‹ Phases et causes célèbres du droit maritime des nations (volume 4)Chapitre 43 sur 66 · FLOTILLE FRANÇAISE ARRIVANT DEVANT ANGONE EN · texte numérisé non relu

FLOTILLE FRANÇAISE ARRIVANT DEVANT ANGONE EN

Les différents postes occupés par les soldats pontificaux furent désarmés sans opposer aucune espèce de résistance ; il ne fallut que trois heures pour s^emparer de la ville et soumettre la garnison.

 midi, le colonel Combes se porte, avec un bataillon, à la citadelle et somme le commandant de se rendre.

Sur la réponse dilatoire de celui-ci , le colonel Combes s'écrie : « Nous ne sommes point ici en ennemis de Sa Sainteté ; mais nous Cl ne pouvons permettre que les troupes autrichiennes qui sont « en marche, viennent occuper la citadelle : de gré ou de force, ftil faut qu'elle soit à nous I Voyez donc, commandant, si vous « voulez prendre sur vous la responsabilité des hostilités qui vont « s'engager entre le Saint-Siège et la France. Je vous donne deux « heures pour délibérer sur ma demande. J'espère que votre dé- « ctsion nous, épargnera la douleur de voir tant de braves gens « s'entr'égorger. Dans deux heures donc, la place ou l'assaut I Soldat « de la vieille garde , je n'ai jamais manqué à ma parole f »

Le langage et l'attitude du colonel Combes imposèrent à la garnison : à trois heures de l'après-midi elle se rendît et le colonel, à la tête des compagnies d'élite du 66* régiment d'infanterie,, prit possession de la citadelle.

La cour de Rome se plaignit vivement de la violation manifeste du droit des gens que la France avait commise h son égard ; elle se mit sous la protection de l'Autriche.

Quoiqu'il en soit, l'audace et la vigueur de ce coup de main, en rendant^ la France maîtresse d'un point important sur le territoire italien, a probablement exercé une grande influence sur la suite des événements ; l'Autriche vit que la France était déterminée à accepter toutes les conséquences de l'acte audacieux qu'elle avait ordonné ; aucun État en Europe , à cette époque , ne voulait courir les chances et les hasards d'une guerre dont les proportions auraient pu devenir formidables : la paix fut conservée à l'Europe.

A son arrivée, le général de Cubières qui reçut le commandement supérieur de la garnison française d'Ancone, fit arborer le drapeau pontifical qui avait été enlevé, dans le premier moment, par les troupes ; il rétablit l'administration papale, et réprima les essais révolutionnaires qui tentèrent de se faire jour.

De son côté, le comte de Sti-Aulaire , ambassadeur de France à Rome, parvint à calmer l'irritation du Saint-Père.

Les habitants d'Ancone s'habituèrent très-promptement à la présence des soldats français qui leur témoignèrent une grande CussY. II. 28

Digiti

sympathie lorsque le choléra asiatique envahît cette cité, et relevèrent leur courage par les soiDS qu'ils donuèreut aux ÀncoDltaiDS atteÎDts par répidémie.

Les troupes françaises ont occupé Âncone jusqu^à la fin de Tannée 4838 ; elles partirent le 3 décembre pour retourner en France.

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