‹ Phénomènes nerveux, intellectuels et morauxChapitre 16 sur 25 · NERVEUX · texte numérisé non relu

NERVEUX

sion nerveuse venant de l'extérieur, ou d'une partie de notre organisme autre que celui qui est l'organe même de notre volonté ' .

On doit cependant remarquer que les actes volontaires peuvent devenir automatiques. On répète, par exemple, plusieurs fois volontairement un certain mouvement, l'habitude se forme, et l'on finit par répéter ce mouvement sans y penser, sans le concours de la volonté, automatiquement.

Les actes excito-moteurs volitionuels, peuvent donc se changer en actes automatiques. Il est également à remarquer que, dans une foule de circonstances, des mouvements identiques peuvent être produits volontairement ou automatiquement, et même d'une manière tantôt consciente et tantôt inconsciente, tels que le mouvement respiratoire, le bâillement, etc.

Le siège exclusif des mouvements volontaires se trouve dans le cerveau proprement dit ; il est également le siège d'un grand nombre de mouvements automatiques, mais pas de tous. Les centres nerveux, et la moelle épinière principalement, peuvent leur

' Nous avons fait voir comment l'homme est libi'e et jusqu'à quel point il peut l'être, dans notre ouvrage : la Loi absolue du devoir au point de 'vue de la science comparée, couronné par l'Académie nationale au nom delà Société de statistique universelle en 1875; librairie Firmin-Didot et C'*'-

donner naissance, et l'on peut souvent observer que ces derniers mouvements automatiques sont coordonnés pour atteindre un but : «... La moelle épinière est un agent apte à transformer, pour ainsi dire, les actions nerveuses sensitives en action excitomotrices, sans l'intervention d'aucune autre puissance nerveuse ^ »

«... En effet, non seulement certains foyers d'activité nerveuse exercent sur leurs associés plus d'influence que ne le font d'autres foyers de même grosseur, mais déterminent, dans les effets résultant de leur travail, une coordination telle que les mouvements provoqués de la sorte, au lieu d'être isolés et désordonnés, comme le sont la plupart des mouvements réflexes, sont combinés entre eux de manière à produire un résultat spécial qui semble être prévu , et qui est en rapport avec les besoins physiologiques de l'être animé; des mouvements, en un mot, qui ont un caractère intentionnel, et qui ressemblent beaucoup à ceux qu'une volonté intelligente pourrait faire exécuter en vue de l'obtention de ce même résultat ^ »

Il est également à remarquer que l'on peut exciter ou calmer les centres nerveux par des substances mêlées au sang, et en circulation dans l'organisme. La strichnine, par exemple, exalte à un haut degré l'excitabilité de la moelle épinière; les anesthésiques,

' H. MiLNE Edwards, Leçons de physiologie, t. XIÎI, p. 121 . 2 Ibid., p. 140.

au contraire, diminuent ou suspendent son action \ Le système nerveux est le siège du principe incitateur des mouvements volontaires et involontaires, des facultés sensorielles et intellectuelles, et préside à toutes les fonctions de l'économie.

Cependant, tous les êtres animés ne sont pas pourvus d'un système nerveux; les animaux les plus simples, et qui établissent en quelque sorte la transition entre le règne végétal et le règne animal, n'offrent aucun indice d'éléments nerveux et musculaires. Les physiologistes ont été amenés à supposer que dans la matière homogène (protoplasma), qui constitue ces animaux, se trouvent confusément associée la matière nerveuse et la substance musculaire que l'on voit dans des êtres plus élevés en organisation, se dissocier pour former des éléments anatomiques distincts. Mais on a pu justement avancer que les animaux sont d'autant plus parfaits que leur système nerveux est plus développé ^.

