dans un vase distillatoire.
Dans la purification , on n’a pas ici indiqué l’emploi du charbon animal lavé, qui réussit parfaitement.
Enfin, le degré de l’alcohol (32) me paraît un peu faible; il est plus avantageux de le prendre à 36, d’autant mieux qu’il s’affaiblit promptement pendant les digestions.]
2“. D'après la Méthode de M. Sertuerner (i).
Prenez : Extrait d’opiurn .5oo
Dissolvez -le dans
Eau quantité suffisante , pour que la solu-
tion froide marque huit degrés à l’aréomètre.
Versez-y alors
Ammoniaque liquide (22 degrés)
(1) Tous ces procédés pour obtenir la morphine devraient être reportés à f’article destiné aux alcalis végétaux; si on ne Ta pas fait pour cette substance , c’était pour conserver l’ordre du Codex.
T, 2'^ rilAHMACOPftSÎ
u^scz, puni' qn’eile soil nn puu en excès. Aussilol iî se précipile une nialière semblable à de la géialine, qu'on doit enlever sur-lc-champ, et la liqueur se remplit de particules cristallines, grisfilres, floconneuses, qui gagnent le lond du vase. Passez-la, lavez les cristaux rassemblés sur le filtre, et faites-les «éch^'r Faites-les ensuite dissoudre dans de l’acide sulfurique 66 degrés) chaud, préalablement étendu de huit partie^ d’elTu : n’employez d’acide que ce qu’il en faut pour former du sulfate de morphine. En versant de l’ammoniaque dans ce sel, il se précipitera de la morphine sous la forme d’une poudre blanche, qu'on lavera ensuite avec de l’alcohol [ii degrés). Bientôt après on la fera dissoudre dans d’autre alcohol bouillant (56 degrés) ; on passera la solution, et elle laissera déposer des cristaux, <qu’on conservera pour l’usage. .
rXompson a indiqué un procédé qui consiste à traiter l mlusion d’opium par l’acide acétique, et à précipiter sur l’ammouiaque, puis à prendre le précipité par l’alcohol. Par ce mode , la morphine est mêlée de beaucoup de narcotine , qui est tres-solubls dans l’acide acétique.
Procédé de M. Hottot.
Ce procédé n’est en quelque sorte qu’une modification apportée ou procédé de Sertuerner. V oici en peu de mots comment M. Hottot conseille d’opérer.
Après avoir fait plusieurs macéraiions d opium , -il les concentre à deux degrés seulement de l’aréomètre, et ajoute dans le liquide tiède un très-léger excès d’ammoniaque. Cette addition détermine la précipitation d’une sorte de résine glutineuse un peu analogue au caoutchouc. Le tout décanté ensuite avec soin, on filtre et l’on ajoute à froid une nouvelle quantité d ammoniaque liquide en excèsj la morphine se précipite alors en poudre brune mêlée de résine; on la recueille sur une toile serree, et quand elle a été lavée avec de l’alcoho! é 20 degres , on a fait sécher, réduire en poudre, puis on la traite par 1 a cohol a 36 dep-és bouillant , mêlé d’une petite proportion de charbon
morphine s’emploie très-rarement à l’état de base : on la combine ordinairement à quelques acides poni la laire mo. an^ci soit au sirop, soit à des potions, etc., et c’est principalement avec les acides sulfurique et acétique qu’on 1 unit de prelerence. Voici comment on prépare ces deux sels.
Sulfate de Morphine.
Morphine pure 1 28 gr. ou 51V
Faites dissoudre dans l’alcohol ou délayez seulement dans l’eau distillée; puis ajoutez alors avec précaution
française.
Acide suUuriquii, éteadu do yüiï poids d’eau q. s., pour arriver à un point de saturation complète. Filtrez et laites évaporer à une douce chaleur jusqu’à ce que le sel cristallise.
Acétate de Morphine.
Morphine pure ; • 128 gr. ou § iv
Dissolvez comme ci-dessus dans l’alcohol , ou délayez dans l’eau distillée; puis saturez convenablement par un léger excès d’acide acétique (1). Le liquide filtré est ensuite évaporé à siccité avec soin, puis réduit en une poudre que Ton conserve dans un tlacon bien bouché.
Nota.Cesel, très-déliquescent, ne s’obtient cristallisé que dans le vide de la machine pneumatique. Pour l’usage pharmaceutique, on le prépare comme nous venons de l’indiquer. ]