‹ Phases et causes célèbres du droit maritime des nations (volume 4)Chapitre 42 sur 66 · FLOTILLE FRANÇAISE ABBIVAKT DEVANT ANCONE EN · texte numérisé non relu

FLOTILLE FRANÇAISE ABBIVAKT DEVANT ANCONE EN

Occupation de la ville et prise de la citadelle par les troupes de débarquement» au sein de la paix, et sans autorisation préalable du. souverain territorial.

La Romagne sollicitait des réformes administratives du Saint- Siège ; ses vœux n'étant pas écoutés, elle s'insurgea contre son souverain en 4834 : depuis soixante ans c'est un usage qui s'est établi parmi les peuples ; il s'est même trouvé des boounes qui ont fait un devoir de Vinsurrection , feignant d'oublier que l'insurrection peut prendre les proportions d'une guerre civile et qu'il peut en sortir plus de maux pour le pays que ne sauraient en produire les fautes du gouvernement qu'il s'agit de renverser, car c'est le renversement de ce qui est, de l'autorité souveraine, de la dynastie régnante que se proposent toujours pour but tous les fauteurs d'insurrections. ^)

Le Pape, impuissant à réduire Tinsurrectlon avec les seules forces militaires qu'il possédait, réclama l'intervention de l'Âutricbe : six mille Autrichiens entrèrent à Bologne le 28 janvier 4832.

La France protesta contre cette .espèce d'invasion ; ses représentations restèrent sans résultat à Vienne comme à Rome.

Déjà l'opinion publique accusait le gouvernement français de manquer d'énergie et de dignité ; cette arme appartient à l'arsenal de l'opposition depuis 4815, de même que l'accusation de viola* tion de la constitution.

^) Ce qui s'est passé en France en t830 et en 1848 en est la preuve. Les insur-' rections de la Sicile et de la Toscane , en 1848 , n'ont pas eu d'autre but. Sans l'intervention armée de la France à Rome n'est-ce pas au renversement du trône du Saint-Père , comme souverain territorial , qu'aurait abûttti^ la révolution romaine ?

Digiti

Le comte d'Haussonville, dans l'ouvrage qa'il a pablié, en 4848* sous ce titre « De la politiqtie extérieure de la France depuis 4850 » a honorablement vengé le gouvernement français de cette accusation banale, injuste et sans patriotisme d'avoir manqué d'énergie et de dignité, et de s'être placé, en toutes circonstances, à la remorque de la politique étrangère , et particulièrement de la politique du cabinet britannique.

Le cabinet français songeait depuis longtemps aux moyens les plus réels et les mieux combinés, d'une part, pour s'opposer aux envahissements plus étendus, que le gouvernement autrichien pourrait être disposé à entreprendre; d'autre part, pour assurer à la France un rôle imposant dans les délibérations auxquelles les affaires d'Italie devaient donner lieu , et dans les mesures qu'il importerait d'adopter dans l'intérêt de ce pays.

Le gouvernement jugea utile et opportun, en conséquence, de prendre pied sur le territoire de l'Eglise.

Une telle résolution dénote-t-elle l'absence d'énergie ?

Une flotille française, sous les ordres du capitaine de vaisseau Le Gallois, partit le 7 février 18321 de Toulon; elle se composait du vaisseau le Suffren et des frégates rArtemise et la Victoire. Elle avait embarqué uniquement deux bataillons du 66^ régiment d'infanterie de ligne , présentant ensemble une force de débarquement de mille hommes, commandés par le colonel Combes.

C'est avec des forces aussi faibles que la France se proposait d'arrêter les projets d'envahissement que pouvait nourrir le cabinet autrichien; elle y réussit.

Est-ce le manque d'énergie et de décision qui a décidé le le succès? N'est-ce pas, au contraire la hardiesse du plan, et la rapidité dans l'exécution ? La détermination prise par le cabinet des Tuileries ne prouvait-elle pas qu'il était prêt à accepter toutes les éventualités ? L'Autriche le comprit.

Le 22 février, — H jours après avoir mis a la voile, — la flotille française parut devant Âncone.

Les mesures furent prises immédiatement pour effectuer le dél)arquement pendant la nuit.

Une partie des troupes descendit à terre, à trois heures du matin, et se dirigea vers la ville dont les portes restèrent fermées.

Une des portes fut enfoncée à coups de hache [: les Français, partagées en deux colonnes, se précipitèrent au pas de course dans la ville ; on n'eut d'ailleurs à leur reprocher aucun dégât, aucune espèce de violence.

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