La localisation des perceptions et des facultés excito-motrices, se fait d'une manière d'autant plus distincte, que Ton s'élève davantage dans l'échelle

' Nous avons fait de nombreuses expériences relatives à l'influence des aliments sur le système nerveux ; les principaux résultats auxquels nous sommes arrivés sont résumés dans un Mémoire communiqué à l'Académie des scienceset inséré dans les comptes rendus de l'année 1867, semestre. Nous les avons développés dans notre ouvrage : les Lois de la vie et VArt de prolonger ses jours, couronné par l'Inslitut de France, 2*^ édil. ; librairie Firmin-Didot et C'°.

- To/r LONGET, t. 111, p. 7 8.

des animaux : « Chez les animaux les plus inférieurs, tels que certains vers, tous les centres nerveux ou ganglions paraissent être doués des mêmes propriétés physiologiques, car chacun d'eux, étant séparé accidentellement de ses associés, peut continuer à exercer toutes les fonctions remplies par l'ensemble du système K »

Et ailleurs le même physiologiste s'exprime ainsi : (( Chez les animaux les plus inférieurs, les facultés mentales, pour ainsi dire rudimentaires, peuvent s'exercer au moyen d'une partie quelconque de l'organisation ; chez les êtres moins imparfaits, elles deviennent la propriété des foyers nerveux qui d'ailleurs restent à peu près similaires entre eux, et qui sont constitués par les ganglions disposés d'anneaux en anneaux, ainsi que cela se voit chez les lombrics et les noïs »

Ainsi, chez les animaux inférieurs, les facultés instinctives ne sont pas toujours dépendantes d'un organe déterminé ; elles ne paraissent pas liées nécessairement à un organe exclusif.

La vitesse avec laquelle se propagent les excitations dans les nerfs a donné lieu à d'importantes études;

' II. MiLiSE Edwards, Leçons c/c physiologie, t. XllI, partie. ' Ibid., 2« partie.

mais ces études, à cause des difficultés très grandes qu'elles présentent, laissent beaucoup à désirer.

Par une excellente et ingénieuse méthode, M. Helmholtz est cependant arrivé à de beaux résultats. 11 a trouvé que la vitesse du courant nerveux était de 27 mètres environ par seconde.

M. Chauveau, plus récemment, par la méthode graphique, et en s'inspirant des procédés employés par M. Helmlioltz, a également fait des expériences suivies et variées, conduites avec les soins les plus minutieux; les résultats obtenus dépassent ceux que l'on connaissait jusqu'à ce jour.

Voici les principaux communiqués à l'Académie des sciences K

Dans des expériences comparatives , la vitesse moyenne de propagation des excitations nerveuses a été de vingt et un mètres par seconde, sur des grenouilles dont la vigueur laissait peut-être à désirer. iM. Chauveau a de plus constaté, chez des mammifères, que la conductibilité est moindre dans la partie terminale du nerf, par conséquent, que les excitations cheminent d'autant moins vite qu'elles se rapprochent davantar/e de la terminaison du nerf, ou, en d'autres termes, que l'activité de la conductibilité décroît de l'origine à la terminaison du nerf.

Dans les expériences faites sur les animaux morts, cette loi paraît renversée, ce qui peut expliquer les

Comptes rendus de l'Académie des sciences, 1878, 2'' semestre.

résultats contradictoires des recherches faites sur les nerfs de la grenouille.

Pour comparer la vitesse des excitations nerveuses chez différents sujets, M. Chauveau a surtout expérimenté sur la portion moyenne des nerfs, qui est également celle, d'après ce que nous venons de dire, dans laquelle la transmission se fait avec une vitesse moyenne. Il a pu constater ainsi que la vitesse de propagation est sensiblement la même sur les animaux placés dans les mêmes conditions physiologiques. Cette vitesse est de 65 mètres environ par seconde; c'est-à-dire trois fois plus considérable que dans les nerfs moteurs de la grenouille.

Sur les sujets énergiques de races distinguées, en bon état de santé, elle est toujours plus grande que sur les sujets communs, mous et débiles, surtout s'ils ont été soumis à une anesthésie trop prolongée. Cette vitesse peut arriver à dépasser 75 mètres chez les uns, et descendre au-dessous de 40 mètres chez les autres.

