‹ Phidias: sa vie et ses ouvragesChapitre 100 sur 289 · PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE III · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE III

elles devaient donc, suivant lui, être placées en arrière des traverses, vers le centre du monument, de manière à porter le poids de la statue assise, au nombre de quatre ou de deux suivant qu'on le jugera convenable ou nécessaire. Pour moi, je croirais plutôt qu'elles étaient placées en avant, entre les piliers qui formaient les pieds du trône, en alternation avec ceux-ci. Elles devaient être au nombre de quatre et varier la décoration de l'ouvrage en même temps qu'elles en assuraient la solidité. Pausanias nous apprend qu'à Olympie il n'était pas permis, comme à Amyclée, de pénétrer sous le trône, mais qu'au contraire l'approche en était défendue par des barrières en forme de murs. On donne au soubassement une hauteur de J2 pieds environ sur 16 pieds de largeur et 24 pieds de longueur. Outre ce piédestal, qui servait de base à tout le monument, il y avait, sous les pieds de Jupiter, un escabeau du genre appelé Opaviov par les Athéniens.

La magnificence de l'ornementation répondait à la grandeur du monument. Outre les incrustations d'or, d'ivoire, d'ébène et de pierres précieuses dont le trône était partout couvert et resplendissant, on y voyait encore des sculptures en bas-reliefs et en ronde bosse, et des peintures dues au pinceau dePanaenus, ce frère de Phidias dont il a été parlé. Pausanias place quatre Victoires, semblables à des danseuses, à chacun des quatre pieds du trône et deux autres au-dessous des premières, à la partie inférieure du pied. Vœlkel, archéologue allemand, qui s'est occupé du Jupiter avant Quatremère, s'était représenté ces Victoires comme des danseuses

d'Herculanum, dansant en rond autour du pied. Quatremère a compris autrennient le texte de Pausanias ; il a formé des quatre Victoires un groupe de cariatides à la partie supérieure de chaque pied, au-dessus des traverses, et, pour justifier les expressions de l'auteur grec, il s'est contenté de faire flotter les draperies autour des pieds, dressés sur leurs pointes, de ces quatre figures. Quant aux deux Victoires placées à l'extrémité inférieure du pied, '( on peut, dit Quatremère, les réduire à être de ces figures qui se rencontrent si fréquemment dans l'arabesque ou dans les ajustenients du bas des autels, des candélabres ou autres ouvrages semblables, c'est-à-dire des mélanges de corps de femmes dans le haut et d'ornements dans le bas*, »

J'ai déjà parlé des sphinx que Pausanias dit avoir vus sur les pieds de devant du trône, et que Quatremère a fait servir de supports aux traverses dont il a formé les bras du siège dans sa restitution. L'auteur du Jupiter Olympien indique une pierre gravée antique dont il donne le trait, et où l'on voit un sphinx femelle luttant contre un jeune homme déjà terrassé sous ses griffes, comme pouvant donner l'idée de la manière dont Phidias avait traité ce motif d'ornementation 2. Au-dessous de ces sphinx, suivant le texte de Pausanias, et sur la plate-bande latérale du siège suivant la restitution de Quatremère, on voyait Apollon et Diane, perçant les enfants de Niobé de leurs flèches. Il y avait aussi dessculp-

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