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CHAPITRE PREMIER

Expériences permettant de reproduire, à l'aide de courants électriques de haute tension, des phénomènes analogues à ceux de la foudre globulaire.

§ I . Appareils employés. — Les appareils dont nous avons fait usage consistent en un certain nombre de batteries secondaires, à lames de plomb, planes ou roulées en spirale, suivant l'intensité des effets que Ton veut obtenir, immergées dans de Teau acidulée au i/io par de l'acide sulfurique,

et pouvant être chargées simultanément en quantité, puis déchargées en tension^.

La figure 35 de ce livre représente six de ces batteries, composées chacune de 80 couples, disposées sur des gradins, et se chargeant à l'aide de 3 éléments Becquerel-Daniell à sulfate de cuivre, ou de 2 éléments Grove-Bunsen à acide nitrique.

Nous avons le plus souvent mis en action dix à vingt de ces batteries, soit 800 à 1600 couples secondaires, chargés par cette faible source d'électricité voltaïque, et pouvant donner, dans les premiers instants de leur décharge, une force électromotrice de 2000 à 4000 volts.

§ 2. Globules liquides lumineux. — Lorsqu'on met en communication trois de ces batteries avec un vase plein d'eau salée, de telle sorte qu'un fil de platine négatif étant plongé d'avance dans lé liquide, on approche un autre fil de platine positif

1 Voir Recherches sur l'électricité de 18^9 à 1879, 2e édition. Paris, 1883. ^

DE LA FOUDRE CLOfiULAlRE IJ

de la surface du liquide, on voit se former, à son extrémité, un petit globule lumineux, accompagné d'un baiissement particulier (fig. i).

Les fils de platine, en relation avec les pôles de la batterie, sont reliés à des tiges à crémaillères, de manière à pouvoir les introduire lentement dans le liquide.

En relevant un peu le fil métallique, le globule augmente de volume, comme si le liquide était

aspiré par Télectrode, acquiert un diamètre d'un centimètre environ, prend en . même temps un rapide mouvement gyratoire, et s'aplatit même par suite de ce mouvement (fig. 2).

Le mouvement gyratoire n'a pas lieu invariablement dans le même sens, comme les mouvements gyratoires magnéto-électriques que nous décrirons plus loin. 11 a lieu tantôt dans un sens, tantôt dans Tautre. Souvent il se produit un grand nombre de fois de suite dans le même sens; mais ce sens peut changer sans cause apparente.

C'est un mouvement gyratoire de réaction analogue à ceux des tourniquets électriques, et dû à l'écoulement du flux électrique dans le liquide. Le globule se trouvant presque détaché, par sa forme sphéroïdale, du reste du liquide du voltamètre, ou n'ayant qu'une faible surface de contact avec ce liquide, le mouvement s'opère dans un sens ou dans l'autre, suivant la position du point de la surface du globule par lequel se fait le principal écoulement du courant ou bien le dégagement de la vapeur produite.

DE LA FOUDRE GLOBULAIRE iç

L'apparence lumineuse de tout le globule paraît provenir de la vive lumière émise à son contact avec le reste du liquide.

Le bruissement est dû à la condensation, dans le liquide, de la vapeur qui tend à se former autour de l'électrode.

Quant à l'agrégation même du liquide sous cette forme globulaire, nous pensons qu'on peut se l'expliquer par un phénomène d'aspiration résul-

l6 DE LA FOUDRE GLOBULAIRE

tant de récoulement même du flux électrique, au pôle positif. Nous verrons plus loin cette aspiration rendue encore plus frappante, en employant un courant d'une plus grande tension et en limitant l'espace au liquide autour de Télectrode, renfermée dans un tube étroit (pompe voltaïqucy § 70). Mais ici, le liquide, n'ayant point d'espace limité, s'agglomère naturellement sous la plus petite surface possible et prend la forme sphéroïdale\

Quant à la cause même de cette aspiration, elle nous paraît être simplement due à l'effet calorifique très énergique produit par ces courants de haute tension, qui développe de la vapeur, aux points touchés par l'électrode, avec une telle rapidité, que le vide produit doit être immédiatement comblé.

* Cette forme sphéroïdale prise par un liquide sous l'action de l'effet calorifique produit par le courant électrique peut être rapprochée, du reste, de celle qui se manifeste également^ sous l'action de la chaleur seule avec les liquides placés sur des surfaces incandes* centes^ et qui a été étudiée par Boutigny. C'est aussi la forme que prennent les liquides simplement soustraits à l'action de la pesanteur, comme le montrent les expériences de Plateau.

§ 3. Globules de feu. — En employant une source d'électricité supérieure à la précédente, soit dix batteries formant un total de 800 couples secondaires, mais en ajoutant dans Je circuit une colonne d'eau distillée, pour éviter la fusion de

l'électrode, et faisant plonger d'avance le pôle positif dans un vase rempli d'eau distillée, au lieu d'eau salée, il se forme, lors de l'approche du pôle négatif à la surface du liquide, un véritable ^/obuledefeude%à iomiliimètresdediamètre(fig. 3). § 4. Ce globule de feu est parfois animé d'un rapide mouvement gyratoire, analogueà celui du

l8 DE LA FOUDRE GLOBULAIRE

globule liquide lumineux précédemment décrit. Dans le globule liquide, le mouvement gyratoire^ très visible d'ailleurs, était rendu encore plus manifeste par laplatissement même du globule. Pour reconnaître ce mouvement gyratoire dans le globule de feu, il suffit de relever un peu l'électrode ; le globule prend alors une forme ovoïde. La partie inférieure par laquelle il touche la surface du liquide, au lieu d'offrir une plaque lumineuse brillante et continue, apparaît alors parsemée d'innombrables points bleus lumineux ; chacun de ces points correspond à l'un des filets lumineux courbes dont la réunion forme cette sorte d'aigrette voltaïque constituant le globule de feu. Or ces points ne restent pas immobiles; on les voit prendre un mouvement gyratoire très rapide, et tel, que, par suite de la persistance d'action sur la rétine, ils forment bientôt des cercles bleus lumineux concentriques. Cèst un mouvement de réaction du même genre que celui des globules liquides lumineux produit par l'écoulement même du flux électrique.

§ 5 . Le globule de feu est constitué par de l'air raréfié incandescent, par la vapeur du métal de l'électrode, dont l'extrémité est portée toujours à une haute température, et par les éléments de la vapeur d eau décomposée.

L'analyse spectrale y montre surtout clairement la présence de l'hydrogène, et la lumière bleue qui se manifeste, au point de contact des filets lumineux et du liquide, est également caractéristique de ce gaz.

§ 6. Lorsque l'électrode métallique est positive,

et l'eau distillée négative, Tétincelle affecte encore

f extérieurement une forme globulaire ou ovoïde ;

mais le milieu est traversé par un cône de lumière

violacée.

