Acide Oxalique
Prenez : Sucre en poudre. . 5oo
Acide nitrique (32 degrés) 5, 000
Mettez le sucre dans une cornue de grande capacité, tubulée, î'dacée sur un bain de sable, et à laquelle vous adapterez un ballon communiquant avec un flacon plein d’eau, au moyen d’un tube recourbé. Versez d’abord la moitié de l’acide par la tubulure de la cornue, et chauffez légèrement le sable. La liqueur fait effervescence; quand celle-ci est terminée, faites évaporer, et il se formera des cristaux que vous aurez soin d’enlever à mesure; ajoutez. alors la seconde portion d’acide à la liqueur, que vous traiterez comme la première fois. Dissolvez les cristaux dans de l’eau pure, et faites évaporer la liqueur. Ceux qu’elle fournira alors seront de l’acide oxalique pur.
[On se sert avec avantage de fécule de pomme de terre au lieu de sucre pour cette préparation ; le résultat est le même. Il firut avoir le soin de laisser agir l’acide sur l’amidon avant de chauffer, car la réaction serait trop viv-e.
On peut faire aussi cette préparation par la double décomposition de l’oxalate acidulé de potasse et du sous-acétate de plomb liquide. A cet effet, le se! de potasse est dissous dans l’eau bouillante , et on y ajoute un léger excès d’acétate de plomb. Le précipité d’oxalate de ce métal qui s’est formé est lavé , égoutté avec soin et décomposé par l’acide sulfurique. On filtre ou l’on décante, et l’on fait cristalliser la liqueur. ]
i3. Acide Citrique.
Prenez : Suc exprimé de ciîron quantité
nécessaire.
Mellez-le dans un vase de faïence, faites-le chauflfer au bain-marie, et ajoutez ensuite par chaque partie
Carbonate de chaux quantité suffisante.
pour saturer l’acide. Dès que le citrate dechaux sera déposé, versez la liqueur, lavez le sel à plusieurs reprises, jusqu’à ce que l’eau soit presque sans couleur, et faitesle sécher. Alors
Prenez : Citrate de chaux préparé par cette méthode 3,ooo
Metlez-le dans un vase de terre, de faïence ou de porcelaine, et ajoutez
Eau 6,000
Le citrate étant bien délayé, versez dessus
Acide sulfurique (66 degrés) 2,000
Remuez la masse, laissez-la reposer, et délayez-la enfin dans
Eau 12,000
que vous ferez chauffer lentement, puis bouillir dans un vase d’argent ou de plomb; et lorsque le sulfate de chaux sera déposé, décantez la liqueur, et passez-la.
Lavez ce sulfate jusqu’à ce qu’il ne communique plus de saveur à l’eau. Réunissez les eaux de lavage à la première liqueur, et faites évaporer le tout au bain-marie jusqu’à ce qu’il se forme une pellicule à la surface. Mettez alors la liqueur à l’étuve ; elle y donnera, en sc refroidissant, des cristaux d’acide citrique, qu’il faudra dissoudre et faire évaporer deux ou trois fois de suite, afin de les obtenir parfaitement purs.
[Peur obtenir de beaux cristaux, il est nécessaire que la liqueur contienne un peu d’acide sulfurique en excès, qui reste dans les eaux-mères.
On substitue quelquefois l’acide tartrique à l’acide citrique, dont le prix est beaucoup plus élevé; on pourrait reconnaître la fraude au moyen de la potasse, en laissant un excès d’acide; car, avec le premier, il se formera un sel cristallin , très-peu soluble, et avec l’autre , au contraire , un sel soluble facilement. La saveur âpre de l’acide tartrique serait déjà un indice de sa présence.]
i4" Acide Benzoïque.
1°. D’après la Méthode de Scheéte.
Prenez : Lait de chaux 1
Etendez-le dans
Eau commune Sz
Benjoin en poudre 4
Mêlez d’abord la poudre de benjoin avec le cinquième du lait • de chaux, et ajoutez peu-à-peu le reste. Puis faites bouillir le mélange pendant un quart-d’heure , en le remuant sans discontinuer. Eloignez-le alors du feu , laissez-le reposer, et décantez la liqueur claire qui surnage. Lavez plusieurs fois le sédiment avec de nouvelle eau de chaux, et mêlez le produit des différens lavages avec la liqueur que vous avez déjà mis’e de' côté. Faites ensuite évaporer le liquide jusqu’à réduction des quinze seizièmes ; ajoutez-y alors, goutte à goutte, de l’acide muriatique, jusqu’à ce qu’il ne se fotme plus de précipité, et que la liqueur elle-même soit devenue sensiblement acide. Filtrez, lavez le précipité, et faites-le sécher entre deux feuilles de papier. C’est l’acide benzoïque.
