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CHAPITRE PREMIER

ÉTAT DE LA SCULPTURE GRECQUE AU COMMENCEMENT DU Ve SIÈCLE AVANT J.-C

Esquisse du progrès général de l'art au vie siècle et dans les vingt premières années du ve siècle. — Les deux courants ionien et dorien. — Rôle privilégié de l'école attique.

u début du ve siècle, dans le moment où la Perse, ayant ruiné et asservi les cités grecques du littoral asiatique, étendait sa convoitise par delà la mer iEgée vers le reste de l'Hellade, la civilisation grecque en son ensemble se présentait comme une belle moisson drue, qui a déjà pris toute sa taille, et dont le vert des épis, déjà pâlissant par places, annonce la très prochaine maturité. Quel mal, s'il était arrivé que le Barbare fût vainqueur jusqu'au bout, qu'un satrape commandât là où Périclès allait bientôt être le chef élu, et que, de la belle moisson, durement foulée, quelques épis seulement restassent debout et donnassent leur grain !

L'art tout entier, dessin et peinture, sculpture et architecture, avait progressé, durant le vie siècle,

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d'une marche continue. La façon d'être et les qualités propres de l'esprit hellénique avaient, naturellement, déterminé la direction de ce progrès ; mais certaines circonstances d'ordre politique et social aidèrent à sa rapidité et à son extension. L'art de la période archaïque dut beaucoup à ceux que les Grecs appelaient les « tyrans », à ces maîtres plus ou moins éphémères qui, soit goût personnel ou calcul de popularité, voulurent d'habitude donner à leur ville un surcroît d'éclat et de renom : particulièrement dans la seconde moitié du siècle, Polycrate à Samos, Lygdamis à Naxos, et surtout les Pisistratides à Athènes, exercèrent vis-à-vis de l'art un rôle de protecteurs et de stimulateurs, qui n'est pas sans analogie avec celui que jouèrent, au Quattrocento, les Médicis à Florence, les Este à Ferrare, les Gonzague à Mantoue, les Sforza à Milan. — Plus efficace encore fut Faction, directe ou indirecte, des grands sanctuaires religieux. C'est au vie siècle que la plupart d'entre eux prennent, en quelque sorte, leur position définitive et allument dans le monde grec autant de phares, plus ou moins hauts, plus ou moins lumineux, de la commune religion et du sentiment national. C'est alors que sont organisés, en imitation des Jeux d'Olympie, les Jeux de Delphes, de l'Isthme et de Némée, puis, un peu plus tard, les Panathénées ; et si, de cette concurrence, la gloire ancienne d'Olympie sortait renforcée, les autres sanctuaires grandissaient aussi en réputation. Ces

lieux sacrés, où habitaient les dieux, où triomphaient les athlètes, où se réunissaient les congrès entre cités, étaient destinés à toujours s'enrichir d'édifices et d'offrandes et à renfermer dans leur enceinte le principal du trésor artistique de la Grèce. Et ce qu'ils devaient être un jour s'annonçait clairement dès lors; car l'histoire de l'architecture grecque jusqu'à son apogée n'est guère que celle du temple grec, et l'histoire de la sculpture, pour la même période, n'a presque jamais à s'éloigner des environs immédiats du temple.

C'est donc grâce aux fouilles opérées dans les ruines et sur l'emplacement des sanctuaires fameux qu'ont été exhumés, à Athènes et à Éleusis, à Délos, à Delphes, à Olympie, au Ptoïon, à Sélinonte, à Éphèse, etc., les plus nombreux et plus significatifs monuments, aujourd'hui connus, de la sculpture archaïque. A quoi s'ajoutent, en seconde ligne, les œuvres plus rares et plus dispersées qui proviennent des nécropoles. Or, quand on embrasse d'un regard l'ensemble de ces sculptures, on constate d'abord que, bien avant l'année 5oo, les genres principaux étaient déjà fixés, les rôles distribués, et que le progrès s'accomplissait régulier, sans incertitude, sur des voies nettement définies. Le relief et la ronde bosse, la statue isolée et la décoration monumentale existaient à la fois. Le marbre blanc, mis en usage de bonne heure par les artistes de la Grèce asiatique et des Gyclades, remplaçait presque partout les calcaires

plus grossiers de l'âge antérieur ; cependant que le procédé de la fonte en creux, rapporté d'Égypte par des Samiens, donnait l'essor désormais au travail du bronze. Enfin, dans la préférence accordée selon les régions à l'une ou l'autre des deux nobles matières, marbre ou bronze, puis dans l'inclination montrée selon les ateliers pour l'un ou l'autre des deux types capitaux de la statuaire, homme nu ou femme drapée, puis surtout dans l'expression et l'accent particulier que prenaient ces types sous telle ou telle main, et aussi dans les façons non semblables de traiter le relief ou de comprendre la décoration, se manifestaient avec clarté les deux courants d'esprit, les deux capacités de création artistique, les deux génies qui, peut-on dire, coexistaient dans le génie grec et en ont si heureusement diversifié la foncière unité. Il convient de préciser ces premiers aperçus.

