‹ Phases et causes célèbres du droit maritime des nations (volume 2)Chapitre 54 sur 81 · FLOTILLE FRANÇAISE ARRIVANT DEVANT ANCONE EN · texte numérisé non relu

FLOTILLE FRANÇAISE ARRIVANT DEVANT ANCONE EN

Les différents postes occupés par les soldats pontificanix forent désarmés sans opposer aucune espèce de résistance ; il ne fallut que trois heures pour s'emparer de la ville" et soumettre la garnison.

A midi, le colonel Combes se porte, avec un bataillon, à la citadelle et somme le commandant de se rendre.

Sur la réponse dilatoire de celui-ci , le colonel Combes s'écrie : « Nous ne sommes point ici en ennemis de Sa Sainteté ; mais nous « ne pouvons permettre que les troupes autrichiennes qui sont « en marche, viennent occupÏBr la citadelle : de gré ou de force, «il faut qu'elle soit à nous I Voyez donc, commandant, si vous « vouiez prendre sur vous la responsabilité des hostilités qui vont fk s'engager entre le Saint-Siège et la France. Je vous donne deux « heures pour délibérer sur ma demande. J'espère que votre dé- « cision nous épargnera la douleur de voir tant de braves gens « s'entr'égorger. Dans deux heures donc, la place ou Fassaut ! Soldat <( de la vieille garde , je n'ai jamais manqué à ma parole I »

Le langage et l'attitude du colonel Combes imposèrent à la garnison : à trois heures de l'après-midi elle se rendit et le colonel, à la tête des compagnies d'élite du 66*^ régiment d'infanterie, prit possession de la citadelle.

La cour de Rome se plaignit vivement de la violation manifeste du droit des gens que la France avait commise i^ son égard ; elle se mit sous la protection de l'Autriche.

Quoiqu'il en soit, l'audace et la vigueur de ce coup de main, en rendant la France maltresse d'un point important sur le territoire italien, a probablement exercé une grande influence sur la suite des événements ; l'Autriche vit que la France était déterminée à accepter toutes les conséquences de l'acte audacieux qu'elle avait ordonné; aucun État en Europe, h cette époque, no voulait courir les chances et les hasards d'une guerre dont les proportions auraient pu devenir formidables : la paix fut conservée à l'Europe.

A son arrivée, le général de Cubières qui reçut le commandement supérieur de la garnison française d'Ancone, fit arborer le drapeau pontifical qui avait été enlevé, dans le premier moment, par les troupes ; il rétablit l'administration papale, et réprima les essais révolutionnaires qui tentèrent de se faire jour.

De son c6té, le comte de St.-Aulaire , ambassadeur de France à Rome, parvint à calmer l'irritation du Saint-Père.

Les habitants d'Ancone s'habituèrent^ très-promptement à la présence des soldats français qui leur témoignèrent une grande CassY. II. 28

434 LïVBE II. CHAPITRE XXXV.

sympathie lorsque le choléra asioHque envahit cette cité, el relevèrent leur courage par les soins qu'ils donnèrent aux AncooitaÎDS atteints par Tépidémte.

Les troupes françaises ont occupé Âncone jusqu'à la fin de Fannée 1838 ; elles partirent le 3 décembre pour retourner en France.

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