Quand on emploie deux électrodes métalliques, on obtient un sphéroïde lumineux dont l'intérieur est traversé par un trait brillant. Cette apparence correspond au trait et à Tauréole de l'étincelle des courants d'induction ; seulement, ici, Tauréole occupe plus d'espace, par suite encore de la plus grande quantité d'électricité. En effet, si Ton aug-

mente beaucoup la longueur delà colonne d'eau interposée, on n obtient plus qu'un arc ou un trait rectiligne.

Il n'est pas nécessaire, dans ces expériences, d'amener l'électrode au contact de l'eau pour déterminer le passage du flux électrique. La tension des . batteries, bien que les couples qui la composent ne soient pas isolés d'une manière particulière, est assez grande pour que l'étincelle éclate spontanément à I millimètre environ au-dessus du liquide.

§ 7. Si, au lieu de laisser l'électrode fixe à la surface du voltamètre, pendant la production de . l'écoulement du flux électrique sous la forme de ces étincelles globulaires, on suspend l'un des fils servant d'électrode à une assez grande hauteur, et qu'on lui donne assez de poids et de longueur pour pouvoir osciller comme un pendule à la surface du liquide ou au-dessus d'une plaque conductrice, sans que sa distance à cette surface change sensiblement, le petit globule de feu, produit à l'extrémité du fil, suit naturellement les mouvements de

rélectrode, et, quand on opère dans Tobscurité, on ne voit que le globule de feu se mouvoir à la surface du liquide.

§ 8. Globule de feu ambulant. — L'étincelle électrique, sous cette forme globulaire résultant de l'action d'une grande quantité d électricité sur la matière pondérable, peut être animée, par ellemême, d'un mouvement de progression, sans qu'il soit nécessaire de faire mouvoir l'une ou l'autre électrode.

C'est ce qui résulte de l'expérience suivante * :

Si on met en communication les deux pôles de la batterie secondaire de 800 couples avec les armatures d'un condensateur dont la lame isolante est formée par une feuille de mica, ce condensateur se charge comme une bouteille de Leyde, et peut donner, quand on le décharge, une étincelle du genre de celles de l'électricité statique.

Mais, si la lame de mica présente, par hasard,

1 Comptes rendus, t. LXXXVII, p. 325, 19 août 1878.

quelque point très mince, ou quelque fissure produite lors de son clivage, cette lame se perce spontanément en ce point, sous l'action du courant des 800 couples secondaires, de même

que le verre d'une bouteille de Leyde trop fortement chargée par une machine électrique.

Un phénomène remarquable se présente alors à l'observation. Par suite du grand pouvoir calorifique de l'électricité en jeu dans cette expérience, l'étin-

celle qui a éclaté sur an point du condensateur, entre les deux armatures, n'a point une durée instantanée comme celles de l'électricité statique ; mais comme elle est accompagnée de la fusion du métal et même de la matière isolante du condensateur, elle forme un petit globule lumineux, très brillant, qui se met en mouvement avec un bruissement particulier, et trace lentement, sur la lame d'étain du condensateur, un sillon profond, sinueux et irrégulier (fig. 4).

La figure 5 offre une copie fidèle de la portion de la surface d'un condensateur où le phénomène s'est produit. Quelquefois l'étincelle reste quelque temps stationnaire autour du même point; d'autres fois encore. Tune des ramifications s'allonge démesurément, et décrit, sur toute la surface, des contours analogues à ceux d'une carte géographique. Un tube à eau distillée a été préalablement interposé dans le circuit de la batterie secondaire, pour éviter des effets calorifiques trop intenses et la déflagration de tout le condensateur.

Pendant que le phénomène se produit, on ne

i FOUDRE GLOBULAIRE

peut prévoir d'avance par quels points passera 1 étincelle ; rien n'est plus bizarre que la marche de ce petit globule éblouissant que l'on voit che-

miner lentement et choisir les points sur lescfUels il doit se diriger, suivant la résistance plus ou moins grande des divers points de la lame isolante. Le condensateur se trouve en même temps scié

OU découpé à jour sur tout le trajet du globule étincelant*.

§ 9. Nous développerons ci-après l'analogie de ces effets avec ceux de la foudre globulaire.

Pour mieux imiter encore les conditions dans lesquelles se produit le phénomène naturel, nous avons augmenté la tension de la source d'électricité dynamique, et mis enjeu le courant d'une batterie secondaire de 1600 couples, dont la force électromotrice, dans les premiers instants de la décharge est de 4000 volts environ. Supprimant, d'autre part, la lame de mica et les armatures métalliques, puisqu'il n'y a dans l'atmosphère que des masses d'air et de vapeur d'eau, nous avons opéré simple-

1 Celte expérience, que nous avons faite pour la première fois en 1877, est assez difïicile à répeter ; car elle exige l'emploi d une batterie de 806 couples secondaires.

M. Charles Moussette est parvenu récemment à obtenir un effet à peu près analogue en faisant passer l'effluve d'une machine de Hoitz à la surface d'une plaque photographique développée et recouverte^ par suite, d'une couche de gélatine contenant de l'argent riduit. De petites boules de feu, détachées de l'efHuve, se sont promenées sur la plaque, et y ont tracé des sillons sinueux ir réguliers, comme dans l'expérience décrite ci-dessus.

ment avec des surfaces humides électrisées, séparées par une couche d'air. Ces surfaces humides étaient constituées par des tampons ou des disques de papier à filtrer humecté d'eau distillée (fîg. 6).

Dés qu'on met ce système en relation avec es pôles de la batterie, on voit apparaître une boule de feu qui court, de côté et d'autre, entre les deux surfaces, et présente des intermittences spontanées dans son apparition et sa disparition, pendant plusieurs minutes. Comme la batterie se

décharge ainsi moins rapidement qu'entre des armatures métalliques, l'expérience dure en effet plus longtemps.

§ 10. Les phénomènes que nous venons de décrire nous paraissent pouvoir conduire à l'explication de la foudre globulaire.

On a vu, en effet, que la matière pondérable tendait à prendre la forme globulaire, sous l'influence d'une source puissante d'électricité dynamique. Nous avons constaté d'abord cette propriété sur les liquides et observé des globules liquides lumineux. En augmentant la tension, nous avons obtenu, même au sein de l'air, mélangé de vapeur d'eau, de véritabks globules de feu .

Nous sommes donc conduit naturellement à penser que la foudre globulaire doit être produite par un flux d'électricité à l'état dynamique dans lequel la qtmntité est jointe à la tension,

Cest, en effet, dans les plus grands orages*, lorsque 1 électricité est très abondante dans l'atmosphère, et que ses décharges peuvent constituer une sorte de puissant courant électrique à très haute tension, que la foudre se présente sous la forme globulaire, au lieu d'affecter la forme simplement linéaire, analogue à celle des étincelles des machines de Télectricité statique, comme cela a lieu dans les orages de moindre intensité.

