GLOBULAIRE
Depuis que l'attention a été appeli
sur les éclairs en boule ou globes fulmt a fait une classe à part', de nouves de ces phénomènes remarquables on et d'anciennes observations ont été divers auteurs.
Nous en avons déjà cité un certain le premier chapitre de cet ouvrage; r
1 Nolia mr le teuiurrc. publiée en 1S3S, dans V.
tons ici quelques autres qui peuvent s'exf également par les considérations que nous exposées § l à § 43.
Le 3 juillet 1725, un orage ayant fondu territoire d'Aynho, dans le Northamptonsh tonnerre tua un berger et cinq moutons. A' fort de la bourrasque, le Révérend Joseph i vit un globe de feu gros comme la lune, et en le sifflement qu'il produisait dans l'atmosphi passant au-dessus de son jardin '.
Le I " mai 1 746, la foudre atteignit l'église terwahla en Westmanie. Aussitôt après le la femme du sonneur et sa servante entrèren l'église. Elles y avaient fait à peine cinq ou s:
■ Voir % \6, p. }6.
* Ktt%o,Nolkt air Iclonnerrt,
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qu'elles furent épouvantées par un seo tonnerre et virent une grosse masse < du plancher de l'église et se diriger sur laquelle elles venaient d'entrer; toutes dirent un bruit semblable à celui d'un même instant le vicaire, qui était dan; presbytère, vit un globe de feu sortir d l'église que le premier coup de foudre i et s'évanouir dans l'air '.
Le 16 janvier 1770, vers 9 heure Chemnitz, en Hongrie, au milieu d'ur d'éclairs très vifs, la foudre tomba so d'un globe de la grosseur d'un tonne dant que cette énorme masse de feu airs, on entendit un sifflement aigu c d'une explosion semblable à celle du plus violent, La tour de la principale é dommagée par la chute du météore ^
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cier d'artillerie, raconte pinal, étant près d'une . il vit un ghbe de feu : environ, qui s'élevait angle de 50 à 60°, et e à celui des fusées d'aril éprouva une commoil s'en ressentit pendant n qui suivit de près cette celle d'un mortier'.
heures du soir, au milieu subitement étinceler les a grande cloche placée aie de Sienne, immëdiaed du paratonnerre, et lU-dessous de l'horloge.
RELATIONS DE DIVERS CAS
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un globe de feu de couleur pourpre, qui, après avoir parcouru le conducteur fixé le long du mur, s'ensevelit en terre. Mais avant d'entrer dans la rainure pratiquée dans le mur et qui logeait le conducteur, ce globe de feu lança plusieurs grosses étincelles qui tombaient sur ce pavé et qui turent comparées aux étincelles qui tomberaient d'un tison bien allumé, et qu'on frapperait contre un mur. Etait-ce des portions du globe de feu ou des parties de fer en fusion * ? Il se répandit dans la petite rue une fumée qui avait une forte odeur de soufre. (Sestier,. d'après le professeur Pistoi, 1. 1. p. 130.)
Pendant un orage du mois de juin 1829, trois personnes étaient assises dans la cuisine d'une auberge, près de Montmouth, lorsque tout à coup
^ San> aucun doute, ces étincelles étaient ici des particules de fer en fusion., provenant de l'action calorifique exercée par le courant, fulminant à ia surface du conducteur en fer. Dans notre expérience d'un globule de feu parcourant la surface d'un condensateur, lorsque la décharge de la batterie a toute sa puissance, et qu'il y a beaucoup d'électricité en jeu, le globule projette aussi, dans sa marche,. des étincelles formées de particules d'étain fondu.
elles entendirent deux violents coups de tonne et virent immédiatement après un globe de feu c grosseur d'un crtckel-ball, d'un rouge cramoh plus brillant que le feu ordinaire, entrer par porte de derrière qui était ouverte, traverse cuisine, enfiler un couloir et sortir par la portt la façade '.
