Muriate d’ Or
(Chlorure d’Or des modernes.)
Prenez ; Or parfaitement pur, hattu en lames et
coupé en morceaux ; •
Mettez-le dans une fiole, ou dans un matras trespetit. Versez dessus ,
Acide nitro- muriatique , composé d acide nitrique (Sadeg.), une partie, et d’acideanuriatique (22 deg.) ,
deux parties
Posez la fiole sur du sahle médiocrement échauffé, et laisse-la ainsi jusqu’à ce que l’or soit dissous tout entier. Versez alors la liqueur dans une capsule plate de verre ou de porcelaine , et évaporez-la jusqu’à siccité, mais à une chaleur très-douce, de peur que l’or n’abandonne l’acide et ne se revivifie.
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58a PHARMACOPÉE
Le muriate d’or, préparé ainsi, devra être conservé dans un flacon bouché à l’émeri , et à l’abri de la lumière.
On peut aussi le conserver dissous dans l’eau, pourvu toutefois que les proportions du sel et celles de l’eau étant bien calculées et bien connues, ü soit facile de doser convenablement la liqueur au besoin.
Obs. Il ne faut délivrer ni le sel ni sa solution que d’après une ordonnance en forme, et revêtue d’une signature connue.
[ Pour faciliter l’emploi de ce compose , qui attire très-fortement l’humidité de Pair, M. Chrestien a proposé (i) de le mêler avec une quantité déterminée de sel marin bien pur; on fait alors dissoudre le tout préalablement, et on rapproche convenablement pour obtenir des cristaux. Le produit qui porte le nom de muriate d'or et d-e soude a été examiné par M. Figuier de Montpellier, qui s’est beaucoup occupé de l’étude et de la préparation du muriate d’or. Il l’a trouvé composé d’un muriate double ou chlorure double , d’or et de sodium , dans les proportions suivantes :
Chlorure d’or 70
Chlorure de sodium i3,4
Eau 16,6
Ce composé n’attire pas l’humidité , cristallise très-facilement en prismes orangés. On l’obtient, d’après M. Figuier, en faisant dissoudre une once d’or dans l’eau régale , évaporant pour chasser l’excès d’acide , dissolvant le sel dans huit fois son poids d’eau distillée, à laquelle on ajoute deux gros de sel marin décrépité, dissous dans quatre fois son poids d’eau : on concentre jusqu’à ce que la liqueur commence à cristalliser.
Chlorures d’oxides (2).
Ces composés sont maintenant d’un usage trop fréquent dans les arts et dans la pratique médicale , pour que nous passions sous silence le moyen de les obtenir.
La combinaison du chlore avec les oxides est connue depuis long-temps , et l’eau de javelle, la poudre de Tenant et Knox en sont la preuve 5 mais c’est surtout depuis l’heureuse application que M. Labarraque, pharmacien distingué, a faite du chlorure de soude, que ces composés ont fixé de nouveau l’attention.
{i) Journal de Pharmacie , tom. V\\\ i5y,
(2) Nous avons cru devoir placer ici ces composés, très-employés aujourd’hui, quoiqu’ils ne soient pas du tout semblables aux combinaisons salines ; mais l’ordre peu méthodique de cet ouvrage , qui n’est autre chose qu’une réunion de formules, peut permettre facilement cet arrangement, que comporterait moins un traité de Chimie et de Pharmacie.
Chlorure de Soude , ou Liqueur de Labarraque (i).
Carbonate de soude cristallisé i k. 5oo
Eau pure, 4
Pour mettre la liqueur à 12 deg.
On y fait ensuite passer du chlore jusqu’à ce qu’une mesure du liquide décolore quatorze mesures semblables d’une dissolU' tion d’indigo pur dans l’acide sulfurique.
Il faut environ, pour salurer de chlore la solution ci-dessus ;
Peroxide de manganèse pur aSo
Acide hydro-chlorique à 22 deg 700
On chauffe ce mélange , et le gaz qui s’en dégage est porté à l’aide d’un tube dans la liqueur qui contient le carbonate de soude.
Nota. La dissolution d’indigo, qui porte le nom de liqueur d'épreuve de Décroisilles , se prépare en faisant chauffer une partie d’indigo pur dans 9 parties d’acide sulfurique : lorsque le mélange est dissous complètement , on y ajoute ggo parties d’eau distillée, et l’on conserve dans l’obscurité.