§11. Nature des globes fulminants, — La nature des globes fulminants doit être vraisemblablement la même que celle des étincelles globulaires produites dans nos expériences.

Ces globes doivent être formés, selon nous, d'air

i Df Sesticr, De la foudre, t. I, p. 122, 123, 129, 132 à 135 140 à 147. Paris, J.-B. Baillière et Fils, 1866.

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raréfié incandescent et des ga^ résultant de la décomposition de la vapeur d'eau, également à V état de raréfaction et d* incandescence.

L'eau est, en effet, non seulement vaporisée, mais décomposée, à Textrémité d'un même pôle, par suite de la température très élevée que développe un courant électrique de haute tension.

Bien qu'une surface aqueuse ne soit pas indispensable pour la formation des globules électriques lumineux, puisque nous en avons obtenu au-dessus d'une surface métallique, la présence de l'eau ou de la vapeur d'eau facilite du moins leur formation, ou tend à leur donner plus de volume, en raison de la présence des gaz que fournit la dissociation de l'eau à haute température.

Nous avons observé plus d'une fois, dans nos expériences, quand toute la décharge était consacrée à produire un seul phénomène, des flammes électriques, en forme de sphère aplatie ou de calotte sphérique, qui couvraient toute la surface du petit

ik

vase plein d'euu* sur laquelle venait déboucher le courant de haute tension.

Aussi Tair humide semble-t-il plus favorable à la production des globes fulminants et on les a vus souvent apparaître, soit sur un sol inondé, à la suite d'une pluie abondante*, soit dans une atmosphère saturée d'humidité. Nous en citerons plus loin de nouveaux exemples.

Ce n'est pas que nous considérions les globes

* Ce vase avait environ o'',04 de diamètre.

2 Voir Arago, Notice sur le tomierre^ p. 46.

« A Massa-Carara, le 10 septembre 17 13) pendant un orage et une pluie en quelque sorte diluviale, Maffei et le marquis de Malaspina virent subitement apparaître, à la surface du pavé, un feu très vif, d'une lumière en partie blanche et en partie azurée ; ... ce feu semblait fortement agité, mais sans mouvement progressif; il se dissipa, tout à coup^ mais après avoir acquis un grand volume. » , — Ihid.f p. 50. (Observation faite à Trieste, en 1841, et adressée par M. Butti à Arago.) ... « Le tonnerre éclatait de temps en temps avec un bruit épouvantable. La rue était déserte, car la pluie tombait à verse et la voie publique était convertie en un torrent,.. La première chose qui frappa mes yeux fut un globe de feu qui marchait au milieu de la ruj,.. Pour donner une idée de la grandeur de ce globe igné, de sa couleur, je ne puis que le comparer à la lune ; . . . mais on ne voyait pas de contours précis dans le météore; il semblait enveloppé dans une atmosphère de lumière dont on ne pouvait pas marquer la limite précise, v

fulminants • comme renfermant un mélange détonant formé par les gaz dissociés de la vapeur d'eau, et comme devant à cette cause le bruit qui accompagne souvent leur apparition. Ces gaz sont ici tellement raréfiés qu'ils ne pourraient produire d'explosion; ils sont, de plus, à l'état d'incandescence, et, par suite, dans des conditions tout à fait différentes de celles d'un mélange explosif, produit à froid, qui serait ensuite enflammé subitement.

§ 12. Le mode de formation des globes fulminants s'explique de la même manière que celle des globules de feu obtenus dans les expériences décrites précédemment.

L'agglomération sphérique de la matière soumise à l'action d'un puissant flux électrique résulte, comme nous l'avons dit, de l'aspiration ou du vide produit par le passage même du courant.

Chacun de ces globes est une sorte à! œuf électrique, sans enveloppe de' verre, une aigrette voltaîque, que le milieu environnant tend sans cesse à remplir ; mais l'abondance du flux électrique

raréfie la matière à mesure qu'elle afflue dans le milieu électrisé.

§ 13. Éclat des globes fulminants, — L'éclat de ces globes, qui est quelquefois très vif, comme l'ont remarqué divers observateurs S s'explique par la grande quantité de l'électricité en jeu lors de leur manifestation.

La lumière produite dans l'œuf électrique des cabinets de physique est faible, parce que la quantité d'électricité de tension qui les traverse est très minime. Mais on sait que, dans les parties rétrécies des tubes à gaz raréfiés, cette lumière est beaucoup plus vive et qu'elle a d'autant plus d'éclat que la machine électrique, ou l'appareil d'induction que l'on emploie, peut fournir une plus grande quantité d'électricité.

On peut compter aussi parmi les causes de la vivacité de la lumière émise quelquefois par les globes fulminants l'incandescence des particules

* ArBgOj Notice sur le tonnerre, p, 46 et 47. G. PLAMTi, Phén. électriq. 2

34 [>E LA FOUDRE CLOBULAII

cosmiques de l'atmosphère qui, bien tité très minime, ajoutent leur écl; l'air et des gaz de la vapeur d'eau rare descents.

Ces particules cosmiques contienm outre les matières organiques, des m raies telles que le fer, la silice, la i substances douées d'un grand pouvoir à une haute température. Nous avons d'observer des effets lumineux qui particulier de l'incandescence de la sil tion de l'électricité (lumière électro-:

S 14' Couleur des globes fulminants.

des globes fulminants, qui est très v; celle des éclairs ordinaires, dépend, ; des conditions hygrométriques de l'at aussi de la quantité d'électricité en jf

Si la vapeur d'eau est très abonda

gène provenant de sa dissociation domine, et le globe tend à avoir une couleur rouge, puisque c'est la couleur plus particulièrement propre à Thydrogène raréfié traversé par un fort courant*. -

Si, d'autre part, le flux électrique est relativement moins abondant, la raréfaction et la dissociation sont moins complètes sur son parcours, et la couleur tend vers le bleu violacé propre à Tair raréfié.

Les nuances intermédiaires s'expliqueraient par les proportions variables entre les gaz raréfiés de Tair et de la vapeur d eau.

§15. Odeur produite par les globes fulminants, — L'odeur particulière qui accompagne la chute des globes de feu et même de la foudre ordinaire peut s'expliquer encore par la combustion des parcelles cosmiques, jointe à celle de la matière même frappée directement par la décharge sur le point

1 On a observé, en effet, très fréquemment des globes de feu d'un rouge vif, de couleur pourpre, etc. Sestier en cité de nombreux exemples.

OÙ elle atteint le sol. On conçoit que dans parcours d'un éciair ou la traversée d'une < d'air par le flux électrique, les parcelles cos rencontrées soient en assez grand nombt donner une odeur sensible par leur combus

L'ozone et les produits nilreux formés combinaison des éléments de l'air y cont aussi, sans doute, pour une certaine part.