M. Chauveau donne également le détail des expériences qui l'ont conduit à la loi suivante : « Dans les nerfs moteurs des muscles involontaires, à faisceaux rouges et striés, la vitesse de transmission des excitations centrifuges est environ huit fois moindre que dans les nerfs des muscles de structure identique, qui appartiennent au système musculaire soumis à la volonté K »

' Comptes rendus de V Académie des sciences, 1878, 2® semestre.

Quand on étudie simultanément les phénomènes psychiques et les phénomènes physiologiques, ces données prennent une nouvelle importance \

Suivant M. Helmholtz , la communication du mouvement nerveux aux muscles ne se fait pas instantanément ; par conséquent, tout le temps qui s'écoule entre l'excitation et le mouvement n'est pas occupé par le transport de l'agent nerveux, mais le muscle, quand il a reçu Tordre apporté par le nerf, reste un instant avant d'agir, c'est ce que M. Helmholtz appelle temps perdu.

M. Marey, de l'Institut, ajoute avec raison un grand prix à cette observation ; il croit qu'elle peut expliquer la plupart des variations que l'on attcibue généralement à la vitesse de l'agent nerveux

Il rappelle qu'il a été observé depuis longtemps, sur des muscles encore vivants, qu'il se forme au point que l'on excite des saillies ou nodosités qui courent ensuite, d'un mouvement plus ou moins rapide , tout le long du muscle comme une onde à la surface de Teau; il ajoute : « Quand l'onde apparaît

* Voir sur ce sujet notre ouvrage : les Lois de la vie et l'Jrl de prolonger ses Jours, couronné par l'Jnslitut de France, 1'" partie; liln-airie Firmin-Didot et C'"'.

^ M. Marey, de l'Institut, La Machine animale, chap. v. — Ce savant, qui a étudié avec tant de sagacité les mouvements des divers organes, a établi un rayographc qui porte son nom, avec lequel on peut opérer sur un muscle sans le détacher de l'animal, ce qui permet délaisser l'organcdans les conditions normales de sa fonction. L'importance de cet instrument pour ce genre d'observation est évidente.

dans le muscle, elle constitue une cause de raccourcissement, pendant toute la durée du transport le raccourcissement persiste, et quand, arrivant au bout de la fibre musculaire, Tonde s'évanouit, le raccourcissement disparaît avec elle » Et un peu plus loin : «... Lorsque la volonté commande une contraction musciilaire, le nerf provoque dans le muscle une série de secousses assez rapprochées les unes des autres, pour que la première n'ait pas le temps de s'accomplir avant qu'une autre ne commence. De sorte que ces mouvements élémentaires s'ajoutent et se fusionnent pour produire la contraction ^. »

Un grand nombre d'observateurs, s'occupent de l'intéressante question qui a rapport au temps qu'il faut à une impression, pour qu'elle soit perçue ou sentie.

En général, on donne le nom de temps physiologique, ou de teîïips de réaction au temps qui s'écoule entre le moment où se produit l'impression ou l'excitation sensitive, et le moment où la personne en expérience indique, par un signal, qu'elle a perçu la sensation.

' M. Marev, La Maclùnc animale, liv. I", chap. V. ' Ibid.

M. Vulpian, de l'Institut, a communiqué à l'Académie des sciences, au nom de M. Aug. Charpentier, une étude précise sur la durée de la perception lumineuse. L'auteur a cherché, après diiïerents expérimentateurs, à déterminer le temps qui s'écoule entre l'apparition d'une lumière devant l'œil, et la production d'un signal fait par le sujet dès qu'il a perçu la lumière. Il appelle ce temps, pour abréger, « durée de la perception lumineuse ».

Il a mis en œuvre, pour ses expériences, les appareils les plus perfectionnés de la science.

Voici quelques-uns des principaux résultats qu'il a obtenus : Pour une même personne, et dans les mêmes conditions, la durée de la perception varie du simple au double, sans régularité apparente. Mais si dans une expérience on prend la moyenne d'un assez grand nombre de déterminations successives, une dizaine, par exemple, on trouve une durée constante pendant tout le temps de l'expérience. Il a constaté pour lui, dans la vision directe, une durée de treize centièmes de seconde à la lumière du jour.