Chlorure de Chaux (3).
Chaux éteinte 1 k.
Acide hydro-chlorique 322 deg 4
Peroxide de manganèse pur. i 3oo (3).
On fait d’abord passer le gaz chlore dans un peu d’eau pour dissoudre l'acide hydro-chlorique, puis on le fait arriver au fond d’un entonnoir de verre renversé, et placé dans un vase rempli de chaux éteinte , passée au tamis et humectée légèrement. L’entonnoir étant vide empêche le tube conducteur d’être obstrué par la chaux; on, met aussi au fond des vases une couche légère de sel marin ordinaire.
Le chlorure obtenu est conservé dans des flacons ou dans des boîtes bien fermées.
5oo gram. dissous dans l’eau pure, 2 kilogr. constituent le chlorure de chaux liquide, qui se conserve plus difficilement : ce
(1) C’est pour l’application ingénieu'se que ce chimiste en a faite à la désinfection , qu’il a obtenu diverses récompenses soit de l’Institut , soit de la Société d’Encouragement.
(2) Ce composé était regardé comme un sous - chlorate de chaux. M. Hôuton-Labillardière a fait voir que c’était un véritable bi-chlorure , et que l’excès de chaux n’y était qu’à l’état libre , et les proportions trèsvariables.
(3) Le chlore peut également être préparé à l’acide du peroxide de manganèse, de l’acide sulfurique et du sel marin.
liquide est ensuite étendu de beaucoup d’eau pour être employé. Parmi les moyens de reconnaître si le chlorure de chaux contient la proportion de chlore voulue pour les usages ordinaires, on a plusieurs moyens qu’il serait trop long de citer, et parmi lesquels sont ceux de M. Gay-Lussac (i) et de M. Houton-Labillardière (2). Nous nous contenterons d’indiquer le procédé du premier de ces deux chimistes.
Il consiste à prendre une dissolution d’indigo pur dans l’acide sulfurique, et préparée de telle sorte qu’un volume de chlore .sec, à 0,76 et ih. 0°, en décolore dix fois le même volume ; cette liqueur porte alors le nom de liqueur d’épreuve. On appelle degré chaque volume, et ces degrés sont divisés en 10 parties.
Pour la préparer, on prend une partie d’indigo pur pulvérisé : on le fait dissoudre dans 9 d’acide sulfurique 5 on délaye ensuite une portion de celte liqueur dans l’eau , et ayez un liquide contenant son volume de chlore préparé avec 3,980 de peroxide de manganèse et d’acide, puis un litre d’eau de chaux : ce litre doit décolorer dix volumes semblables de teinture bleue.
« Ainsi, dit M. Gay-Lussac, en prenant un poids de 10 gram. » de chlorure de chaux, et le dissolvant dans l’eau de manière à » former un litre de liquide , le nombre de volumes d’indigo , » ou degrés détruits par un volume de la dissolution du chlo- » rure, indiquera le nombre de dixièmes de litre de chlore que » celle-ci contient. Par conséquent, un kilog. de chlorure de » chaux dont le titre aurait été ainsi déterminé , et serait, par » exemple, de 7“, 6 ou 76/100, contiendrait 76 litres de chlore : » chaque degré vaut donc 10 litres par kilogramme, et chaque » dixième un litre.
» On obtient une plus grande précision avec une dissolution » faible de chlorure, marquant, par exemple, à 5 degrés. Si » donc après un premier essai on trouvait que le chlorure dépas- » sût de beaucoup 10 degrés, on ajouterait à ^a dissolution un ■ volume concret d’eau , soit deux fois cèlui de la dissolution ; on » en ferait ensuite l’essai , et on triplerait le nombre de degrés » trouvés pour avoir le véritable titre de chlorure. »
Il faut que l’addition du chlorure dans la liqueur d’épreuve soU faite rapidement, et on ajoute jusqu’à ce que celle-ci prenne une teinte légèrement verdâtre. Le chlore liquide peut être essayé de même j seulement il est bon de le saturer par un peu de chaux : l’eai. de javelle et le chlorure de M. Labarraque peuvent aussi être décolorés de la même manière. Voyez, pour les détails, les Annales de Chimie et de Physique,^
(») Annales de Chimie et de Physique , tom. XXVI , pag. i6g. (a) Journal de Pharmacie. Mai i8a6.