Du jour où la Grèce, ayant achevé de constituer les deux styles en lesquels tient l'essentiel de son architecture, eut créé le temple dorique et le temple ionique, chacun de ces édifices s'offrit tout de suite à la décoration sculptée. Frontons et acrotères, frise dorique découpée en triglyphes et métopes, frise ionique déroulée en bandeau ininterrompu, l'art du sculpteur eut à lui ce champ très sévèrement limité, mais dans les limites duquel il y avait place pour une invention variée. Des édifices doriques, comme le Trésor des Sicyoniens à Delphes et le Trésor des Mégariens à Olympie, nous laissent encore aperce-

voir, malgré leur ruine quasi complète, quel juste sentiment les vieux imagiers grecs avaient eu, bien vite, à la fois des nécessités que leur imposait la collaboration à une œuvre d'architecture et de la liberté qu'ils devaient cependant garder pour faire eux-mêmes œuvre vivante et personnelle ; nous pouvons aussi apprécier combien la marche dans la bonne voie fut sûre et rapide, en comparant au fronton du Trésor des Mégariens l'un des frontons du temple édifié sur l'Acropole d'Athènes au temps des Pisistratides : c'est le même sujet, une Gigantomachie, repris après un intervalle de vingt ou trente ans ; et cette seconde composition, en marbre, avec ses figures plus grandes que nature, entièrement détachées du fond, puissantes dans leur attitude et mesurées dans leurs mouvements, accuse déjà le beau caractère monumental de la sculpture du ve siècle. D'autre part, le Trésor des Cnidiens à Delphes est un modèle achevé, pour l'époque, de la décoration abondante et coulante où tendait le style ionique ; même, la sculpture, débordant son domaine habituel, y a fourni les supports de l'entablement sur la façade : deux figures féminines aux gracieuses draperies, en place des colonnes aux lignes nues et rigides. En sorte que, dans cet édifice dont une cité de l'Asie avait paré le sanctuaire pythique, se trouvaient déjà réunis tous les éléments qui devaient composer, un siècle plus tard, la beauté élégante et raffinée de l'Érechtheion, sur l'Acropole.

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Entre les statues exposées autour du temple, nobles offrandes de marbre ou de bronze, les plus nombreuses ressortissaient aux deux types de l'homme nu et de la femme drapée, réprésentés l'un et l'autre debout, jaillissant droit de leur haut piédestal, colonne ou pilier mince. Et, par le premier de ces types, se poursuivait tenacement l'étude des formes du corps humain mâle, en vue d'atteindre le pur idéal athlétique, conséquence forcée des idées et usages grecs quant à l'éducation du citoyen ; tandis que, par l'autre type, se poursuivait l'étude des draperies et parures, qui doivent faire au corps, s'il est vêtu, un harmonieux et expressif accompagnement de sa forme naturelle. L'incomparable réunion de statues de femme, au musée de l'Acropole, dont la reine est celle qui porte la signature du sculpteur Anténor, puis la belle série de statues d'homme retirées du sol du Ptoïon, suffiraient à nous éclairer sur l'importance de ces deux types et à nous en faire deviner le développement progressif ; mais il y a, recueillis ailleurs, bien d'autres échantillons de ce genre, qui élargissent notre connaissance et nous aident à mieux saisir encore le fécond travail des sculpteurs archaïques, dans son unité et sa diversité à la fois.

Unité : car le but était pour tous le même ; les découvertes et acquisitions d'un atelier profitaient vite à tous les autres, ne fût-ce qu'à cause de l'exposition publique et permanente, dans les sanctuaires,

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d'œuvres de toutes les écoles ; et, pas plus que le morcellement de la Grèce en tant de cités distinctes et indépendantes n'affaiblissait le sentiment de la communauté d'origine entre ces hommes qui avaient mêmes dieux et même langage, la multiplicité des foyers d'art en Grèce n'avait pour conséquence leur isolement, mais plutôt l'émulation entre eux, et n'empêchait que la sculpture grecque demeurât une par le principe et les caractères essentiels.

