‹ Phénomènes électriques de l'atmosphèreChapitre 15 sur 33 · TV · texte numérisé non relu

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d'une couleur rouge jaunâtre extrêmement brillante * . »

Exemples de globes de feu produits par influence

ou de flammes produites dans les mêmes conditions^.

Après avoir cité un grand nombre d'exemples d'aigrettes et de feux Saint-Elme, Arago ajoute :

Par des circonstances atmosphériques toutes pareilles, du moins en apparence, et pendant des orages d'une égale intensité, les feux dont nous venons de nous occuper peuvent avoir des formes dissemblables ; souvent ils ressemblent à des aigrettes ; parfois aussi leur lumière se trouve concentrée en un petit globe, sans aucune trace de jets divergents.

Au lieu de simples aigrettes, on a vu quelque-

i Magaz. Encych, t. III, p. 537(1803). — Sestier et Méhu, De la foudre, p. 124, Paris.

2 Voir§ 22, p. 45; § 33. p. ^5-

fois des lueurs assez étendues et assez brillantes pour qu'on ait pu les comparer à des flammes.

Maffei, au château de Fordinovo, en 1713, vit, pendant un orage, apparaître sur les dalles d'une salle du rez-de-chaussée une flamme vive très agitée qui disparut subitement comme elle était venue ; au même instant, il entendit un bruit assez fort, et des plâtras se détachèrent de la voûte.

L'abbé Jérôme Lioni de Ceneda observa, près de Venise, pendant un orage des plus furieux, une flamme très vive qui s'éleva rapidement de terre à une -hauteur de deux coudées, et disparut subitement avec une violente explosion *.

Lors d'un violent orage qui éclata un soir sur Paris, en 1874, M. Montreuil, directeur de l'imprimerie de M. Gauthier-Villars, se trouvant sur la place Saint-Michel, nous a relaté qu'il avait vu, sur plusieurs points de la place, des flammes électriques jaillir du sol inondé par une pluie abon-

i P.-A. Daguin, Traité àt physique, 4« édition, t. III, p. 253 et suiv. Paris, 1879.

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dante, et présentant un aspect analogue à un bol de punch enflammé.

Exemples de globes fulminants disparaissant

sans explosion.

En 1841, à Milan, on vit, pendant un violent orage, un globe de feu ayant la grandeur et Téclat de la lune, parcourir une rue avec assez de lenteur pour que des curieux aient pu le suivre en marchant. Ce globe, s élevant peu à peu, vint heurter la croix d'une église, et là disparut subitement en produisant un bruit sourd.

Le I'' juin 1886, à Moha (Belgique) le chef de station a vu, au moment de la décharge, une boule de feu monter le long du poteau d'arrêt, muni d'un paratonnerre, situé en face de la gare, suivre le fil des sonneries vers le bâtiment et disparaître au moment où elle atteignait la sonnerie de station vers Huccorgne, sonnerie qui n'a pas été endommagée ^

* F. Evrard, Coups de foudre en Belgique,

■pp^'^^^^ •

A Huccorgne, en Belgique, le même jour, un garde-route, qui se trouvait à 50 mètres environ du bâtiment de la station, a vu devant le bureau, au moment de la décharge, une gerbe de feu, puis immédiatement après, à terre, une boule de feu, de I 3 à 20 centimètres de diamètre, qui s'est élevée à Tjne hauteur approximative de 50 mètres et a disparu.

M. Antoine Abbadie avait observé de même, en Ethiopie, vers 1847, tin globe de feu qui descendit jusqu'à \2 mètres de distance d'une mare, puis remonta et fut perdu de vue à 50 mètres de hauteur.

« Le 24 avril 1887, à Mortrée (Orne), éclata •entre 3 et 7 heures du soir, un orage d'ouest-sud- •ouest d'une extrême violence.

« La foudre pénétra dans une maison par la chejninée et sortit dans la rue en perçant un mur en Jbrique de trois trous, au ras du sol.