Le temps de réaction , c'est-à-dire le temps qu'il faut pour percevoir et signaler la lumière, a varié suivant les personnes, de 9 à 15 centièmes de seconde. Il est sensiblement le même, pour l'œil droit et pour l'œil gauche, lorsqu'ils sont sains. Il est sensiblement augmenté par une occupation cérébrale imposée au sujet pendant l'expérience. Ainsi, quand le sujet parle, quand il écoute attentivement

une lecture ou un discours, tout en s'occupant de Fexpérience, il lui faut, pour réagir, 4 ou 6 centièmes de seconde de plus qu'auparavant. Le temps de réaction est également toujours plus considérable dans la vision indirecte que dans la vision directe ; il est d'autant plus considérable que le point de la rétine frappé par la lumière est plus éloigné du centre. Gela ne peut tenir à une différence de sensibilité, la rétine, d'après ses expériences et celles de M. Landolt, étant partout à peu près également sensible à la lumière

On a également constaté que la vitesse d'impression sensorielle peut varier suivant les circonstances de froid, de chaud, etc., et même suivant le tempérament des individus : par exemple, lorsque plusieurs astronomes notent le passage précis d'un astre au méridien, ils ne s'accordent presque jamais parfaitement, il se trouve une différence indiquée sous les expressions de coefficient individuel, d'équation personnelle, etc.

Des expériences rigoureuses sur la durée de la persistance de la sensation tactile ont de même été reprises récemment et conduites avec soin.

La notion de la persistance de la sensation lumineuse résulte de l'effet optique produit par la rotation rapide d'un charbon incandescent. Le cercle lumineux décrit par ce charbon paraît complètement

' Comptes rendus de 1' /Icadcmie des sciences, 1882, 2"^ semestre.

fermé lorsque le mouvement est assez rapide pour arriver à dix tours par seconde; on en conclut que la sensation lumineuse ne s'évanouit qu'un dixième de seconde après la disparition complète de la cause qui l'a produite. Ce chilïre n'a d'ailleurs rien d'absolu; avec d'autres sources lumineuses et par diverses méthodes, on a trouvé des durées variables entre un quinzième et un vingtième de seconde dans les expériences de Lissajous, et même d'un trentième dans celles de Foucault.

W. L. Lalanne s'est demandé s'il n'était pas possible de déterminer la durée de la sensation tactile par un procédé du même genre que l'expérience du charbon ardent. Supposons, dit-il, qu'on imprime à un corps flexible, dont le contact ne soit pas de nature à blesser l'épiderme, un mouvement de rotation rapide autour du bras ou de la jambe tenus immobiles. Si le retour du corps frottant à chacun des points de contact s'opère dans un intervalle de temps sufflsamment court et tout au plus égal à la durée de l'impression produite, on pourj-ait penser que, par analogie avec ce qui se passe pour l'œil dans l'expérience du cercle lumineux complètement fermé, on éprouverait sur toute l'élendue du trajet soumis au frottement une sensation continue, analogue à celle que produirait la pression d'un bracelet ou d'un anneau. M. Ch. Martin et Aug. Le Pileur ont accepté de faire les expériences de concert avec M. L. Lalanne.

En voici les résultats : 1" la continuité ne s'est jamais manifestée pour moins de dix tours par seconde : la durée de la sensation tactile observée n'a donc pas surpassé un dixième de seconde, et dans un certain nombre d'expériences elle a été moindre; 2° la moindre durée observée a été de 1/24 à l/2o de seconde; 3° ce minimum de durée varie avec les individus et suivant les parties du corps.