Dans le terrible ouragan de la Barbade.en \i. on vit à Saint-Vincent des météores de feu ton' du ciel ; un surtout, sous la forme d'un globe an et d'un rouge vif, descendit perpendîculairen: d'une immense hauteur '.
Le !'''■ juin 1886, à Grand-Spauren (Limboi Belgique), une grange, couverte de tuiles, a incendiée par la foudre. Un témoin a observé qi
' Sistier, d'après Howard.
' W. Reîd, Tbéoru âii oraga.
3 Nous avons obtenu également, dans nos expériences, des i di /Vil owilis, ïnimée» d'un mouvement gyratoire. (Voir g 4, p.
ment où la foudre frappait la grange, elle affecla forme d'une boule ovale '.
\. yUlers-k-Peuplier, le 2 septembre 1 886, une me a vu sur le faîte d'une maison incendiée une le de feu ovale, d'une grosseur de 15 centimètres iron, tourner quelques instants sur elle-mme^.
)utre l'exemple que nous venons de citer, on irrait en signaler un très grand nombre de cas; is mentionnerons encore le suivant : ■e 28 août 1839, au milieu d'un violent orage, it les nues noires et surbaissées touchaient pres- ! au sommet des bâtiments, la foudre tomba au ieu de la cour du bureau central de l'octroi de la e de Paris, encore inachevé. Cette foudre avait
Voles sur la obstnaliom des caips de foudre en Belgiqui. f« vTUi, ingénieur en chef des Télégraphes (Bullrlin de la Suditè d'èleclricieia, t. IV, s«pt.-oct. 1887, lablfau n' 3). V.^vtui, BulUtM delà S<Kièlébeigedéltclricieiis,t.]V,f.}0o. Voir S 18, p. }^.
la forme d'un gros globe de jeu, et elle était accompagnée d'une tramée de vapeur : elle frappa le sol formé de remblais nouveaux, elle y creusa un enfoncement de 1 8 centimètres de diamètre ; elle s'y agitait violemment e«/oHfïwn/stff g/fe-m^m^, enleva les terres meubles, puis elle rejaillit pour retomber à ; mètres plus loin, où elle fit une nouvelle excavation de 9 centimètres de diamètre s'agitant toujours violemment. Ce globe de feu sauta bientôt de cette excavation sur le mur de clôture, dont il suivit le chaperon dans une longueur d'environ jo mètres. Arrivé à l'angle du mur, en face de l'hôpital Saint-Louis, ce globe, déjà très diminué de volume, s'élança dans la rue sur le pavé mouillé par la pluie; il s'y traîna en long sillon serpentant, traversa la porte cochère de l'hôpital, et disparut au milieu de la cour, en face de l'église.
A mesure que le temps s'écoulait, on voyait sa masse s'amoindrir; lorsqu'elle arriva au milieu de la cour de l'hôpital Saint-Louis, ce n'était plus qu'une lanière mince, peu lumineuse, qui disparut tout à coup.
RELATIONS DE DIVERS CAS
Au moment de la chute de ce globe de feu dans la cour de foctroi, tous les ouvriers et les employés qui s'étaient mis à Tabri sous les hangars ressentirent une vive commotion électrique, et tous furent impressionnés par la forte odeur sulfureuse qu'il laissa après lui^
Exemples de la marche lente et capricieuse des globes* fulminants^.
Un jour du mois de juillet 1744, vers midi, un nuage menaçant arriva au-dessus de Knifwingsgute ; le tonnerre se rapprochait peu à peu. Une paysanne était occupée à faire cuire quelques mets sur le foyer de la cuisine, lorsque le tonnerre éclate, et elle vpit une boule de feu de la grosseur du poing descendre par la cheminée, passer entre ses pieds sans la blesser, et continuer sa route sans incendier, sans même renverser le rouet et divers autres objets qui se trouvaient sur le plancher. Effrayée,
i Amédée Guillemin, Le Monde phyUqtiet t. III, p. 492, 1883. Hachette et C'«.