L'odeur sulfureuse s'explique par la déi sition des matières organiques ou minerait contrées à la surface du sol et qui renl souvent du soufre ou des sulfures.

§ 16. Bruissement. — Le bruissement qui pagne l'apparition des globes fulminants l'on retrouve dans Texpérience décrite pli provient de la vaporisation rapide que dé' le flux électrique.

Nous ajouterons que, pendant la déchar] duite, en particulier, par l'électrode positi dessus de l'eau distillée, on entend comme u de souffle très marqué, dû évidemment à 1:

risation de Teau qui s'échauffe, sous Faction de la flamme émanant de cette électrode, bien plus fortement que sous Faction de l'électrode négative.

§ 17. Signe électrique des globes fulminants. — Ces considérations, jointes à celles du sens positif ordinaire de l'électricité atmosphérique, nous portent à penser que le signe électrique des globes fulminants, qui résultent de l'écoulement direct de l'électricité des nuages, doit être positif, tandis que celui des feux Saint-Elme, des aigrettes, colonnes lumineuses et autres effets électriques produits par influence doit être négatif

§ 18. Mouvement gyratoire, — Le mouvement gyratoire que Ton a observé quelquefois dans les globes fulminants^ doit résulter simplement de la réaction due à Técoulement du flux électrique, de même que le mouvement gyratoire des globules liquides ou des filets lumineux composant les flammes ovoïdesformées à la surface du voltamètre.

* Sestier, Dila foudre, t. I, p. 127.

mie de foudre sous forme de plusieurs u. — La foudre globulaire se présente, forme d'une simple chute de boules de j moins nombreuses, qui disparaissent ment, soit sous la forme d'un globe . se meut avec lenteur, et reste quelquemps visible, premier cas, les globes de feu nous devoir leur origine à des éclairs d'un iculier que nous décrirons plus loin, sous :lairs en chapelet, et dont nous expHquemation.

des éclairs produits par l'écoulement grande quantité d'électricité que celle ordinaires, et qui entraîne la production ; ou d'agglomérations sphériques de ■éfîée électrisée sur leur parcours.

arche lente des globes fulminants. — Le '., consistant dans la marche lente d'un linant, peut se produire, selon nous, de ères différentes.

On a vu plus haut (g 7) que les globules de feu, obtenus au-dessus de l'eau ou même nu-dessus d'une surface conductrice quelconque, à l'aide d'un courant électrique de haute tension, suivaient natu-

rellement les mouvements de l'électrode à l'extrémité de laquelle ils se produisent; que, si l'on opérait dans l'obscurité, ou si on masquait par un écran le fil servant d'électrode et oscillant comme un pendule, on ne voyait plus qu'un globule de feu en mouvement au-dessus de la surface conductrice.

même, dans la nature, si un nuage orageux, é d'une grande quantité d'électricité, vient à rà une faible hauteur au-dessus du sol, il peut

-mer une colonne ou Irombe d'air humide fort éledrisée, visible ou invisible, qui sert d'élec- , et produit l'écoulement du courant électrique forme d'un globe de feu qui apparaît à son mité. Cette colonne étant essentiellement le, le globe de feu en suivra naturellement es mouvements (fig. 7).

II. Mais la marche lente des globes fulmi- : peut se produire aussi, d'une autre manière, même qu'il n'y aurait pas déplacement d'une ne d'air humide électrisée.

lUS avons montré, par l'expérience duglobule ique ambulant (§ 8, fig. 4), comment, dans ines conditions, une étincelle globulaire pou- ;e mouvoir spontanément d'une manière assez pour qu'on pût assister au développement :ssif de ses capricieuses sinuosités. Il suffisait ■terminer la production d'une étincelle d'çleck dynamique à haute tension entre les deux

armatures d'un condensateur dont la lame isolante très mince pouvait être facilement percée, ou présentait d'avance quelque fissure. L'étincelle, au Heu d*avoir une durée instantanée, cheminait alors en brûlant devant elle la matière même du condensateur et s'agrégeant en un globule de feu.

On peut donc admettre qu'il se forme de même dans l'atmosphère, sur le point où apparaît la foudre globulaire, les éléments d'un condensateur, dans lequel une couche ou colonne d'air humide fortement électrisée joue le rôle de l'armature supérieure, le sol celui de l'armature inférieure, et la couche d'air interposée celui de la lame isolante ^

^ L'intervention d'une bande d'air isolante, dans la production du phénomène, avait été, du reste, déjà admise par du Moncel : « La marche lente du globe de feu, dit du Moncel, ne serait que le résultat des variations dans la direction de cette bande isolante ou du courant d'air qui l'aurait motivée, variations qui déplaceraient le point où l'écoulement du fluide électrique se manifesterait à l'état lumineux, » {Notice sur le tonnerre et les c clairs, p. 51. Paris, 1857,)

Des observations récentes d'un grand intérêt faites par M. Hauvel,. lors d'une ascension qui fut terminée par un orage, tendent à confirmer ces vues ; car elles montrent qu'il y a fréquemment, pendant les orages, formation de condensateurs à lames d'air entre deux

Cette couche d'air isolante étant traversée par le flux électrique, Técoulement se produit sous la forme globulaire entre le sol et la colonne ou couche humide électrisée formant l'armature supérieure (fig. 8). Quand la base de cette colonne offre une certaine étendue, comme cela arrive, si elle forme une portion même de la nuée électrisée descendue très près du sol, le globe de feu reste en communication avec cette armature, sans qu'elle se déplace, et continue seul sa marche en traversant la couche d'air isolante, d'une manière irréguliére, suivant les variations d'épaisseur oU de résistance qu'elle présente, de même que, dans notre expérience, le petit globule de feu chemine entre Tarmature supérieure et l'armature inférieure du condensateur, sans le déplacement des électrodes ni des armatures.

amas nuageux séparés Tun de l'autre, et décharge de ces condensateurs, soit lorsque l'amas nuageux supérieur se résout en pluie, et se met ainsi en communication avec l'amas nuageux inférieur, soit lorsque l'ensemble du système se trouve mis de la même manière en communication avec le sol. (Congres des Sociétés savantes à la Sorbonne ; Cosmos y iSjuiniSSy, p. 332.)