« Derrière cette habitation, une personne était

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dans une étable, et se disposait à traire une vache. Une boule de feu entre par la porte, passe entre les jambes de l'animal et disparaît sans laisser de traces et sans causer de dégâts.

« Pendant cet orage, les coups de tonnerre n'étaient pas précédés des roulements habituels ; ils éclataient brusquement comme des décharges de mousqueterie et se succédaient à de courts intervalles*. »

Lors d'un orage qui éclata, à Tours, le i" février 1884, on observa, dit *M. de Tastes^, de ces éclairs globulaires qu'on voit circuler quelquefois sous forme de niasses sphéroïdes lumineuses, qui se meuvent avec assez de lenteur pour qu'on puisse en suivre la capricieuse trajectoire, qui apparaissent subitement dans les habitations, disparaissent parfois sans bruit, et parfois aussi éclatent comme des obus. Ceux qui furent observés à Tours appar-

1 Annales télégraphiques , t. XIV, p. 346.

2 Savant météorologiste, professeur au lycée de Tours, aujourd'hui décédé.

i tranquilles et nombre, mais trois faits bien pouvaient être avoir été sous )n.

qui se trouvait ent d'un grand 'uge sombre sildisparnhre sans virent un globe et d'un rouge :, rebondir sur lisparaître sans : Saint-Etienne - atelier virent, nerre, unglobe le la tète d'un décimètre du it vers la porte mt, avant qu'ils seul mot. L'un

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, homme d'un âge avancé, me disait qu'il t jamais rien vu de pareil dans sa longue nce et qu'il était bien aise d'avoir vu cela de mourir.

là des faits authentiques, ajouteM. deTastes, ités par des témoins de bonne foi, sans auidée préconçue, n'ayant jamais entendu par- >clatrs en boule, et racontant naïvement ce ont vu en termes nets, précis et parfaiteintelligibles *.

foudre tomba à Stralsund, en Poméranie, juin 1670, sur le clocher de l'église deSaintis, pendant l'office du dimanche et présenta ffets extraordinaires. Elle passa par le trou de la voûte et tomba sur l'autel, sous forme

balle de feu, remplissant l'église de lumière,

tmire de la Sxi/li melrorologiqat, avril 1884, Ji' année.

[ de feu, de vapeurs, et accompagnée de violentes : détonations*.

A Gembloux (Belgique), le 2 juin 1886, le personnel du bureau télégraphique a vu une boule de feu suivre les fils depuis le plafond jusqu'au commutateur, puis éclater en produisant une forte détonation *.

A YpreSy le 10 juin 1886, une boule de feu de la grosseur d'une bille de billard est sortie du tableau I indicateur d'un poste télégraphique, dont un numéro a été endommagé, et a éclaté à environ 10 centimètres au-dessus de la table des appareils, produisant une détonation qui a été entendue dans les différents locaux de la station et dans un café situé à 150 mètres du bureau. Le commis, témoin du phénomène, a reçu un éclat de la boule de feu sur la main et quatre ou cinq dans la

1 PbUosopbical Transactions, 1670.

2 F, Evrard, Coups d: foudre en Belgique.

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manche droite de sa veste de travail, laquelle a été légèrement roussie.

M. Bonis, chef des ateliers de la maison Bréguet, a vu à Gentilly, en 1841, pendant un orage, un globe de feu, ayant à peu près le diamètre apparent de la lune, se mouvoir assez lentement, comme un ballon, au-dessus d'un toit, de l'ouest à l'est ; le globe étant arrivé près d'un arbre, il se produisit un coup de tonnerre, et l'arbre fut foudroyé.

Exemples de globes fulminants ayant occasionné la mort ou des blessures.