2 Voir § 20, p. 38.
elle se précipite vers la porte; mais au moment où elle rouvre, la boule de feu vient en sautillant, pénètre dans une pièce qui s'ouvrait au dehors, la traverse, franchit la porte, arrive dans la cour, entre dans une grange, remonte le mur du fond et, arrivée au-dessous du bord du toit de chaume, elle éclate et se disperse avec un bruit terrible; le feu prend à la grange et la réduit promptement en cendres*. (Sestier, d'après Nicol. Palmstiern )
A Hautefeuille (canton de Charny, Yonne), la foudre tomba sur un gros chêne dont Técorce fut séparée du bois. Sous la forme d'un globe de feu de 50 centimètres environ de diamètre, le météore roula sur le sol, se dirigea vers la cour d'une ferme située à plus de 300 mètres, menaçant de pénétrer dans une grange, et comme après un moment d'hésitation, se précipita dans un abreuvoir où il
i Ce cas est tout à fait identique a celui qui a été communiqué par Babinet à rAcadémie des sciences le 5 Juillet 1852 et que nous avons rappelé page 43. Le globe de feu passa près des pieds d'un ouvrier tailleur, témoin du phénomène, sans le blesser.
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disparut. Il avait l'air de tourner avec une grande rapidité sur lui-même et semblait lancer tout autour de lui la terre du sillon qu'il creusait dans le sol en brûlant ï berhe sur tout son parcours. Aucun vestige de fumée ne fut laissé derrière lui. La durée de cet imposant spectacle, autant que l'émotion des témoins leur permit de l'apprécier, depuis le moment de la chute de la foudre sur le chêne jusqu'à la disparition du globe de feu dans Tabreuvoir, leur parut être de plus d'une minute*. (Séguier.)
Exemples de globes fulminants formés dans les nuages 2.
Le R. p. de Lozeran du Fesc, professeur de mathématiques à rUniversité de Perpignan, dans une
* Ces momznti d'hésitation, ce sillon creusé, la durée du phénomène, etc., se retrouvent également dans la marche du globule de feu ambulant que nous avons décrit § 8, pages 21 et suivantes. Dans notre expérience, le globule de feu, après avoir cheminé quelques instants dans une direction, reparaît tout à coup sur un autre point, comme s'il avait fait un bond. Ses caprices sont identiques à ceux des globes fulminants naturels.
2 Voir § 9, p. 26, et § 23, p. 48.
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lettre adressée en 1727 à M. Sarrau, secrétaire de TAcadémie des belles-lettres, sciences et arts de Bordeaux, faisant suite à une dissertation sur la cause et la nature du tonnerre et des éclairs, couronnée par l'Académie, cite le cas suivant de fbudre globulaire * :
« C'était le 2 ou le 3 du mois de septembre 1 7 16, vers les 3 heures de l'après-midi ; deux voyageurs descendaient du haut du Cantal pour aller aux Eaux de Vie. Le temps était serein et très chaud. Ils aperçurent en bas, vers le milieu de la montagne, un brouillard qui couvrait tout le vallon. Au-dessus du brouillard s'élevaient une quantité de feux; d'autres serpentaient dans la nuée. On entendait en même temps un grand bruit, quoique moindre que le bruit ordinaire du tonnerre. La variété et les divers mouvements de ces feux qui ressemblaient tantôt à des gerbes de fusées, tantôt à des serpenteaux qui coupaient la nuée en mille sens différents,
i Paris, 1727.