De même que dans l'intéressante relation de Babinet, rappelée par Arago', sur un cas de foudre globulaire, observé rue Saint-Jacques, à Paris, un globe de feu, après s'être promené lentement.

remonta tout à coup le long d'une cheminée et se dirigea vers un point du mur où avait passé un tuyau de poêle, mais recouvert de papier que,

' Ar»go, Ndicti scienlifiqua, t, I. — Le Tonnirre, p. 52.

l'expression de l'ouvrier témoii le tonnerre en boule ne pou

)erça et rejoignit ainsi le courar née qui lui offrait une voie meil — de même dans l'expérience globule de feu se promène ^ la iteur, et semble ■ chercher les ces du mica pour le percer plus ire l'autre armature', 'expérience que nous rappelons, vrai, unglobule de matière solide s l'expérience décrite paragraphi iue des masses humides enjeu,

■ cit* un cis d« foudre globulaire tout s

ncl Laussédil nous a rehté que. vers 183 ;qui ccisiti à Bourbon-l'Archambault, M.

-.tes de cette localité, vit un globe de feu I occupait, passer pris de lui et sortir igi

^ la relation d'un grand nombre de cas ■ : les intéressants rapport! de M, F, Evrard légraphes belges, sur les Oksirvalioiis du t (BidUlin di ta Sacitte bilge d'ileclricîtiis, 1 nent 1887. t. IX, p. 3ç9, 30c, et tableaui

bule de feu n'est formé que d'air et de vapeur d'eau à l'état de raréfaction et d'incandescence.

On pourrait objecter aussi à ces comparaisons que les globes de feu naturels ne se produisent point, à l'extrémité d'électrodes métalliques. Mais on admet aujourd'hui l'identité de la foudre et des étincelles des machines électriques, bien que ces étincelles partent de conducteurs métalliques, et les amas de vapeur d'eau qui forment les nuages électrisés sont considérés comme des conducteurs -analogues. 11 est donc permis d'assimiler de même à une électrode métallique, conduisant un courant de haute tension, une colonne d'air humide par Jaquelle l'électricité des nuages orageux descend ■quelquefois jusque près de la surface du sol.

§ 22, Globes fulminants produits par influence, — 31 peut arriver que la nuée orageuse ne soit pas assez rapprochée du sol pour que l'électricité s'en écoule d'une manière directe sous la forme globulaire, et qu'elle exerce néanmoins une influence extrêmement puissante sur quelques points du sol,

par suite de la quantité et de la tension de l'élec tricité qu'elle renferme.

Dans ce cas, il peut se manifester soit de aigrettes ou des colonnes lumineuses (fig. 9) (voi

§ }}), comme on en a de fréquents exemples notamment les feux Saînt-Elme, etc., soit de globes de feù (fig. 10), et si le sol est recouver d'une couche d'nir plus sèche que le milieu envi ronnant, et relativement isolante, ces globes peu vent se mouvoir d'une manière lente et capricieus comme notre globule ambulant.

Ainsi a-t-on vu quelquefois des globes fulminants sembler se poser sur des fils télégraphiques, ou se mouvoir à une certaine distance du sol '.

§ 23 . Globes de feuproduits au sein des nuages. — L'expérience que nous avons décrite paragraphe 9

i Dans une lettre adressée i Pouillit, M. de rÉpie a citi le ivant de foudre globulaire, observi à BeuKïLlle pendant un ot ,7 mai l85> :

« On aperçut un globe de feu de la grosseur apparente d'un |

OUORE GLOBULA

6) reproduit très exactement l'apparence [lobes de feu qui se produisent quelquefois au

des nuages (fig. 1 1) et dont Arago et Sestier :ité divers exemples'.

narchant aïec une vitesse modérée suivant une courbe r*gut paraissant, d'après sa direction, devoir dépasser la station y arrêter. On se le montrait «vec admiration, quand on le fmser, comme un oiseau, sur les fils électriques, à une certaine e de la station. A ce moment, il disparut.» (DuMoncel, Notice oHntrre tt fci iclain, p. 45. Paris, 1857.) ^o, Ualktiarii loniitm, p. 40 et 41. —Sestier, Dila foudrr.

§ 24. Disparition des globes fulminants avec ou sans bruit. — On peut s'expliquer également, par les considérations qui précèdent, comment les globes fulminants disparaissent quelquefois sans bruit, ou sont acco mpagnés, dans d'autres cas, du bruit du tonnerre.

Quand l'épaisseur de la couche d'air isolante qui sépare la couche nuageuse électrisée de la surface du sol devient trop grande, sur le parcours du globe fulminant, et quand, d'autre part, la quantité d'électricité fournie par la nuée orageuse n'augmente pas, l'écoulement électrique cesse, et la flamme globulaire disparaît sans bruit, de même que le globule de feu produit à la surface du condensateur cesse d'apparaître quand l'épaisseur de la lame isolante devient trop grande.

Si, au contraire, l'orage augmentant d'intensité, ou la nuée électrisée se rapprochant plus du sol, de nouvelles quantités d'électricité viennent affluer à la surface de la couche d'air isolante, l'écoulement, au lieu de continuer de se faire d'une manière relativement calme et silencieuse, sous la forme glo-

G. Planté, Phén. électriq. ' 4

bulaire, s'opère brusquement, sous la fc décharge proprement dite, accompagné du tonnerre.

On conçoit alors que, du point mêm raissait le globe fulminant, partent, da sens, des traits de foudre sinueux ou qui frappent les objets environnants.

% 25. Mais nous n'entendons point que le bruit soit dû à l'explosion du g nant lui-même.

Si on se reporte aux notions que t données sur leur nature, d'après les anal de nos expériences, on comprend qi point une petite masse d'air raréfié et par le passage du flux électrique qui p avec le bruit du tonnerre et se résoudi foudroyants.

La source du phénomène final estda voir même d'électricité que renferme 1; geuse, et qui se décharge au point o ment avait commencé sous la forme d feu.

DE LA FOUDRE GLOBULAIRE Jl

§ 26. Quand la foudre globulaire se manifeste sous la forme d'une chute de globes de feu qui n'apparaissent qu'un instant, le bruit du tonnerre accompagne cette chute et ne doit pas être attribué non plus aux globes eux-mêmes, mais à tout l'ensemble de réclair en chapelet d'où ils dérivent et dont ils constituent des grains détachés.

L'intensité exceptionnelle du bruit du tonnerre, mentionnée souvent dans les relations de chute de foudre globulaire, s'explique encore par la quantité d'électricité en jeu, toujours plus grande pour la manifestation de ce phénomène que dans les cas ordinaires.

Le volume du flux électrique, si l'on peut s'exprimer ainsi, c'est-à-dire la masse de matière pondérable traversée et raréfiée par la décharge, est alors plus grand. De là naturellement un plus grand vide produit.

Mais comment Télectricité produit-elle le vide ? s'est-on demandé pendant longtemps. Nos expériences permettent, croyons-nous, d'y répondre simplement : Par l'action calorifique puissante et

instantanée que développe l'électriciti rise toute matière placée sur son pass La plupart des phénomènes que observés (voir § 46 et 70) ne sont, < des conséquences de la vaporisation des liquides ou des surfaces humides, électrique réunissant à la fois la q tension .

