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Ainsi les éclairs des orages ordinaires et les jets lumineux des aurores boréales peuvent avoir quelquefois des analogies de forme remarquables. Il en résulte donc une présomption de plus en faveur de la nature électrique des aurores polaires.
Exemples du bruissement qui accompagne quelquefois
les aurores polaires.
Le bruissement qu'on a signalé quelquefois lors de l'apparition des aurores boréales a été l'objet des observations suivantes :
« Des personnes de diverses conditions et états, et habitant des districts très éloignés dans les îles Shetland, ont été unanimes à dire que lorsque Taurore boréale est forte, elle est accompagnée
comme nous l'avons mentionné (p. 75) en a signalé un en forme de 8 presque parfait.
L'un des éclairs en spirale observés et photographiés par M. Ch. Moussette (Comptes rendus, 5 juillet 1886) s'est trouvé également replié sur lui-même en forme de 8.
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d*un bruit qu'ils ont tous comparé à celui d'un van lorsqu'on vanne le blé *. »
« A Rochester, pendant les aurores d'août 1827, on a entendu, dit-on, distinctivement des détonations semblables à celles qui résultent de la décharge d'une batterie électrique. L'observateur du comté de Saint-Laurent assure aussi avoir entendu des détonations du mêVne genre, pendant que les colonnes lumineuses étaient le plus agitées. Les physiciens de New-Haven et du collège de Yale parlent également du bruit que faisait Taurore*. »
Exemples d'aurores polaires accompagnées de perturbations magnétiques d'une grande intensité.
Nous mentionnerons encore l'exemple suivant d'aurores boréales, accompagnées de fortes pertur-
i Extrait d'une communication faite à Arago, par Necker de Saussure après avoir observé des aurores boréales en Ecosse de 1839 à 1840. (Arago, Notices scientifiques.)
2 American Journal of science, avril 1828, et Arago, Notices scientifiques , t. I, p. 6y^.
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bâtions magnétiques, d'après un mémoire de M. Th. Moureaux, publié dans V Annuaire de la Société météorologique de France \
Au moisde novembre 1 882, des aurores boréales d'un éclat et d'une étendue extraordinaires ont été observées ; celle du 1 7 novembre notamment a été vue jusque dans des régions situées au-dessus du vingt-septième parallèle.
Elles ont occasionné des perturbations magnétiques d'une extrême violence dans presque toutes les régions du globe.
Une tempête électrique a été ressentie à Touest de Chicago. Le courant qui parcourait les fils télégraphiques (et qui devait résulter sans doute d'un puissant effet d'influence de l'atmosphère fortement électrisée) ^ était tel que, dans les bureaux des télégraphes de Chicago et d'autres villes, le
i3ie année, juin 1883, p. 184.
2 « Il paraît bien démontré », dit M. Mascart, « qu'il existe dans les régions supérieures de l'atmosphère des masses électriques considérables, comme l'indique encore le phénomène des aurores boréales qui paraissent être des lueurs électriques dans l'air raréfié à une très grande hauteur. » (Traité d'électricité statique, t. II, p. 579 ; Paris, Masson, 1876.)
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feu s'est déclaré dans les appareils de réception et que des parties métalliques de ces appareils ont été fondues. A Milwaukee, l'intensité du courant suffisait à alimenter une lampe électrique.
Les aurores boréales produites en même temps ont été vues en France le long de la côte de la Manche, dans les départements du Nord et dans la région basse du bassin du Rhône. En Angleterre, à l'Observatoire de Greenwich, un arc d'un grand éclat s'est manifesté, accompagné de rayons brillants qui s'en échappaient de toutes parts et s'élevaient jusqu'au zénith.
M. Piazzi Smyth a pu observer Taurore à Edimbourg ; vers minuit, le phénomène atteignait sa plus grande intensité; les rayons semblaient tous monochromes, couleur jaune-citron, et la plupart avaient la forme de jets rectilignes projetés à 1 5 ou 20^* de hauteur.
Ces phénomènes ont coïncidé avec l'apparition sur le soleil de taches nombreuses et de grande étendue.
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Exemple d'aurore électrique produite dans une région très éloignée des pôles
Nous citerons, en terminant, un exemple d'aurore électrique tout à fait locale, produite loin des. régions polaires, et se rapprochant des phénomènes déjà observés par M. Piazzi Smyth à Madère. Cet exemple semble de nature à confirmer les vues que nous avons exposéesplus haut (§ 1 04, p. 1 54).
« Le 28 novembre 1886, d'après M. P. E.
Schmitz, une aurore boréale a été observée à Funchal, île de Madère \
« La nuit avait été orageuse et dans la matinée, après 6 heures, l'orage recommençait. Mais les éclairs étaient bien différentsdes éclairs ordinaires. A l'horizon, limité par de hautes montagnes, dans la direction du nord, apparut un demi-cercle lumineux de petit diamètre, émettant une lumière
1 552* bulletin météorologique du journal la Nature, et annuaire -de la Société mètéréologiqne, mars 1887, P* ^35*
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blanchâtre assez fixe ; ce demi-cercle s'élargit rapidement d'une manièrecontinue, maisparsecousses, jusqu'à couvrir la moitié de la voûte du ciel. Peu d'instants après, il se rétrécit de la même façon. La durée du phénomène fut très courte. »