SIXIÈME ÉPOQUE DU DROIT MARITIME DES NATIONS
française en Algérie a fait Padmiration de l'Europe : qu'il nous soit permis de consigner ici ^ quelques mots que nous avons, à son sujet, recueillis des lèvres de Tempereui* Nicolas, à Palerme, en 4 845 , mots qui étaient fort doux pour les oreilles et pour le cœur d'un Français. Il était question des rares occasions, qu'avaient eues, depuis 1845^ les armées européennes d'étudier la stratégie pratique , autrement que sur le champ d'exercice , et il venait d'être dit que l'école réelle du soldat se trouvait actuellement transportée au Caucase, aux Indes *Orien taies et en Afrique. « Ah I parlez-moi de l'armée française » , s'écria l'empereur Nicolas ; « j'en ai toujours été et j'en suis toujours un grand admira^ « teor, bien que nous ayons plus d'une fois appris à l'estimer à c( nos dépens. Quels soldats toujours I ...... quelles troupes que celles
« qui agissent en Algérie I L'armée française a conservé les
<( bonnes traditions : discipline par&ite, bonne tenue, intelligence, (( habileté ...... ; et comme il y a de ça chez tous ces admirabks
(( soldats / » Et l'empereur qui avait prononcé cette phrase avec un réel entraînement, en dfeant ces derniers mots frappait avec force et animation sur son cœur où tout ce qui est beau, noble et grand trouve un juge impartial et un écho.
Le tableau des événements politiques nombreux qui se sont développés sous nos yeux pendant les trente-six dernières années, quelques-uns grands, majestueux, illustres, d'une immense portée ; plusieurs autres, tout aussi immenses dans leurs résultats j mais d^lorahles, mais issus des mauvaises passions, des instincts ambitieux et destructeurs d'un petit nombre d'hommes ardents qui ne savent qu'abattre et jamais édifier, et qui prennent les combinaisons fantastiques de leur cerveau malade pour des systèmes créateurs et conservateurs. Ce tableau , bien que réduit à une esquisse fort incomplète, n'appartenait pas strictement au plan de notre ouvrage ; nous accepterons donc, en toute humilité, le reproche qu'on pourra nous faire de l'y avoir introduit, si nous n'avons pas réussi, ea le traçant, à arrêter avec intérêt la pensée du lecteur sur notre histoire contemporaine, et à provoquer quelques instants de méditation en rappelant, d'une part, les grandes leçons que Dieu a données aux nations devenues partout inquiètes, et plusieurs parmi elles ingouioemables parceque leurs sentiments religieux se sont affaiblis, et parcequ'eUes ont perdu tout respect pour le principe d'autorité et pour les utiles traditions, sans lequel toute société doit marcher vers la décadence; — d'autre part, les calamités que Dieu leur a infligées en permettant, à diverseiî reprises, que plusieurs générations de nobles et
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généreux prinees prissent la route de Pexil, et cfu'un saint Pontife fat obligé, pour se soustraire aux outragtô, à la mort peatétre, de quitter secrètement la métropole de la Chrétienté.
En permettant que le cahos vint, à la voix de quelques fous et de quelques médiants qui l'ont évoqué, prendre la place de l'ordre, confondre toutes les idées, effacer les derniers vestiges du sentiment du juste et de Pinjuste, affaiblir, de plus en plus, le sens moral.
Enfin, en permettant qu'un mal mille fois plus déplorable, mille fois plus nuisible que le Choléra (qui trois fois a visité rEuropCy en vingt ans), le mcd de la politique, vint faire délirer tous les cerveaux, obscurcir les meilleurs esprits, éveiller les plas mauvaises passions, et porter les peuples (excités et entraînés par les mots talismaniques de liberté, d'égalité, d'indépendance, de bonheur du peuple, etc., prononcés par les meneurs qui n'agitent les populations que pour faire tourner Tagitation publique au profit de leur propre ambition) ; et porter les peuples , disons-^nous, à sacrifier, en toutes circonstances, à la poursuite d'un bien-être imaginaire que les rhéteurs démagogues leur promettent, le bien-être réel dont ils sont en possession , ' bien-être que la tranquillité intérieure du pays , ainsi que la paix extérieure auraient contribué à accroître chaque jour, par Tessor que la Iranquillilé publique , l'ordre et la paix impriment à l'industrie , au commerce, à l'agriculture, aux sciences, aux arts, au luxe qui profite à tous, à la charité elle-même qui est appelée à soulager de si nombreuses infortunes privées au sein même de la prospérité générale. ( Voir note XV.)
Toutefois, s'il faut présenter des motifs pour nos faire pardonner le tableau qui précède parce qu'il senîble étranger au but de notre travail, nous dirons que du milieu même de ces grands événements , de ce grand mouvement des esprits et des intelligences, à tous les degrés de l'échelle sociale, sont sortis des faits et des principes qui se rattachent d'une manière absolue à la pensée première de ce livre: Parler des uns, c'était uniquement indiquer et figurer le cadre dans lequel les autres ont trouvé place.
Ce sont, notamment:
le principe de la libre navigation des fleuves (Livre 1, titre II,
§ 57, et Livre II, chap. XXVIII ; l'abolition de la traite des noirs, et la visite des bâtiments soupçonnés de se livrer à la traite (Livre I, titre II, § 64, et Livre II, chap. XXXI);
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