NEUTRALITÉ. — DEVOIRS DES NEUTRES
Avant de procéder à la vente, qui eut lieu au commencement do l'année 4825, le ministre suédois fit renouveler la proposition d^achat desdits bâtiments, au chargé d^afifaires d'Espagne qui se trouvait encore, à cette époque, à Stockholm, ainsi qu'à son suc* cesseur, M. d'Alvarado.
Sur le refus de la légation espagnole d'entrer en négociation pour l'acquisition des bâtiments désignés, le gouvernement suédois accepta les offres que lui fit la maison de commerce, établie à Stockholm, Michaelson et Benedicks; celle-ci peu après céda les bâtiments dont elle avait fait l'acquisition à la maison anglaise Barclay, Harring, Ricbardson et Compagnie, de Londres.
Or, cette dernière maison ayant, ainsi que la maison Goldsmith, de Londres, fourni les fonds de l'emprunt contracté, peu de temps avant, par le Mexique, l'Espagne crut reconnaître, dans la circonstance de l'achat des bâtiments réformés fait par la maison Barclay, Harring, Richardson et Compagnie, des mains de la maison de Stockholm , une intention de simulation ayant pour but d'éloigner la pensée que le gouvernement suédois était informé (quand il accepta les offres de la maison Michaelson et Benedicks, de Stockholm), de la destination qui serait prochainement donnée aux vaisseaux de guerre vendus par le ministre de la marine.
Pour M. d'AIvarado , chargé d'affaires d'Espagne, il ne semblait pas douteux que les bâtiments achetés, dans le principe, par la maison Michaelson et Benedicks, pour passer, peu de temps après, entre les mains de la maison Barclay, Harring, Richardson et Compagnie qui se trouvait en relations d'affaires d'argent avec la colonde révoltée, étaient destinés à renforcer les armements ma* ritimes des insurgé#de l'Amérique espagnole.
C'est dans cette conviction, fondée, disait-il, sur la notoriété publique à Stockholm, à Carlscrona, à Gothenbourg et à Londres, que M. d'AIvarado, dans la note qu'il adressa, le 4*^^ juillet 4825, à M. le comte de Wetterstedt, ministre des affaires étrangères de Suède , et par laquelle il faisait appel à la loyauté de S. M. suédoise, dont la Religion avait sans doute été surprise, conjura le gouvernement du roi de résilier les contrats de vente, et avant tout de retenir dans ses ports quatre des bâtiments vendus qui s'y trouvaient encore.
Dans sa réponse au chargé d'affaires d'Espagne, le ministre suédois déclara que si le gouvernement de S. M. suédoise avait vendu, à des 'négociations, quelques vaisseaux de guerre qu'on avait jugé à propos de réformer, on se réservant d'ailleurs la
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moitié de rarmement, il n'avait fait qu'exercer on droit que personne ne pouvait lui contester. « Son action , continuait le ministre, s'arrête là ; et si M. d'AIvarado peut ou croit pouvoir prouver que les acquéreurs ont l'intention de faire de ces bâtiments un usage pui pourrait devenir nuisible à l'Espagne, c'est auprès do gouvernement britannique que sa cour doit agir, lui seul pouvant exercer sur ses sujets la surveillance qui ^ lui conviendra. Mais vouloir, sur de simples présomptions, arrêter une vente dans la crainte d'un danger à venir, qui pourrait en résuUer , ce serait anéantir l'activité et le développement de toutes les transactions commerciales. »
A la suite de diverses notes échangées entre le ministère suédois et M. d'Alvarado, qui obtint des envoyés des Puissances amies et alliées de l'Espagne, résidant à Stockholm, d'appuyer ses réclamations, le gouvernement de S. H. le roi de Suède, voulant donner un témoignage de la bonne foi qui l'avait guidé dans toute cette affaire, consentit à résilier les contrats de vente qui avaient été passés, en dernier lieu, à l'occasion de la'Prét;oj^ofice; de VEuridice et de la CamiUe,
Cette résilialion entraîna, pour le gouvernement suédois, une perte d'argent assez considérable, que l'on a évaluée à plus de 60,000 francs.
Les membres de l'opposition, dans la Diète tenue en 4828, cherchèrent à établir que le gouvernement du roi avait violé la constitution (éternel et bannal argument de toutes les opposerons dans tous les paysl) non-seulement pour avoir vendu des bâtiments de la marine de l'État sans avoir obtenu préalablement l'assentiment des États ; mais aussi pour avoir depuis permis la résiliation des marchés et s'être soumis, de cette sorte, à une perte en argent d'un chiffre élevé. Une commission fut nommée pour examiner la conduite du gouvernement laquelle, après mur examen, fut trouvée irrépréhensible.
Les États sollicitèrent, il est vrai, du roi que S. M. voulut bien prendre les mesures nécessaires pour faire rentrer au trésor les sommes que le gouvernement avait cru devoir sacrifier, quand il se vit mieux éclairé sur les inconvénients résultant de la vente effectuée et lorsqu'il céda aux représentations diplomatiques dont cette vente était devenue l'objet ; mais la mort du comte de GederstrOm, chef de l'administration de la marine, contre lequel la dematide paraissait dirigée , mit fin à cette affaire ; elle ne fut pas reprise, en effet, dans le cours des séances de la Diète suivante.