Diversité cependant : car le génie hellénique était trop richement doué, pour que le développement simultané de ses qualités fût possible, dans les commencements surtout, sans une sorte de division du travail. L'indispensable division s'opéra d'instinct pour les créations de l'architecture, et pareillement pour celles de la sculpture. Comme il y a deux ordres d'architecture, il y a aussi, peut-on dire, deux «ordres» de sculpture. A l'architecture dorique correspond une sculpture sévère, sobre, puissamment construite, aux dessous solides, aux lignes raidement arrêtées, moins soucieuse du charme que de la force et de la netteté ; ce fut celle qui domina dans la partie occidentale du monde grec, dans la Grèce dite dorienne, et spécialement dans le Péloponnèse, terre d'élection du mode dorique en architecture. Le mode ionique, au contraire, est né, s'est développé et régna toujours dans la Grèce d'Asie ; et à cette architecture plus élégante et plus parée correspond une sculpture animée, facile, aux formes coulantes, variée d'imagi-

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nation, préoccupée de plaire dès le premier aspect : elle prit l'essor, un rapide et joyeux essor, dans les brillantes cités ioniennes du littoral asiatique et des îles voisines, et s'étendit sur presque toute la partie orientale du monde grec. — La sculpture dorienne^ conformément à ses tendances innées, se plut davantage à la représentation de l'homme nu, au mâle type athlétique, puisque aussi bien c'est dans le Péloponnèse que l'athlétisme avait ses plus fervents adeptes et recevait, aux fêtes d'Olympie, ses plus éclatantes consécrations ; elle traita, d'ailleurs, suivant le même esprit de vigueur raide et âpre, le type de la femme, d'une femme dénuée de toute grâce féminine, sous l'austère costume dorien ; et le bronze, propre à faire valoir des contours durs et des formes précises, fut sa matière favorite. Si les sculpteurs ioniens, par contre, ont en général préféré le marbre blanc, ce n'est pas seulement parce qu'ils l'avaient à leur portée, mais bien plus parce que les qualités spécifiques de ce marbre et la nature du travail auquel il se prête s'accordaient mieux avec leur sentiment secret de l'art ; ils ont été des décorateurs copieux, intarissables, et l'habileté de marbriers que leur donna la pratique incessante du relief, ils l'ont naturellement transportée à la ronde bosse, où leur type de prédilection fut la figure de femme, la coré souriante, avenante, coquettement drapée, gaiement peinte.

Après qu'on a reconnu la légitimité de cette

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grande division dans la sculpture archaïque, il faut en mesurer exactement les conséquences, sans les exagérer ni les amoindrir. Si longue que soit la distance entre les points extrêmes, si différentes qu'aient pu être, par exemple, vers Tan 53o, les productions de l'école dorienne d'Argos et celles de l'école ionienne de Chios, il convient de ne pas oublier que l'espace intermédiaire était rempli par des œuvres d'ateliers divers, qui, formant chaîne à elles toutes, finissaient par relier Tune à l'autre les deux écoles opposées. Il ne devait donc pas être impossible, seulement il était certes difficile de concilier leurs tendances divergentes. Une réaction réciproque n'y suffisait pas : celle-ci était inévitable, et elle était un bienfait ; mais, en se prolongeant, ces oscillations eussent révélé toujours le manque d'équilibre. A un moment du vie siècle, la séduisante sculpture ionienne avait commencé de conquérir plus ou moins le Péloponnèse ; mais cela encore eût été chose fâcheuse, que la prédominance complète et durable d'un style au détriment de l'autre, tous les deux ayant des droits égaux à vivre et à prospérer, comme étant tous les deux, chacun en son genre, l'expression de l'idéal grec.

La juste et harmonieuse fusion, qui seule devait permettre à l'art de mûrir ses plus beaux fruits d'or, n'eût peut-être jamais pu s'opérer, s'il n'y avait eu en Grèce ce coin de terre privilégié qu'on appelait l'Attique. Terre à la fois continentale et presque insulaire, allongée en pointe dans une mer tout

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ionienne, et, sur le continent, limitrophe de cités doriennes, habitée par une population ionienne en son fond, mais qui s'était souplement ouverte à de nombreux émigrés provenant d'autres souches, l'Attique nous aide elle-même, quand nous considérons son histoire et le cadre physique de cette histoire, à comprendre le glorieux rôle qui lui fut dévolu dans l'œuvre totale de la civilisation grecque. Cependant, au delà de ces raisons saisissables, il reste encore le mystère d'une prédestination spéciale, le rayon divin qui éclaire le front de certains hommes, et qui, parfois, auréolant tout un peuple, le désigne comme le peuple élu pour faire le plus honneur à son temps. Athènes devait devenir « la Grèce de la Grèce », et le génie attique devait porter la fleur suprême du génie grec, parce que l'esprit athénien devait se montrer capable, à l'heure voulue, de rassembler en un faisceau puissant et de combiner en une parfaite harmonie les qualités différentes de l'esprit dorien et de l'esprit ionien, et qu'ainsi, en unifiant ce qui menaçait de rester toujours plus ou moins séparé, il haussa magnifiquement l'idéal grec, et lui trouva du même coup son expression accomplie.