Une équation personnelle, analogue à celle dont les astronomes sont obligés de tenir compte, a donné une quantité variable entre et 1/14' de seconde pour la persistance de la sensation, suivant les observateurs, le contact ayant lieu sur la face dorsale de la deuxième articulation de Tindex. Sur la partie externe du bras , entre le deltoïde et l'articulation du coude, la durée était pour l'un des observateurs un peu plus de 1/13' de seconde, tandis que pour un autre elle descendait presque à 1/22". Il est à remarquer d'ailleurs que les équations personnelles se sont presque toujours manifestées dans le même sens; la sensibilité tactile conduisait les trois observateurs à apprécier différemment, mais, en général, dans le même ordre, le nombre de tours nécessaires pour produire la continuité de la sensation. L'inégalité de sensibilité chez un même sujet, inégalité dont la mesure pourrait être désignée sous le nom d'équation locale, paraît ressortir aussi du tableau des expériences dressé par les expérimentateurs. Chez l'un d'eux,

la durée de la sensation a varié de 1/1 i de seconde sur le bord radial de l'avant-bras, à i /22 de seconde sur la partie externe du bras entre le deltoïde et l'articulation du coude.

Ces résultats obtenus à l'aide d'une méthode sévère ont été présentés à l'Académie des sciences par M. H. Milne-Edvards,. de l'Institut'.

M. Beaunis a publié le résultat d'expériences faites dans le laboratoire de la faculté de médecine de Nancy, sur le temps de réaction de la faculté olfactive, pendant les mois de décembre 1882 et de janvier 1883. Une chose digne de remarque, c'est que le temps de réaction varie suivant les substances impressionnelles. Ce temps est de 37 centièmes de seconde pour l'ammoniaque, de 46 pour l'acide acétique, de 50 pour le camphre, de 5!2 pour l'assa fœlida, de 54 pour le sulfure ammonique, de 59 pour le sulfure de carbone, de 60 pour la valériane, de 63 pour la menthe, de 67 pour l'acide phénique. Pour le musc, il lui a été impossible de préciser nettement le moment de la perception olfactive. M. Buccola, de Turin, a également fait de son côté des expériences qui s'accordent avec celles de M. Beaunis ^.

Rappelons que Mach, qui a également étudié ces questions, a donné pour la vitesse des impressions visuelles 0,047; pour la vitesse des impressions auditives, 0,016; et pour celle du tact au doigt, 0,029.

' Comptes rendus de l'Académie des sciences, 1876, l" semestre. « Ibid.y 1882, r'" semestre.

Les sensations auditives, d'après la proportion de ces nombres, seraient ainsi les plus rapides

Pour compléter cette étude sur les fonctions générales des nerfs , nous exposerons très succinctement les résultats obtenus par M. P. Bert, sur la transmission des excitations dans les nerfs de sensibilité.

(( Les physiologistes, dit-il, sont loin d'être d'accord aujourd'hui, sur la question de savoir si les nerfs auxquels leurs fonctions spéciales ont fait donner le nom de nerfs du mouvement et de sensibilité, sont identiques ou différents dans leur propriété intime; c'est-à-dire si un nerf de sensibilité pourrait conduire des excitations ayant pour résultat un mouvement, et réciproquement.

On ne sait même pas si une excitation portée sur le milieu du trajet d'un nerf, se propage à la fois dans les deux directions centrifuge et centripète. . .

(f Si l'on pince en un point de son parcours un nerf de sensibilité, la douleur éprouvée indique bien nettement que l'excitation s'est propagée dans la direction centripète, mais nous ne savons rien sur la propagation centrifuge, par cette raison bien simple qu'à l'extrémité terminale du nerf ne se trouve point

* Annales médico-psycliologiqiics , t. II, année 1869.

d'appareil percepteur. Mais si nous parvenons à mettre cette extrémité en rapport avec le centre percepteur, c'est-à-dire avec le cerveau, nous verrons bien s'il y a sensation , ce qui impliquera la propagation centrifuge \ »

M. P. Bert, mettant en œuvre les connaissances acquises sur la grefle animale, a institué des expériences qui lui ont donné d'importants résultats.