Le 6 août 1753, Richmann, professeur à Pétersbourg, assisté de Solokow, était occupé à mesurer la force de l'électricité atmosphérique à l'aidé d'un appareil qu'il avait dressé dans sa propre chambre et qui communiquait avec l'extérieur, lorsque Solokow vit un globe de feu bleu, gros comme le poing, s'élancer de l'appareil sur la tête du pro-

fesseur qui tomba frappé de mort. En cet instant, il s'éleva une espèce de brouillard ou de vapeur. La détonation fut celle d'un coup de pistolet. Au dehors, plusieurs personnes virent un globe de feu s'échapper des nues et venir frapper le sommet de l'appareil qui dépassait la maison *.

Le mêmejour, où pendant un orage on observait au-dessus de Steeple-Aston le globe de feu oscillant cité plus haut (p. 211), les révérends MM. Wainhouse et Pitcairn, qui se trouvaient dans une pièce du presbytère, virent tout à coup apparaître à la hauteur de leur figure et à environ i pied de distance, un^M^ de feu de la grosseur du poing. Ce globe était entouré d'une fumée noire. En éclatant, il fit un bruit comparable à celui d'un grand nombre de pièces de canons qui partiraient à la fois. Une vapeur fortement sulfureuse se répandit aussitôt après dans toute la maison; M. Pjtcairn fut dangereusement blessé. (Arago.)

» Priestley, Histoire de léledriciic.

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Le 27 juillet 1769, plus de six cents personnes étaient réunies dans la salle de spectacle de Feltre, dans la Marche Trévisane, lorsque pendant un épouvantable orage avec torrents de pluie, on vit apparaître, par une grande ouverture qui se fît au comble du bâtiment un globe de feu de la grandeur d'un boulet de canon du plus gros calibre. A l'instant toutes les lumières s'éteignirent, plus de soixante-seize personnes furent tuées ou blessées * . (Sestier, d'après Richard.)

M. Buchwalder, ingénieur suisse, avait établi un signal géodésique sur le sommet du Sentis, dans le canton d'Appenzell, à 2504 mètres au-dessus du niveau de la mer.

« Le «) juillet 1832, dit M. Buchwalder, la montagne était couverte de nuages, le vent était très

4 Cet exemple vient à l'appui de ce que nous avons dit, § 25, page 50. 11 e»t clair que ce n'est pas le globe de feu de ce diamètre relativement faible qui a causé un tel désastre, mais c'est la décharge électrique de la nuée orageuse tout entière, ou d'une portion de la nuée qui s'est produite, là où le globe de feu a paru et révélé le point d'élection de l'écoulement du flux foudroyant.

ik.

violent ; à 6 heures, la pluie commença et le /twnerre retentit datis le lointain. La grêle tomba en telle abondance qu'en peu d'instants elle couvrit le Sentis d'une couche glacée qui avait 4 centimètres d'épaisseur.

« A 8** 1 5 le tonnerre gronda de nouveau, et son bruit, de plus en plus rapproché, se fit entendre sans interruption jusqu'à 10 heures. Je sortis pour aller examiner le ciel et mesurer la profondeur de la neige à quelque pas de la tente.

« A peine avais-je pris cette mesure que la foudre éclata avec fureur et me força à me réfugier dans ma tente ainsi que mon aide. Alors un nuage épais et noir comme la nuit enveloppa le Sentis ; la pluie et la grêle tombaient par torrents ; le vent soufflait avec fureur ; les éclairs rapprochés et confondus semblaient un incendie; la foudre mêlait ses coups précipités.Je sentis que nous étions dans le centre même de l'orage. Mon aide ne put se défendre d'un mouvement d'eflfroi, et il me demanda si nous ne courions pas quelque danger. Je le rassurai en lui racontant qu'à l'époque où MM. Biot et Arago

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faisaient leurs observations géodésiques en Espagne, la foudre était tombée sur leur tente, mais n'avait que glissé sur leur toile sans les toucher eux-mêmes. J'étais tranquille, en effet ; car habitué au bruit de la foudre, je Tétudie encore quand elle me menace de plus près.

