Gaz. Acide Carbonique
Prenez : Marbre bien blanc ( carbonate de chaux).
Inti’oduisez-le, cassé en petits morceaux, dans un appareil con-
FRANÇAISE. 33g
venable formé de plasieurs vaisseaux, et versez dessus de l’acide muriatique (hydrochlorique). Faites passer le gaz acide carbonique qui se dégage à travers de l’eau, pour le purifier, et recevez-le dans des vases de capacité connue, qui serviront à le conserver.
Si’ vous employez de la craie au lieu de marbre , commencez par la fiûre rougir à un feu modéré, pour lui enlever toute son odeur : ensuite pilez-la, délayez-la dans de l’eau avec de l’acide sulfurique, et recevez le gaz dans un appareil semblable à celui qui sert pour l’opération précédente.
Obs. Il vaut mieux employer l’acide muriatique pour retirer le gaz du marbre, parce que si l’on se servait de l’acide sulfurique, le sulfate de chaux qui se concréterait à la surface des morceaux, empêcherait bientôt l’acide de dissoudre le sel, et arrêterait le dégagement de l’acide carbonique.
[Quelquefois l’acide hydrochloriquê contient de l’acide sulfureux , et ce gaz se mêle avec l’acide carbonique et lui donne une odeur très-désagréable; pour l’en priver, on peut faire laver le gaz dans une eau chargée de carbonate de soude (i).
i8. Acide Hydro-Cyanique.
L’usage de l’acide hydro-cyanique ou prussique ayant été introduit depuis peu en médecine , d’après les conseils de M. Magendie, plusieurs médecins ont pensé qu’il était nécessaire de décrire ici la manière de le préparer.
1°. D’après la Méthode de Scheele.
Prenez : Cyanure de fer (bleu de Prusse)
Deutoxide de mercure
Eau distillée. .
Faites bouillir, dans une capsule de porcelaine, pendant un quart-d’heiire, avec l’attention de remuer sans cesse. Passez , filtrez , et lavez le résidu dans
Eau bouillante
Mêlez ensemble les liqueurs chargées de cyanure de mercure, introduisez-les dans un flacon, et ajoutez-y
Limaille de fer porphyrisée
Acide sulfurique (66 degrés) ■
étendu dans
Eau distillée
Agitez le mélange, et tenez pendant une heure le fla- ' con plongé dans de l’eau froide : il se précipitera un sédiment qui contient du mercure.
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(1) Gc serait ici le lieu de placer l’acide hydro sulfurique liquide, qui a été porté plus loin sous le nom i^euuhydTO-sulfüTéç*
34o PHARMACOPÉE
Versez alors la liqueur , qui consiste en une dissolution de sulfate de fer et d’acide hydro-cyanique , dans une cornue tubulée , placée sur un bain de sable , au col de laquelle est adaptée une allonge qüi se rend dans un ballon tubulé d’où part un tube recourbé, dont l’autre extrémité plonge dans un flacon plein d’eau.
L’appareil étant bien luté, et le ballon couvert de linges mouillés qu’on renouvelle souvent , on pousse le feu jusqu’à ce que la liqueur bouille , et qu’il ait passé de
liquide , dans le récipient 19^
Comme ce liquide est presque toujours charge d une matière colorante étrangère, on y ajoute carbonate de ^
chaux , ‘ i
On le distille de nouveau et on obtient de cette seconde opération .... : *28
seulement de liqueur acide , qu’on conseïve dans un bocal garni de papier noir à l’extérieur. , , -i
[ Le bleu de Prusse du commerce étant mêle d alumine, il faut séparer cette terre peur n’agir que sur un corps pur et sur un poids réel de selj on délaye le bleu de Prusse réduit en poudre fine, dans de l’eau acidulée par l’acide sulfurique, jusqu à
ce que le liquide ne précipite plus en blanc par l’ammoniaque ou par le carbonate d’ammoniaque.]
Obs. Il ne faut délivrer l’acide prüSsiqùe qü efi Vertu d une ordonnance revêtue d’une signatüte connue.
2°. D’ après le procédé de M. Robiquet.
