Sulfure de Mercure rouge , vulgairement nommé Cinnabre
On prend ordinairement ce sulfure dans le commerce j mais si le pharmacien préfère le préparer lui-mêmé, voici le procédé qui paraît le meilleur, et que les Hollandais, dit-on , ont coutume de suivre :
Prenez : Soufre sublimé et lavé i5o
Mercure pur. . . . ' 1,080
Exposez-les ensemble dans un vase de fer dont les bords soient médiocrement élevés , le fond plat et l’intérieur bie'n poli, à un leu suffisant pour faire entrer le soufre en fusion. Ayez soin cependant de toujours remuer, sans quoi la différence de pesanteur empêcherait les deux substances de se mêler. Au bout d un quart d heure , retirez le feu , et laissez refroidir la matière , qui a pris une couleur noire Pulvérisez-la et jetez-la immédiatement dans des creusets^ placés sur le feu, que vous échaufferez par degrés, jusqu’à ce qu’il paraisse une flamme d’un violet foncé ; et dès qu’elle est éteinte, couvrez les creusets avec
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des couvercles en fer. En continuant le feu , le cinnabre se subii mera tout entier.
3. Hydro-Sulfure rouge d’ Antimoine sulfuré, vulgairement appelé Kermès minéral.
Prenez : Eau de pluie. 1,280
Faites-la bouillir pour en chasser l’air, et dissolvez-y
Sous-carbonate de soude 128
Faites bouillir la liqueur pendant une demi-heure, en la remuant avec une spatule de bois , et y mêlant
Sulfure d’antimoine réduit en poudre très-fine ... 6
Passez-la bouillante à travers un filtre sous lequel sera placé un vase contenant de l’eau tiède, dont on ait chassé l’air, en la faisant bouillir préalablement. En tombant dans cette eau, la liqueur dépose une poudre d’un rouge foncé; décantez l’eau, après qu’elle est refroidie, et mettez-la de côté ; étalez la poudre sur une toile serrée, et versez dessus de l’eau, d’abord froide, ensuite chaude, mais toujours privée d’air par l’ébullition, jusqu’à ce que cette eau ne contracte plus de saveur. Alors soumettez-Ia à l’action de la presse, pour en exprimer toute l’eau; faites-la promptement sécher à l’ombre, et conservez-la dans un vase imperméable à la lumière.
Obs. On peut préparer, par le même procédé, le kermès minéral avec le sous-carbonate de potasse; mais beaucoup de personnes préfèrent celui qui a été fait avec le sous-carbonate de soude : elles pensent qu’il est plus constamment identique.
[Le procédé indiqué dans ce Codex est celui de Cluzel ; il donne un produit peu abondant, mais très-beau quand on a soin de recevoir la liqueur chaude dans des vases où elle puisse se refroidir avec beaucoup de lenteur.
ISota. Le kermès lavé avec de Feau chaude ou avec de l’eau froide est bien différent, car le premier n’est autre chose qu’un sulfure hydraté ou un hydro-sulfate neutre, d’après Berzelius ; tandis que le deuxième contient un excès d’oxide uni à la potasse ou à la soude, d’après ce chimiste, et combiné avec l’hydro-sulfate , d’après M. Robiquet, formant alors un soushydro-sulfale. Ce qui est certain , c’est que cet excès d’oxide est exactement la moitié en poids de celui combiné avec l’acide.
Quand le kermès a été bien séché, il ne s’altère pas sensiblement par l’action de la lumière ; dans le cas contraire, il devient blanc très-promptement.
Il est d’autres procédés pour obtenir le kermès; citons seulement les deux suivans :
p> ■emier Procédé de Maciu'!.
On pieiid :
Sous-carbonate de potasse puiiûé.- ai.
Antimoine métallique pulvérisé aSo
Soufre lavé raS
Eau ordinaire iS
Après avoir mêlé avec soin runlimoine et le soufre, on les ajoute par portions dans l’eau contenant la potasse 3 on fait bouillir quelque temps, ayant soin de remplacer l’eau qui s’évapore par de nouvelle eau; on filtre, et laisse refroidir seulement, etc. ; on réitère plusieurs fois l’ébullition.
Deuxième Procédé de M.. Fabroni. {Journal de Pharmacie, i8ri3.)
On fait fondre dans un creuset une partie de sulfure d’antimoine avec du tartre brut. Quand le tout est bien fondu, et qu’il ne se produit plus de fumée noire, on laisse un peu refroidir, et on coule dans l’eau chaude ; le kermès qui se dépose en grande abondance est lavé, séché, etc., comme ci-dessus.]
4. Hydro-Sulfure jaune d' Oxide d’ Antimoine sulfuré, communément appelé Soufre doré d^ Antimoine.
Prenez : Liqueur qui reste de l’opération précédente, après la précipitation du kermès quantité nécessaire.
Versez-y peu à peu
Acide acétique (3 degrés) quantité sufflsante.
Continuez tant qu’il se précipite une poudre jaune, que vous
conserverez dans un bocal bien bouché, après l’avoir bien lavée à l’eau froide et l’avoir fait sécher.
[Comme ces eaux mères contiennent peu de soufre doré , qui paraît n’être qu’un mélange de deux sulfures d’antimoine différens, et non pas un hydro-sulfate sulfuré, on l’obtient plus en grand en faisant bouillir :
Soufre sublimé i scr.
Chaux éteinte 2 iié.
Eau 6 parties.
puis ajoutant dans la liqueur une quantité sufflsante d’acide acétique ou hydro-chlorique.]