§27. Inefficacité des paratonnerres o.

les cas de foudre globulaire. — On s'e ment les' paratonnerres ont été souve dans les cas de foudre globulaire, e que l'apparition du globe fulminant n mencement d'écoulement abondant l'électricité de la nuée orageuse en lection particulier, et que la simpli fluence exercée par le voisinage d'un ne saurait arrêter cet écoulement ui

De même que l'entonnoir d'un pi peut recueillir l'eau d'une trombe, si

cette trombe passe à une certaine distance de l'appareil, de même un paratonnerre peut rester impuissant à côté d'un écoulement local abondant d'électricité sur un point déterminé.

Quand il y a trombe ou foudre globulaire produite, il y a en quelque sorte une électrode nuageuse constituée, c'est-à-dire une voie suivie par l'écoulement de la pluie ou de la foudre et qui ne peut être déviée par le voisinage d'une autre électrode, telle que celle d'un paratonnerre, destinée à agir, par influence, sur des nuées électrisées d'une grande étendue, placées directement audessus. De même dans notre expérience du globule électrique ambulant, l'approche d'une pointe ne modifie point la marche du phénomène ; l'écoulement électrique est trop lié à l'électrode pour pouvoir être influencé ou dévié.

Si les globes fulminants à mouvements lents paraissent inoflfensifs par eux-mêmes, puisque des observateurs, auprès desquels ils se sont pour ainsi dire promenés, n'en ont reçu aucune atteinte, ils n'en sont pas moins la source de grands dan-

r ils représentent soit rextrémité m< rode nuageuse, soit ce point d'élection e sa plus grande influence, et ils ann tendance à une décharge imminente d' s destructive qu'il y a une plus gra d'électricité en jeu.

saurait donc trop multiplier les directii quelles peut agir un paratonnerre p'

la formation de ce point particulier »

it d'un flux abondant d'électricité, iratonnerres à pointas multiples de ^ aissent tout à fait indiqués dans ce ibles à des paratonnerres à pointe unii ande hauteur.

Conclusion. — En résumé, les expérier

j avons décrites, et particulièrement c

'e de feu ambulant, permettent d'expliq

s effets de la foudre globulaire ou du t

boule,

idre globulaire, quand elle se manifi

jrme la plus remarquable, celle d'un gl

de feu qui chemine lentement à la surface du sol, nous paraît pouvoir être considérée comme une décharge lente et partielle, soit directe, soit par influence, de Vékctricité des nuées orageuses, lorsque cette électricité est en quantité exceptionnellement abondante, et que la nuée elle-même ou la colonne d'air électrisée qui en forme ponr ainsi dire f électrode se trouve très rapprochée du sol, ou nen est séparée que par une couche d'air isolante de faible épaisseur,

La marche lente et capricieuse des globes fulminants se produit, comme celle des globules de feu électriques décrits dans les expériences cidessus, par les variations de résistance de la couche d'air qui les sépare du sol, et par la tendance naturelle du flux électrique à chercher la ligne de moindre résistance pour son écoulement vers la terre.

C'est ainsi qu'on peut se rendre compte, selon nous, des effets de la foudre globulaire. Ces effets semblaient être une énigme indéchiffrable, tant que Ton n'avait pour terme de comparaison que les

effets des machines à frottement ou dans lesquels la quantité d'électricitt trop minime pour présenter des phén logues. Ils deviennent au contraire fa prendre quand on les rapproche des que nous avons observés avec une se tricité dynamique, réunissant à la foi; et la tension ' .

' Complu rtHdiis dcl' Ac^dîmie du scitncti, j mai |8'

Observation de quelques cas de foudre globulaire. — Éclairs

en cbapeltt.

§ 29. Cas de foudre globulaire à Paris y en 1876. — Les explications qui précèdent paraissent s'accorder, d'une manière satisfaisante, avec les faits que nous avons eu l'occasion de recueillir ou d'observer nous-même sur la foudre globulaire*.

Les conditions indiquées plus haut comme étant favorables à la manifestation du phénomène, c'està-dire la présence d'une grande quantité d'élec-

1 Comptes rendus de V Académie des sciences, t. LXXXIII, p. 32f'et 4^4^ 31 juillet et 21 août 1876.

tricité dans l'atmosphère, constituant, quence ou la continuité de ses décharges de flux dynamique, jointe à la produc pluie abondante saturant l'air de vapeu sont trouvées réalisées, lors de deux violi qui éclatèrent à Paris, les 24 juillet et 18

Aussi la chute de la foudre fut-elle sur plusieurs points, sous la forme glob

g 30. Le 24 juillet, entre 3'' -1/2 et de l'après-midi, une pluie torrentielle grosse grêle, et accompagnée d'éclairs nerre, s'abattît sur la place de la Ba nous traversions en ce moment. Le relativement faible, la nuée orageuse s presque fixe pendant quelques minuti charges étaient incessantes, et plusie de tonnerre, succédant aux éclairs sans appréciable, annoncèrent que la fo tombée plusieurs fois dans le voisinage.

Nous étant livré aussitôt à une enqi ;!pprîmes que le météore venait de to fois de suite presque au même point, sur

Beaumarchais, dans la cour et dans le jardin de la maison n® 28 de la rue des Tournelles, connue au Marais sous le nom de Thôtel de Ninon de Lenclos.

Le régisseur du théâtre, qui se trouvait dans le magasin des costumes, petit pavillon situé à la partie supérieure de l'édifice, avait vu tomber une bombe de feu de la grosseur du poing.

Dans la rue des Tournelles, un ouvrier demeurant au quatrième étage avait aperçu un globe de feUy de la grosseur d'un boulet de canon, passer au bord du toit près d'un pot de fleurs, en ne brisant qu'une tige, et tomber dans la cour. Au même instant^ un autre ouvrier placé au rez-de-chaussée observait trois petites boules de feu au-dessus du sol de la même cour qui était alors inondée.

De son côté, M. Languereau, fabricant de bronzes, voyait tomber deux ou trois parcelles incandescentes dans son jardin transformé en un vaste bassin par l'abondance de l'eau tombée comme une véritable trombe * .

1 Les dégâts matériels furent insignifiants, comme on pouvait s'y attendre en raison même de la chute de cette colonne d'eau qui a

I . Ces parcelles incandescentes ne :re formées de matière en ignition, brement d'air raréfié et des gaz de lumineux, comme les globules prot xpériences'.

pendant, de même qu'on trouve d{ mant, à leur intérieur, des noyaux c lique ou minérale, il peut se trou ce genre de parcelles lumineuses, ■seules cosmiques empruntés à l'atr

5 3 . Éclairs en chapelet . — L'c ûl 1876 fut plus remarquable encc dent par l'intensité des phénomèni

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. en effet, Vo qu'un soufBi ; sphérique e

)n d'observer i un counnt d'ilr altérer les conti

DE LA FOUDRE GLOBULAIRE 6l

ques. Il survint à la suite d'une longue période de fortes chaleurs et de sécheresse, et fut accompagné d'une pluie torrentielle. Cet orage, dont nous suivîmes attentivement les diverses phases, d'un des points les plus élevés des environs de Paris, des hauteurs de Meudon, où nous nous trouvions à cette époque de Tannée, nous fournit l'occasion d'observer un genre d'éclair très rare qui n'était point encore classé en météorologie et qui nous a paru de nature à jeter un nouveau jour sur la formation de la foudre globulaire.