Comme une foule de circonstances font varier souvent la constitution et les propriétés de l’acide de Scheele , comme sur-tout le cyanure de fer n’est pas toujours pur , et qu tl présente souvent de grandes différences , M. Robiquet a proposé , pour se procurer l’acide, un moyen plus certain , qui consiste à mêler avec parties égales d eau 1 acide cyanique obtenu par la méthode de M. Gay-Lussac. Malgré que cette méthode soit assez connue , nous allons la reproduire ici afin qu’il ne se glisse point d erreur.
Ayez une cornue tubulée, au col de laquelle vous adaptiez un large tube de verre, rempli de marbre concassé, et de ch 0rure de calciuïn >fondü au feu. De ce tube en partira Un autre plus étroit, allant 'se rendre dans une cloche entouree d un me lange réfrigérant.
Introduisez alors dans la cornue le cyanure de mercure , avec assez d’acide muriatique pour dépasser la substance' métallique, de la hauteur d’un doigt seulement. Chauffez modérément et par
degrés, afin que l’acide hydro-cyanîque ne se dégage que d’une manière lente , et qu’en traversant le marbre et le chlorure de calcium il se débarrasse â-la-fois de toute son eau et de 1 acide bydro-chlorique. Le froid le condense dans la cloche, où on le trouve pur; sa densité est de 0,700. En le ni'êiant avec une égale quantité d’eau, on le ramène aisément à la densité que ^ doit avoir l’acide de Scheele, c’est-à-dire o,goo , et on peut 1 employer avec plus d’assurance en médecine, parce qu on est parfaitement certain de la dose à laquelle on le fait entrer dans les potions.
[M. Gea Pessina, chimiste à Milan , a donné un autre procédé pour préparer l’acide hydro-cyanique; ce mode, fournissant un résultat très-bon, nous idlons l’indiqt.er ici ; il est extrait du Journal de P harmacie , t. xi , iSîS.
On introduit avec beaucoup de soin dans une cornue de verre tabulée, d’une capacité assez grande, neuf parties de ferro-cyanate din potasse (prussiate dé potasse ferrugineux) bien pulvérisé, on adapte une allongé recourbée, plongeant dans un récipient entouré de glace. Le to.ut étant luté et disposé ainsi , on verse sur le sél quatre parties et demie d’aoide suîtiirique à , étendii de six partiès d’eau ; quand la réaction a eu lieu légèrement, on chauffe graduellement jusqu’à ce qu’il s’élèye une vapeur un peu bleuâtre; alors on arrête l’opération. L acide que l’on obtient est d’une densité égale à 0,9 ou 0,898. ]
3®. Diaprés le procédé de M. Vauquelin.
Prenez ; Cyanure de mercure. 100
Eau distillée 800
Dissolvez le cyanure à une douce chaleur, et faites passer dans la liqueur un peu plus d’acide hydro-sulfurique qu’il n’en faut pour la saturer. Passez , pour séparer le sulfure de mercure qui s’est précipité. La colature renferme de l’acide hydro-cyanique, mêlé d’un peu d’acide hydro-sulfurique. Il sera facile d’enlever ce derniér à l’aide du sous-carbonate de plomb pulvérisé, en quantité plus que suffisante pour l’absorber. On remue de temps en*temps la liqueur et la poudre , et enfin l’on passe. Alors on a l’aeide hydrorcyanique dissous dans l’eau , libre de toutes matières étrangères, et d’une densité pareille à celle de l’acide de Soheale.
[Ce procédé est celui suivi jadis par M. Proust, et que M. Vauquelin a modifié ainsi. Au lieu de dissoudre le cyanure de mercure dans l’eau , il fait passer l’acide hydro-sulfurique pur sur ce sel réduit en poudre, et absorbe l’eau et l’excès d’hydrogène sulfuré à l’aide du chlorure de calcium et du carbonate de plomb, placés dans un tube à la suite du premier sel L’acide hydro-cya-
nique est recueilli dans une éprouvette entourée de glace ou d’un mélange réfrigérant.
L’acide hydrocyanique doit être renouvelé souvent, parce qu’il se décompose très - promptement. M. Caillot a proposé » pour le conserver, d’y ajouter un peu d’alcohol. Parce procédé il paraît ne subir d’altération qu’après un long espace de temps, même exposé aux rayons d’une vive lumière. ]
ARTICLE It.