CHAPITRE XXXIV
nOTUXE FBAHÇAI8B ABBIVAHT DXYAVT iJrOOHX SV 1882.
Occupation de la ville et prise de la citadelle par les troupes de débarquement, au sein de la paix, et sans autorisation préalable du souverain ter^
ritorial.
La Romagne sollicitait des réformes administratives du Saint- Siège ; ses^ vœux n'étant pas écoutés, elle s'insurgea contre son souverain en 4834 : depuis soixante ans c'est un usage qui s'est établi parmi les peuples ; il s'est même trouvé des hommes qui ont fait un devoir de VinsurrectUm, feignant d'oublier que l'insurrection peut prendre les proportions d'une guerre civile et qu'il peot en sortir plus de mau^ pour le pays que ne sauraient en produire les fautes du gouvernement qu'il s'agit de renverser , car c'est le renversement de ce qui est, d^ l'autorité souveraine, de la dynastie régnante que se proposent toujours pour but tous les fauteurs d'insurrections. ^)
Le Pape, impuissant à réduire Tinsurrection avec les seules forces militaires qu'il possédait, réclama l'intervention de l'Autriche : six miUe Autrichiens entrèrent à Bologne le 28 janvier 483S.
La France protesta contre cette espèce d'invasion ; ses représentations restèrent sans résultat à Vienne comme à Rome.
Déjà l'opinion publique accusait le gouvernement français de manquer d énergie et de dignité ; cette arme ^appartient à l'arsenal de l'opposition depuis 4845, de mémo que l'accusation de violation de la constitution.
M Ce qui 8'eet passé en France en 1830 et en 1818 en est la preuve. Les Insur^ rectlons de la Sicile et de la Toscane , en 1818 , n'ont pas eu d'autre but Sans Tintervention armée de la France à Rome n'est-ce pas au renversement du trône du Saint-Père , comme souverain territorial , qu'aurait abouti la révolution romaine ?
Le comte d'HaassonvilIe, dans l'ouvrage qa'il a publié, en 4848' sous ce titre a Delà politique extérieure de la France dqnds 4850 1 a honorablement vei^é le gouvernement français de cette acoasation banale, injuste et sans patriotisme d'avoir manqué €t énergie et de dignité, et de s'être placé, en toutes circonstances, à h remorque de la politique étrangère , et particulièrement de la politique du cabinet britannique.
Le cabinet français songeait depuis longtemps aux moyens les plus réels et les mieux combinés, d'une part, pour s'opposer aux envahissements plus étendus, que le gouvernement autrichien pourrait être disposé à entreprendre ; d'autre part, pour assurer à la France un rôle imposant dans les délibérations auxquelles les affaires d'Italie devaient donner lieu , et dans les mesures quil importerait d'adopter dans l'intérêt de ce pays.
Le gouvernement jugea utile et opportun, en conséquence, de prendre pied sur le territoire de l'Eglise.
Une telle résolution dénote-t-elle l'absence d'énergie ?
Une flotille française, sous les ordres du capitaine de vaisseau Le Gallois, partit le 7 février 1832 de Toulon; elle se composail du vaisseau le Suffren et des frégates PArtemiee et la Ftctotre. Elle avait embarqué uniquement deux bataillons du 66® régîmeot d'infanterie de ligne , présentant ensemble une force de débar* quement de mille hommes, commandés par le colonel Combes.
C'est avec des forces aussi faibles que la France se proposait d'arrêter les projets d'envahissement que pouvait nourrir le ca* binet autrichien ; elle y réussit.
Est-ce le manque d'énergie et de décision qui a décidé te le succès? N'est-ce pas, au contraire la hardiesse du plan, et la rapidité dans l'exécution? La détermination prise par le cabinet des Tuileries ne prouvait-elle pas qu'il était prêt à accepter toutes les éventualités? L'Autriche le comprit
Le 32 février, — 44 jours après avoir mis a la voile, — la flotille française parut devant Ancone.
Les mesures furent prises immédiatement pour effectuer le dé* barquement pendant la nuit.
Une partie des troupes descendit à terre, à trois heures du matin, et se dirigea vers la ville dont les portes restèrent fer* mées.
Une des portes fut enfoncée à coups de hache {: les Français, partagées en deux colonnes, se précipitèrent au pas de course dans la ville ; on n'eut d'ailleurs à leur reprocher aucun dégât, aucune espèce de violence.