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offraient aux yeux un objet très agréable.
elle-même donnait un assez beau spectacl ondées qui paraissaient sur sa surface,
« Quand les deux voyageurs furent ent la nuÉe, ils sentirent l'air devenir froid. Le lard était si épais que l'un d'eux ne voyait cheval qu'il menait par la bride. Le mêmev vit quantité de corps globuleux quivoltigeat la nuée, les uns allant d'un côté, les a l'autre. Leur couleur était d'un rouge o la compara au feu bleuâtre de la flamme d allumé, ils tournoyaient avec beaucoup de autour de leur centre. Leur volume n'était f il y en avait de grands et de petits. Il ei petit croître considérablement en fort peu d Lorsque ces boules passaient, il tombait de de pluie aux environs, mais qui étaient i plusgrosses au-dessous de ces boules, ce marqua lorsqu'il en passa quelqu'une au-c sa tête'.
I Cette observilion est tris importante. Elle concordi -^ipiriences (voir g 44, p. 77), dans lesquelles nous «von
«Il observait les jeux de ces boules, lorsqu il en vit une s'ouvrir à sept ou huit pas de lui, et laisser
i couler en s'ouvrant une flamme très belle. Ce globe pouvait avoir environ 2 pieds de diamètre. En s ouvrant il fit un bruit pareil à celui d'une livre de poudre à canon qu'on jetterait dans le feu et l'instant d'après ce fut un bruit de tonnerre épouvantable ' .
« Les deux voyageurs se sentirent poussés et secoués et commencèrent à humer un air infecté. Quand ils furent hors de la nuée, ils virent tomber des gouttes fort grosses, mais qui n'avaient
, point de force. Ils entendaient toujours gronder le
[ tonnerre, et avec beaucoup plus de bruit que lors-
i qu'ils étaient au-dessus de la nuée. Les éclairs de \ même leur parurent alors avoir beaucoup plus d'éclat et de vivacité. Le tonnerre, qui tomba en
projection de grosses gouttes liquides, sous l'action de décharges électriques, et, par suite, appuie notre théorie de la formation des grosses pluies d'orage, ou de la grêle si les nuages sont très élevés, ■ et à une basse température. (§ 48, p. 83, et § 63, p. 96.) * Voir § 25, p. 50.
G. Planté, Phén. électriq. 14
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deux ou trois endroits aux environs, brûla quelques arbres et mit le feu à quelques chaumières. L'inondation fut terrible, »
Dans la relation d'un orage qui, en décembre 1852, fit beaucoup de dégâfs près de Ludgvan (Cornouailles), M. Borlase dit qu'on aperçut à plusieurs reprises des boules de feu parfaitement distinctes se précipiter des nuages vers la terrée
Un soir, à Tile de France, en 1870, les nuages, comme on pouvait en juger par les montagnes du port, descendirent jusqu'à la faible hauteur de 400 mètres. La pluie fut très abondante. II éclairait beaucoup, mais les éclairs, dit Tacadémicien Le Gentil, loin de ressembler aux éclairs ordinaires, n'étaient autre chose que de très gros globes de feu qui paraissaient subitement et disparaissaient de même sans explosion *.
Le 20 juin 1772, pendant qu'un orage grondait
^ Arago, Notice sur le tonnerre.
2 Arago, Notice sur le tonnerre.
sur la paroisse de Steeple-Aston (Wiltshire), on vit dans les airs un globe de feu osciller pendant assez longtemps au-dessus du village, et se précipiter ensuite verticalement sur les maisons, où il produisit beaucoup de dégâts *.
Le 1" mars 1774, près de Wakefield, à la suite (ïun violent orage, lorsquMl ne restait plus dans tout le ciel que deux nuages peu élevés au-dessus de rhorizon, Nicholson vit des météores semblables à des étoiles filantes, descendre du nuage supérieur au nuage inférieur.
En septembre 1780, M. James Adair, d'East- Bourn (Sussex), vit plusieurs globes de feu tomber d'un gros nuage noir dans la mer.
« Le 22 septembre 1803, à 7 heures du soir, à Belfort, N.-C.-Louis Ordinaire vit, par un ciel très obscur, un globe de feu qui sortit d'un nuage au zénith et se précipita dans un autre. Il était
* Arago, Notice sur le tonnerre.