Vous pourrez sublimer cet acide, en l’exposant à l’action du feu ; vous l’obtiendrez alors sous la forme d’aiguilles très-légères et d’un beau brillant.
On doit le conserver dans des bocaux de verre bien bouchés et placés dans un endroit obscur.
[On peut, aü lieu de lait de chaux, arriver au même résultat avec la potasse ou la soude 5 mais ces alcalis paraissent dissoudre une plus grande proportion de résine.]
2°. Par sublimation , autrefois appelé Fleurs de Benjoin.
Prenez : Benjoin choisi, grossièrement pulvérisé. . . . quantité nécessaire.
Ayez deux Capsules de terre, que vous renverserez l’une sur l’autre. Remplissez l’inférieure de benjoin, et recouvrez-la avec la supérieure, en ayant soin de coller une bande de papier sur les bords : ménagez toutefois à la capsule supérieure une petite ouverture, afin que l’air puisse de temps en temps s’en échapper, et fermez cette ouverture avec un petit bouchon de papier. Allumez alors le feu , et au moyen d’une chaleur médiocre l’acide se rassemblera dans le couvercle, en aiguilles parfaitement blanches, qu’il faudra retirer d’heure en heure. On suspendra l’opération dès que les aiguilles jauniront. Elles doivent être conservées dans des bocaux de verre exactement bouchés (i).
(1) Si l’on voulait priver d’odeuroet acide , il faudrait le faire chauffer à plusieurs reprises avec l’ircide nitrique , puis laver ensuite les cristaux avec de 1 ’eau froide.
PHARMACOPÉli
1 5. Acide Boraciqae.
Prenez : Sous-borate de soude, très-pur
Faites-le dissoudre dans
Eau distillée bouillante . • • i,6oo
Passez, et ajoutez en plusieurs fois
Acide sulfurique (66 degrés) loo
Laissez reposer la liqueur : elle donnera , par le refroidissement, des cristaux que vous laverez à l’eau froide, et que vous ferez dissoudre de nouveau dans de l’eau bouillante, pour les obtenir plus purs; ils seront de l’acide boracique.
[Les eaux mères renferment avec le sulfate de soude une certaine quantité d’acide borique, on les fait concentrer à lo”, et cet acide se précipite par le refroidissement ; après l’avoir bien lavé, on le fait sécher, ou mieux, on le fait cristalliser une seconde fois.]
Si vous voulez avoir cet acide sublimé, et sous la forme d une neige appelée fleurs d’acide boracique, faites évaporer la liqueur jusqu’à ce que sa surface se recouvre d’une pellicule. Alors, adaptez le chapiteau et le récipient de la cucurbite, et distillez au bain de sable jusqu’à siccité. Jetez l’eau qui passe, la première, et conservez celle qui vient ensuite. Lorsqu’il ne passe plus de vapeurs aqueuses , l’acide se sublime sous forme de flocons semblables à de la neige. Enlevez-le quand l’appareil est refroidi, versez la seconde partie de la liqueur distillée sur le résidu de l’opération; distillez encore, et conservez le fluide qui passe : vous aurez des fleurs sublimées plus abondantes que la première fois. Continuez l’opération jusqu’à ce que la sublimation ne donne plus de produit. Ce n’est pas toutefois le procédé de Homberg.
^ [M. Soubeiran a fait voir, dans un Mémoire sur la Crème de Tartre, rendue soluble par l’acide borique, la volatilité de cet acide, à l’aide de la vapeur d’eau et de l’alcohol. C’est ce qui permet d’expliquer pourquoi le mode indiqué peut réussir fort bien. ]
i6. Acide Succinique.
Voy. Sect. IV, art. IV, pag. 208.
[Nous avons indiqué à cette section IV le moyen de purifier l’acide succinique , produit pendant la décomposition du succin par le feu.]