‹ Phases et causes célèbres du droit maritime des nations (volume 4)Chapitre 50 sur 66 · SIXIËMIS ÉPOQUE DU MOIT MARITI^ DES NATIONS · texte numérisé non relu

SIXIËMIS ÉPOQUE DU MOIT MARITI^ DES NATIONS

ligue do prinees contre le prince qui les avait vaincus souvent, humiliés quelquefois (ce qui fut son plus grand tort), et qui, pendant douze afmées^ a pu être considéré par les peuple comme ayant été envoyé sur la terre pour présider à ses destinées.

Pour nous, -^ dans cet ouvrage, — V époque contemporaine ne remonte pas au-delà du mois de mars 4844, et si Ton jette un cotfpt d'œil d'ememble sur les trente-six années qu'elle embrasse, on reconnaîtra qq^il serait difficile de rencontrer, dans Thistoire, une série de faits aussi majeurs réserrés dans une limite de temps aussi restreii^.

Elle s'ouvre par le succès de la cocUition des rois de l'Europe, dont les forces colossales et les efforts réunis finissent par dompter le ^ant delà gloire, que des prodiges de génie, que de savantes manœuvres stratégiques, que des avantages militaires, répétés, pendant la courte campagne de 4844, n'ont pu sauver. Dieu qui semblait ne plus étendre sa main sur lui, permit que Napoléon fui vaincu, que l'ancienne race des rois de France retrouvât Je

trène d^ ses ayeux, pour le perdre encore plus tard 1

que la Franee, fléchissant sous le nombre, se vit enlever les conquêtes qu'elle devait à son épée;

Napoléon ne pouvant supporter, toute une année, l'çxil que lui avaient imposé ses ennemis, et prévenu secrètement, a-t-on dit,, qu^il était question, à Vienne, où un congrès de souverains et d'ambassadeurs se tenait, de le tronsporter sur un point éloigné des c6tes d'Esope, se décide à partir pour la FraJBce: il échappe à la surveillance des croisières, il débarque à jCannes, son aigle « vole de clocher en clocher jusqu'aux tours de Notre- «Dame» (selon l'expres^on pittoresque de la proclamation qu'il adressa aux Français en posant le pied sur le sol dala France), et,' pendant cent jours, Napoléon peut encore se croire. maître de ses destinées. Mais vaincu à Waterloo, moins par les forces de ses ennemis qui doutèrent longtemps du succès, que par la mauvaise fortune qui voulut qu'un corps d'armée attendu sur un point, ne se présenta pas dans le temps voulu. Napoléon, battu, pour la première fois, m bataille rangée, perdit définitivement le trône.

Il crut à l'ho^italité de l'Angleterre ; il se rendit avec confiance à bord du BeUérophon ; il s'y considérait comme hôte et passager : on lui fit connaître qu'il y était prisonnier.

Tout le monde sait de quels ignobles, procédés il a été la victime, à St.-Hélène, où il mourut le 5 mai 4824. La dépouille mortelle du grand homme fut rapportée en France, à bord de la

SSè UVRE U. CHAPITRE XXXVUL

BeUe-P&iÊk, commandée par le prince de Jdnville^ Irdsième fils du roi Loais-Phflippê ; arrivée à Cherbourg , le 30 novembre 4840, et conduite à Paris, elle fut déposée le 45 décembre suivant dms l'église de VhàuA des invalides , entourée des glorieux débris des armées impériales et sous le dais magnifique formé par les nombreux drapeaux enlevés à Fennemi.

L'année 4844 avait marqué la chate de l'empire français; l'année 4815 vit la reconstruction de toutes les aneienffes sou» verainetés.

Le congrès tenu à Vienne dans le but de rétablir l'équilibre politique européen, a été suivi de trois autres congrès: en 4848, à Aix-la-Chapelle, pour décider l'évacuation de la France par l'armée d'occupation laissée dans ce pays par la coalition, à la suite du succès militaire obtenu par. les Puissances alliées à Waterloo, le 48 juin 4845; — en 4830, à Troppau (congrès transporté, en 4824 , à Laybach , tenu à l'occasion de la révolution qui avait éclaté à Naples; — en 48â2, à Vérone, pour les afiEaires d'Espagne.

Jusqu'à la fin de l'année 4847, c'est-à-dire pendant SS années, il y a eu paix et alliance ^itre les souverains eurc^éens ; partout on a vu, pendant ce temps, fleurir l'agriculture, l'industrie, le commerce et les arts. Cette époque, si quelques hostilités locales et partielles n'en avaient interrompu lé calme, aurait pu être considérée comme le commencement de la paix perpétudie, ce rêve de l'imagination honnête de quelques anus de Vfaumanité.

Mais les peuples , pour qui la paix est le plus grand des bienfaits, puisqu'elle permet aux gouvernements de s'occuper àù leur prospérité, de leur instruction, de leur bien-être intellectuel, moral et matériel ; les peuples ont une facilité malheureuse à renoncer à la proie pour son ombre I Agités par des sophistes, par des ambiti^xx, par des gens envieux qui n'ayant pas^ su trouva, dans la société, la place qu'ils auraient voulu y occuper, se sont tournés contre elle; excités par de petUs rhéteurs qui flattent les passions et les mauvais instincts de la multitude, les peuples se sont faits, pendant les trente-six années dans lesquelles nous renfermons l'époque contemporaine, les instruments dociles de ces qudques meneurs, amateurs de désordres, tout en se couvrant du manteau du bien public, et qui, seuls et réels fauteurs des troubles qui ont éclaté en Europe et ailleurs, ont arrêté, dans sa marche, sur plusieurs points , le char de la civilisation et les progrès de la prospérité universelle.

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