Portraits, U et
de cette statue et le grand nombre de répétitions que nous en possédons prouvent d'ailleurs que l'original a dû sortir de la main d'un grand maître, et Ton peut y remarquer le genre de beauté que Lucien vanle dans l'œuvre de Phidias : les contours de la tête sont d'une grâce parfaite; la bouche est admirable. On peut objecter que les formes de cette figure sont plus molles, plus arrondies, et en quelque façon moins chastes^ pour me servir de l'expression de MûUer, qu'il n'appartient sans doute au style de Phidias ; mais il est assez vraisemblable que Tartiste, grec ou romain, au ciseau duquel nous devons cette imitation de l'œuvre d'un ancien maître, a dû en dénaturer un peu le caractère pour le mieux accommoder au goût de son temps. En revanche, la vérité des formes du corps et la négligence pleine de grâce des draperies rappellent tout à fait le style de Phidias, tel que les marbres du Parthénon nous Tout fait connaître. On doit conjecturer, d'après l'endroit du livre de Pline où il est question de la guerrière de Phidias, que la statue originale était de bronze.
Si petit est le nombre des œuvres originales venues jusqu'à nous des profondeurs de l'antiquité que nous nous estimons heureux quand il nous est permis de retrouver par conjecture, sur quelque marbre mutilée. non les traces de la main d'un des maîtres de la statuaire, mais le relief effacé de sa pensée dans quelque douteuse copie. Il plaît alors à notre imagination d'écarter toute incertitude et de se livrer avec délices à la possession d'un chef-d'œuvre jusque-là connu seulement par renommée. Ces hypothèses sont le péril et l'attrait des études