L'orage se déclara, vers 6 heures du matin, aux environs de Paris. Une vaste nuée obscurcit le ciel et donna naissance à une série d'éclairs de grande longueur et de formes très variées : quelques-uns étaient bifurques, d'autres présentaient des courbes à points multiples ou des contours fermés. L'un d'eux, replié sur lui-même, présenta une forme exactement semblable à celle de la courbe connue sous le nom defolium de Descartes.

Ces éclairs paraissaient, en général, composés de points brillantSy semblables aux sillons de feu pro-

duits sur une surface humide par u électrique de haute tension.

Vers 7 heures du matin, au mome rage commençait à s'étendre sur Paris remarquable entre tous s'élança de la r sol en décrivant une courbe semblab allongé, et resta visible pendant un inst ciable, en formant un chapelet de grains disséminés le long d'un filet lumineux

(fig. 12).

Cet éclair nous sembla frapper Pari direction de Vaugirard. Les journaux ] en effet, que la foudre était tombée à Va Grenelle, etc., et, de plus, qu'elle ava sous la forme ovoï(le ou globulaire '.

« L'orage tant attendu 'est

enfin arriK. Vtiî mi

M commencé à sillonner la n

ue, sans bruit, mais ai

;nsitt de minute tn minute

. Vers 4 heures du m,

édaient sans interruption, cor

i.me les fusées d'un feu

a On a remarqua que les

coups de tonnerre é\

nitail point le crépite

,ii) une série de coupa secs

comme une canonnat

Il est probable que la chute de la foudre avait dû se produire simultanément sur divers points, et qu'elle s'était divisée en plusieurs grains dans le

voisinage du sol; car nous n'avions vu qu'un seul éclair atteindre la terre dans cette direction.

isi, au boulevard de Vaugirard, JJ9, le fluide électrique i ir la cheminé:, a traversé une chambre habitée. par une d

La pluie était très abondante, en sorte qi traversé par la décharge devait être entier saturé de vapeur d'eau.

' La foudre tomba encore, pendant cet oragi la forme globulaire', sur une maison pon numéro 35 de la rue de Lyon. Ce fait fut tionné également par tous les journaux *, e

mntique. qui, heureusement, it»it absente, et aprts avoir i qai le feu à un sic de linge, il est sorti de lii chambre e

«... Presque au même imiani, la foudre frappait la mai»

U maison et l'a projeta à une grande distance dans les jari ronnanis. Les éclats de pierre de la corniche, en retombai

7ine dont *tait garni le pignon a ité découp* comme à 1

' « il est vraisemblable, dit M. H. de Parville, que le pi du tonnerre en boule se produit plus souvent qu'en ne le aura ^ happé jusqu'ici au I observateurs non prévenus. Ain! M. Alluard, directeur de l' Obsrnaloire du Puy-de-Dôm pas rare de voir, par un temps d'orage, des quantités t boules de feu rebondir sur le versant de la montagne.

r Paris, a été accompagné, par . Rue de Lyon, n" 35, la foudre

nous assurâmes, par une enquête, qu'il était exact.

Entre autres témoins, un élève de la pharmacie placée au rez-de-chaussée de cette maison nous déclara avoir vu tomber, à quelques mètres de distance, et au même instant, deux globes de feu d'un éclat tel qu'il en fut ébloui, et qui disparurent en atteignant le sol.

Bien que nous n'ayons pas vu, de Meudon, réclair qui a frappé ce point de Paris, à cause du rideau de pluie qui nous le cachait, l'observation de réclair en chapelet qui était tombé à Vaugirard, permet de penser que celui delà rue de Lyon devait être de la même nature. Du reste, ceux qui se produisaient au sein des nues présentaient, ainsi que nous l'avons mentionné, lapparence de séries de points brillants plutôt que celle de traits lumineux uniformes.

§ 33. La quantité d'électricité répandue dans

d'un globe lumineux. Le tonnerre est tombé également dans la cour d'une usme, 7, rue jùlcs-César (à quelques pas du numéro 55 de la rue de Lyon). »

G. Planté, Phén. électriq. 5

re était si grande, pe rets d'influence très ci es et aux feux Saint-EI Trécul, dans le quai re'.

; genre d'éclair nous le la forme ordinaire de j rectiiignes à la forn 1 effet, que les grains c

I certain volume etdi de feu.

/ons donc conclu de ibes fulminants qui toi

'orage qui survint dans la tais occupa, entre 7 « 8 heu te. De grands Éclats de tonni lage, «urent lieu à plusieurs r

II à peu pr*! en mime temps 1

[ l'une d'elles était d'environ 3

moins grand nombre, accompagnés du bruit du tonnerre, et qui disparaissent immédiatement, peuvent être considérés comme dérivant d'un éclair en cbapeîeL

§ 35. Cette formation de grains lumineux, alternant avec des traits de feu, doit être une conséquence de récoulement du flux électrique au travers d'un milieu pondérable, et peut être comparée soit au chapelet de globules incandescents que présente un long fil métallique, fondu par un courant voltaïque, dont les extrémités restent un instant suspendues en fusion aux pôles de la pile, soit encore aux renflements résultant de Técoulement de toute veine liquide.

De telles agglomérations de matière électrisée et lumineuse doivent être naturellement plus lentes à se dissiper que le trait lui-même qui les relie, et ainsi s'explique la persistance de l'éclair observé.

Cette observation s'est trouvée concorder avec une autre du même genre, cité par M. du Moncel, dans la description d'une série d'éclairs à sillon persistant. Pendant un orage à Londres, dans la

19 au 20 juin 1857, on remarqua plusieurs qui persistaient pendant quelques instants, paraissaient qu'après s'être comme fondus <■£ granulaire » '.