« En résumé, dit-il, l'expérience que je viens de rapporter démontre que l'excitation portée en un point quelconque du trajet d'un nerf de sensibilité, se propage à la fois dans les deux directions centrifuge et centripète. Il en est sans doute de même pour un nerf de mouvement. Il devient par conséquent extrêmement probable, comme l'enseignait M. Vulpian, que les nerfs sont de simples conducteurs, qui ne se ditïerencient que par leur fonctionnement, lequel dépend des appareils qui se trouvent à leurs deux extrémités : cellules nerveuses motrices et fibres musculaires pour les nerfs de mouvement, cellules nerveuses réceptrices, et terminaison impressionnable pour les nerfs de sensibilité »

Toutes les études de ce genre prennent une nouvelle importance maintenant que l'on parvient à démontrer que, en définitive, l'organisation dans sa fonction la plus générale, dans ses relations avec l'âme et ses facultés, n'est qu'un transmetteur et un

' Comptes rendus de V Académie des sciences, 1877, l*'^' semestre. IbUL, 1877.

transformateur du mouvement. Chaque organe peut avoir une fonction spéciale , mais l'organisation tout entière , considérée sous le rapport de ses relations intimes avec le jeu, l'action des facultés de l'âme, n'est qu'un transmetteur et un transformateur de mouvement

On arrive facilement, en suivant cet ordre d'idée, à se convaincre que Tâme n'est pas un simple mouvement produit ou transformé, mais une force initiale, qui peut^ par sa propre et libre initiative, diriger le mouvement, et développer, féconder, ou neutraliser plus ou moins celui qui vient l'impressionner, et bien des objections que le matérialisme faisait au spiritualisme disparaissent naturellement.

' Nous croyons l'avoir démoulré, dans un Mémoire lu à l'Académie des sciences morales et politiques (Institut de France), et inséré dans le Recueil des travaux de cette Académie, liv. de janvier 1880 : Du mouvement psychique et du mouvement expressif.

liOK ag^eiifs impressioiinolis en g:éiiëi*al.

Le son; sa nature; les vibrations sonores. — Principales qualités du son. — L'intensité du son. — Le ton. — Le timbre. — La lumière; liypolhèse de l'émission; hypothèse des oncluhUions; nature de la lumière; analogies frappantes entre le son et la lumière; principales lois de la lumière.

Nous appelons agents impressionnels, les agents qui, en affectant le système nerveux, produisent un mouvement centripète.

Ces agents jouent un grand rôle dans la sensation et dans la perception. Pour que nous puissions sentir et percevoir, il faut que les nerfs des sens, ou ceux que l'on appelle de sensibilité générale, soient impressionnés, qu'ils conduisent celte impression au cerveau , et qu'elle parvienne jusqu'au scnsorium , c'est-à-dire au lieu du cerveau où elle influe sur l'àme, sur le principe de vie, et se révèle à lui.

Les principaux et les plus importants de ces agents, sont les ondes lumineuses et les ondes sonores. Nous allons les étudier d'une manière spéciale quoique

succincte. Pour les autres agents impressionnels, il nous suffira de les mentionner, en parlant des sens en activité.

Nous ferons connaître les résuUats obtenus par la science, et les dernières investigations auxquelles ils ont donné lieu. Nous commencerons par les ondes sonores; leur étude permet de mieux saisir les lois de la lumière, par analogie.

Le son. — Le son naît de mouvements imprimés par la percussion, ou de tout autre manière, aux molécules des corps.

Les molécules des corps, dérangées momentanément de leur position d'équilibre, y reviennent en exécutant, de part et d'autre de cette position, des mouvements rapides que l'on désigne sous le nom de vibrations, et qui donnent naissance au son.

Il est facile de constater ces vibrations, par des procédés simples que l'on trouve dans tous les traités d'acoustique.

Une chose remarquable, c'est que, dans leurs expressions diverses , les vibrations sonores sont coordonnées d'une manière spéciale pour chaque phénomène. Nous reviendrons sur ce point important, mais constatons d'abord que Chladni a eu la pensée de rendre visibles ces vibrations, en versant du sable

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