‹ Phidias: sa vie et ses ouvragesChapitre 126 sur 289 · PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE IV

de Phidias, qui datait du même temps, était une statue de Pantarcès, différente de la sculpture dont il avait orné le trône de Jupiter. Cette statue du jeune vainqueur avait sa place dans TAltis.

Mûller place le voyage de Phidias en Élide à la troisième année de la 85* olympiade (438 ans avant J.-C,) et son retour à Athènes à la troisième année de la 86* olympiade (434 ans avant J.-C.). Il put donc y surveiller la construction des Propylées, auxquels on travaillait alors*. Pour la date de sa mort, Otfried Mûller et Émeric David s'accordent à la fixer à la première année de la 87* olympiade (432 ans avant J.-C) . Philochore dit, en effet, dans les scolies déjà citées sur Aristophane, que Phidias passa sept ans chez les Éléens et mourut au bout de ce temps, ce qui, d'après la manière de compter des anciens, nous conduit à la date indiquée. Il ajoute que ce fut sous l'archontat de Théodore, ce qui donne précisément la même date^.

On a vu que, dans l'opinion d'Otfried Mûller, TAthéné

tant la Vénus pudique ; elle est entièrement voilée et pose le pied sur un marchepied, emblème de la vie sédentaire. C'est la même idée qui était exprimée par la tortue dans la Vénus de Phidias à Olympie. 11 n'est pas impossible que le contraste oflPert par la présence des deux Vénus, de Phidias et de Scopas, dans le même temple, ait fourni aux artistes grecs et romains le motif de deux pendants dont ces deux Vénus, provenant de la collection Borghèse, seraient une des répétitions.

1. Si Ton pense que Phidias mourut en Élide, il faut admettre que l'édification des Propylées fut commencée sous sa direction avant sa fuite d'Athènes.

2. Voy., sur le passage de Philochore et sur les corrections qu'il doit subir, 0. Mûller, de Phid. vit., p. 35, où la date de la mort de Phidias est établie.

Promachos était le dernier ouvrage de Phidias. 11 est certain qu'il ne l'acheva pas et que les sculptures du bouclier furent exécutées par Mys. Les sculptures de Mys représentaient une centauromachie; elles avaient été exécutées sur les dessins de Pérasius. L'Athéné Promachos était la plus colossale de toutes les Minerves de Phidias. Sa hauteur, suivant MûUer, était de plus de 50 pieds sans le piédestal, mais n'allait pas néanmoins jusqu'à 60^. Placée entre les Propylées et le Parthénon, elle s'élevait au-dessus de ces deux monuments, et l'aigrette de son casque était aperçue des marins qui doublaient le cap Sunium^. Son attitude, par opposition à celle de Minerve Parthénos, devait être celle d'une guerrière prête à marcher au combat. Ce que raconte Zozime de l'apparition de Minerve à Alaric, apparition qui jeta la terreur dans l'âme du barbare et le détourna du pillage d'Athènes, peut s'appliquer à TAthéné Promachos. Il faudrait alors se la représenter telle que Zozime décrit Minerve, levant son bouclier et brandissant sa lance*. Alaric a pu en effet l'apercevoir par-dessus les remparts qu'elle dominait de sa stature gigantesque, et l'on conçoit tout ce qu'une telle apparition pouvait faire d'impression sur un esprit superstitieux et peu accoutumé à de pa-

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