ïvons donc été conduit ainsi à proposer de es exemples d'éclairs d'un caractère partide les classer, sous le nom d'éclairs en parmi les phénomènes météorologiques ^ Depuis lors, plusieurs témoignages sont onfirmer la réalité de l'existence de ce éclairs.

une communication adressée à l'Académie nces, le 20 novembre 1876, M. E. Renou e notre observation lui a rappelé un cas nblable dont il avait été témoin il y a ps.

idant un violent orage qui se déclara dans ; du 20 juillet 1859, aux ponts de Braye,

duMoncel,?

rs rendus di ,1 i76.

commune de Sougé, à la limite des départements de la Sarthe et de Loir-et-Cher, la foudre, dit M. E. Renou, me parut tomber sur des peupliers d'Italie, situés au bord de la Braye, à 200 ou 250 mètres du lieu où je me trouvais; la foudre traça un sillon vertical, mais un peu sinueux, formé de boules presque tangentes, absolument comme un chapelet, et d'un éclat excessif*. » M. Renou a apporté, en outre, un nouvel ar-

gument à Tappui de l'explication que nous avons donnée de l'origine des globes fulminants, en comparant le diamètre que lui ont paru avoir, à une distance déterminée, les grains de l'éclair en chapelet avec celui qu'ont ordinairement les globes fulminants vus de très près par quelques observateurs.

« Cette apparition, dit M. Renou, a été instantanée ; mais, d'après l'impression qu'elle m'a laissée, j'ai évalué le diamètre des boules à la dixième partie du diamètre du soleil ; un angle de 3' à

1 Comptes rendusy t. LXXXIII, p. 1002, 20 novembre 1876.

200 OU 250 mètres donnerait à ces S| diamètre de o^.ao; c'est le diamètre attribué à ces globes de feu qu'on a vuî fois traverser lentement des intérieurs ment, sans atteindre les personnes prés*

§ 37. Le R. P. Van Tricht' relate qu( un violent orage, accompagné de grêl lieu à Namur, le 24 juillet 1877, et qui déré comme le plus fort du mois, un ■ lègues observant avec lui, « a fort dis1 aperçu un de ces éclairs en chapelet do question dans les Comptes rendus de , des sciences de Paris ».

§ 58. D'un autre côté, le savant regrt guin, professeur à la Faculté des scienc louse, nous a écrit le 28 juillet 1878 :

« En confirmation de la forme en cbt vous citez des exemples, Je puis vous observé un éclair de cette structure :

1 Voir XÉIiidt dis orages m Bitgiqtie, par A. Lsncai 4i l'Observahiri royal di Brux/lUi, p. 179,^1878).

nuages vers la terre. Jetais alors à l'observato de Toulouse, et j'avais mis ce cas au nombre c figures bizarres et très variées que présentent so vent les éclairs vus d'une station élevée. »

§ 39. Pendant un très fort orage qui éclata Rouen, le 28 juin 1879, M. R. Coulon « obser un éclair qui ne fut pas instantané; quoique fi forme, il présenta une série de scintillements de la durée s'éleva bien à une seconde. Un autre écl se manifesta sous une forme remarquable. D' nuage situé au-dessus de la vallée de Darnet sortit un trait de feu horizontal, aussi droit qu'u aiguille, très renflfi au centre, et finissant en luei sa durée fut instantanée' et suivie d'un violent co de tannerre. » (L'Électricité, 5 décembre 1871

g 40, M. Jacquez, bibliothécaire de la Directi générale des Postes et des Télégraphes, a obsen pendant un orage qui éclata à Paris en 1885, ( éclairs en chapelet du genre de ceux que nous 1 nons de décrire, dans la direction de Montrouf

La foudre est en effet tombée, pendant l'un ces orages, dans ce quartier de Paris, et y a allui

'OUDRE GLOBULAIRE

L'enquête que nous avoi udre avait été vue sôus la a pas fourni de renseigna ncendie allumé prouve te grande quantité d'électr

sont plus généralement re à l'état globulaire que léaires.

juin, professeur de physï

a écrit récemment au ;mbre 1887):

t chapelet constituent un Permettez-moi.de porter ésultals d'une triple obse re à cet égard. Les trois : de haut en bas, étaient us, allongés, légèrement eux premiers jaillirent, s le sud-ouest de Bayo;

8 heures du soir, et le ton (Landes), un pin de :

j'observais, le 13 août c

vers 3 heures du soir. Dans les trois cas, j'ai pu très nettement apprécier la structure de l'éclair, grâce à la persistance de l'impression lumineuse sur la rétine. »

§ 42. D'autres exemples d'éclairs analogues ont été publiés également en Angleterre :

« Dans la soirée du i6 août 1877, écrit M. B. Joule*, un violent orage eut lieu à Southport. . . Parmi les plus brillants éclairs que j'observai, l'un d'eux présenta une apparence dont je n'avais jamais été témoin auparavant. Depuis son point de départ des nuages jusqu'à sa chute dans la mer, il semblait formé de petits fragments détachés qui lui donnaient l'aspect figuré ci-après (fig. 13). »

Cette dernière observation a été elle-même appuyée par une autre publiée dans le même recueil * :

i Sur un éclair remarquable : note lue par M. B. St. J. B. Joule à la Société de physique, etc., de Manchester (Nature, London, vol. XVIII, p. a6o, 4 juiHct 1878).

» Nature, London, vol. XVIII, p. 278, 11 juilllet 1878. Forme remarquable d'éclair, par E. J» Lawrence.

« Je puis confirmer, écrit M. E. J.

fait que les éclairs peuvent présente

la ioxmt ponctuée... 11 y a environ q pendant un orage accompagné d'uni dante, dont je fus témoin à Ampton éclairs se succédaient, d'une manièi

pendant plus d'une demi-heure, et le quart environ (autant que je puis m'en souvenir) présenta cette apparence exceptionnelle. Depuis cette époque, j'ai souvent cherché à la retrouver, mais je ne l'observai de nouveau qu'une seule fois, et encore n'y eut-il qu'un éclair de cette espèce parmi un grand nombre. Dans l'une et l'autre occasion, ces éclairs ponctués étaient d'un éclat éblouissant et présentaient la forme de courbes sinueuses sans angles vifs; l'une entre autres présenta celle d'un 8 presque parfait ^ »

§ 43. La réalité de l'existence des éclairs en chapelet ou s\m^\tmtv\iponctîiés (quand ils sont vus à une plus grande distance) nous paraît donc démontrée par les faits qui précèdent, et permet d'en

^ On peut encore ranger dans la même classe d'éclairs celui qui a été observé dernièrement à Londres, pendant un violent orage, le 16 août 1887 :

« Vers 8^ 1/2 du soir, un éclair remarquable a été vu dans le voisinage du quartier de Lambeth et de Westminster, sous la forme d'un trait étroit et fourchu qui s'est soudainement divisé en milliers de boules de feu^ comme une fusée de feu d'artifice. » (Tbe Electrician,

\ 19 août i8S7,p. 306.)

j6 DE. LA FOUDRE GL

former une classe particulièi appelons l'attention des obse Il serait en outre intéressa observerait des éclairs de cett s'ils ont été suivis de la chut forme globulaire, ce qui conf nous venons d'exposer.

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