Ce que nous savons aujourd'hui de la sculpture athénienne jusqu'à l'invasion perse nous montre comment, au cours de sa croissance, elle a préparé, avec une admirable sûreté, son futur triomphe. Autochtone, livrée à ses seules forces, luttant péniblement contre son ignorance première, n'abordant

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le marbre qu'après un long apprentissage sur le bois et le calcaire tendre, elle a pourtant su dégager de bonne heure les éléments d'un style qui lui est propre, et où se trouve déjà quelque chose de la mesure, de la simplicité, de la distinction sans apprêt, de la précision sans dureté, qui caractériseront plus tard l'atticisme. Puis, elle entre en contact avec les écoles de Chios, de Naxos et de Paros, et, pendant la brillante période que fut le principat des Pisistratides, l'ionisme domine à Athènes : alors les sculpteurs athéniens s'instruisent de tous les secrets de la technique du marbre ; ils prennent un sentiment nouveau de l'élégance des draperies et de la grâce des gestes ; ils adoucissent la verdeur un peu âpre qui marquait les œuvres du demi-siècle précédent. Ils s'ionisent, mais sans cesser d'être des Attiques. Ils se pénètrent de l'art ionien assez complètement pour que rien des qualités de cet art ne leur soit désormais étranger, mais ils réagissent par leurs qualités traditionnelles sur celles qu'ils sont en voie d'acquérir; ils assimilent leurs emprunts, que bientôt l'on ne discernera plus ; et les traits qui font leur originalité restent saufs. Ensuite, c'est d'un autre côté qu'ils dirigent, au commencement du ve siècle, leur curiosité intelligente : après ce qu'ils ont appris des fins marbriers ioniens, ils apprennent alors des bronziers péloponnésiens le mérite des contours nets, du dessin ferme, de la composition forte et serrée ; à l'art souriant succède devant eux l'art qui ne sourit

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pas, à l'aimable et pimpante coré de marbre le bronze sévère qui tâche à fixer le mâle type athlétique. Et, cette fois encore, ils s'instruisent, mais ne se laissent pas conquérir; ils ajoutent à leur ancien fonds, sans en rien abandonner ; un tact inné les avertit, sur le chemin nouveau, des justes limites qu'il y aurait pour eux dommage à franchir.

Ainsi s'explique que les œuvres athéniennes de la période entre 5oo et 480 offrent certains caractères, les unes de l'art ionien (Fig. 1-2), les autres de l'art dorien (Fig. 3-4). 11 existe concurremment, à Athènes, une sculpture attico-ionienne et une sculpture attico-dorienne ; les deux grands courants de l'archaïsme ont convergé vers l'Attique, et, en attendant leur fusion possible, on constate déjà ce fait important, de leur réunion dans le même lieu. Depuis que l'Ionie a passé sous le joug perse, le développement normal de l'art proprement ionien est arrêté, et son avenir est compromis : mais, tant qu'Athènes demeurera, la branche attique de cet art suffit pour que la récolte soit assurée. Cependant, l'art dorien continuera, dans les ateliers du Péloponnèse, sa méthodique ascension vers son idéal particulier : mais déjà s'annonce que le génie athénien sera capable d'atteindre à cet idéal aussi, en le concevant toutefois sous une forme plus souple et moins exclusive. Sans posséder encore d'artistes considérables, comme cet Hagéladas qui illustrait alors l'école d'Argos, l'école attique, au début du ve siècle, prime donc les autres

par la variété, vraiment unique, de ses aptitudes ; elle donne à croire que ce serait assez d'elle, à la rigueur, pour que la sculpture grecque, près de sortir de la longue période d'efforts que fut l'archaïsme, remplisse sa destinée entière, non moins dans F « ordre » dorien que dans V « ordre » ionien.

Telles étaient les promesses dont la réalisation semblait prochaine, mais que l'invasion perse allait peut-être réduire à néant. L'année 490, apparut le premier orage : il fut vite dissipé par la victoire remportée à Marathon, et c'est très probablement en commémoration de cet heureux succès que les Athéniens érigèrent à Delphes leur Trésor, fine et sobre construction dorique, dont les trente métopes sculptées racontent les exploits de Thésée et ceux d'Héraclès dans un style libre et aisé, ici plus vigoureux et là plus délicat, toujours séduisant et d'une rare distinction. Cette suite de reliefs est une des œuvres les plus savoureuses de l'archaïsme athénien; et c'aurait pu en être la dernière. Car le Barbare revenait, menaçant. A deux reprises, en 480 et en 479, Athènes et l'Attique étaient saccagées, piétinées. Mais le désastre fut seulement matériel : les journées de Salamine et de Platées sauvaient la Grèce, et l'âme athénienne sortait grandie de la terrible épreuve où avait failli s'abîmer la patrie.

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