« En ce moment, un globe de feu apparut slux pieds de mon compagnon, et je me sentis frappé à la jambe gauche d'une violente commotion qui était un choc électrique. 11 avait poussé un cri plaintif : Ah ! mon Dieu ! je me retournai vers lui, et je vis sur son visage l'effet du coup de foudre. Le côté gauche de sa figure était sillonné de taches brunes ou rouges. Ses cheveux, ses cils, ses sourcils, étaient crispés et brûlés ; ses lèvres, ses narines étaient d'un brun violet : sa poitrine semblait se soulever encore par instants ; mais bientôt le bruit de la respiration cessa. Je l'appelai, il ne me répondit pas. Son œil droit était ouvert et brillant: il me semblait qu'il s'en échappait un rayon d'intelligence; mais l'œil gauche demeurait fermé, et en soulevant la paupière, je vis qu'il était terne. Je

supposais cependant qu'il restait de la vue du côté droit ; car, si j'essayais de fermer l'œil de ce côté, essai que je répétai trois fois, il se rouvrait et semblait animé. Je portai la main sur le cœur, il ne battait plus ; je piquai ses membres, le corps, les lèvres, avec un compas : tout était immobile, c'était la mort.

« La douleur physique m'arracha à cette fatale contemplation. Ma jambe gauche était paralysée, et j'y sentais un frémissement extraordinaire. J'éprouvais, en outre, un tremblement général, de l'oppression, des battements de cœur désordonnés. J'atteignis avec la plus grande peine le village d' Alt St. Johann. Lesinstrumentsavaientété pareillement foudroyés^. »

* Buchwaldar, Résultats de mesures trigouométriques en Suisse. — Kaemtz, Cours de météorologie^ traduit par Ch. Martins, p. 327. Paris, Delahays, 1858.

G. Planté, Phén. électrîq. 15

RELATIONS DE DIV

Le 24 septembre 1772, au orage, on vit à Besançon un gi neux traverser le magasin à bl pii;il et se précipiter dans le De

Dans la nuit du i s juillet 1 i épouvanfable orage qui causa d très, un globe de feu emporta i la Gilhédrale de Glocester. (Hc

Le 14 janvier 1834, il y e

épouvantable, accompagné det déclairs, de coups de vent. On riques en plein champ. Le mi Hanovre un énorme globe de coup de. tonnerre et un odeu mann.)

• Voir s 10, p. 39.

Le 2 juin 1840, un violent orage édatu sur Paris. et plusieurs maisons furent foudroyées. Pendant sa durée, plusieurs ouvriers virent, dans ie passage Saint-Maur, un globe de feu qui parut sur le sol et lança une pierre au loin'.

Pendant le terrible orage qui éclata sur Paris au mois de juillet 1854,1a foudre tomba sur la maison habitée par M. Léon Gatayes, homme de lettres, et s'y divisa en plusieurs rayons ; l'un d'eux courut, semblable à lin rat enflammé, devantia loge du concierge, puis passant sous la porte cochère et traversant la rue, alla mourir sur.le trottoir, où il laissa une trace légère ; d'autres rayons, sous hi forme de brandons enflammés, rasèrent la face principale de la maison*.

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Exemples de globes de feu pouvant se rattacher à la classe des éclairs en chapelet l.

Nous terminerons ces relations de cas de foudre globulaire en donnant la description d'un coup de foudre remarquable observé, à Amiens, par un savant physicien, M. le professeur Decharme, en

Ce coup de foudre a présenté les plus grandes analogies avec ceux que nous avons observés à Paris en 1876 (voir §29à§35, p. 57et suiv.) et particulièrement avec les effets de l'éclair en chapelet que nous ayons décrit (§ 32, p. 60).

« Le 24 février 1884, après une journée relativement chaude (10°), après diverses alternatives de coup de vent (sud-ouest), de pluie, de gibou lées de grésil et même de grêle, un orage éclata sur Amiens.

A 7^45 du soir, un éclair d'une très grande vivacité illumina la ville tout entière et fut imn

1 Voir p. 68, § 35.

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nètres de diamètre, en produisant une très petite

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