PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE V
archéologiques. L'autorité d'un homme qui joignait à l'érudition et à la sagacité de l'archéologue* le sentiment vif et délicat de l'artiste en matière d'antiquité, la célébrité même de la statue que Mùller attribue à Phidias nous assurent que, si toute chance d'erreur n'est pas écartée, il existe du nwins une présomption fort grande en faveur de la supposition qui rend à notre enthousiasme une des plus belles œuvres du maître d'Athènes. J'ai placé le concours d'Éphèse et l'exécution de l'Amazone de Phidias vers la 84' olympiade, avant l'époque ou Phidias dut se consacrer tout entier aux grands travaux dont Périclès lui donna la direction à Athènes. La date n'en saurait être reculée davantage, car il faut bien laisser grandir et se préparer à la lutte Polyclète, ce rival de Phidias, dont on ne peut placer la naissance avant la 75" olympiade, et qui devait être déjà mûr d'années et de talent lorsqu'il l'emportait ainsi sur son ancien condisciple, plus âgé que lui de quelques années 4' exercice de leur art et de renommée. On ne peut non plus la rapprocher, puisque, à partir de l'époque où Phidias fut chargé de la direction de travaux immenses par Périclès, cette direction et les ouvrages qu'il exécuta lui-même jusqu'à son voyage en Élide, ainsi que ses travaux à Olympie, paraissent suffire, et au delà, à remplir les fécondes années de sa vie.