PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE VI
fluence exercée par Phidias sur les artistes formés par ses leçons ou réunis sous sa discipline n'avait sans doute rien de tyrannique ; mais, dans cette association d'eflbrts dont son génie était Tâme, il laissait à chacun la liberté nécessaire au déploiement de ses talents, se réservant seulement la composition des sujets et la direction gêné* raie* des ouvrages*
Le plus indépendant et le plus célèbre des élèves de Phidias était Alcamène, Athénien ^ ; suivant Tzetzès et Pline, Alcamène, qui était lui-même un maitre, fut autant le rival que l'élève du maître qui l'instruisit ^. Pline place l'âge florissant d'Alcamène à la 83* olympiade ^ ; il ne devait donc pas être beaucoup plus jeune que Phidias. Peut-être avait-il déjà exercé la sculpture et commencé sa réputation lorsque la révolution opérée dans l'art par Phidias vint le frapper d'une révélation subite et l'engagea à se ranger parmi les disciples du nouveau maître qui faisait faire à la sculpture de si grands et de si rapides progrès. On pourrait penser dans ce cas qu' Alcamène, tout en laissant assouplir son style par les conseils et les leçons de Phidias, a pu cependant retenir dans sa manière quelque chose de la roideur primitive ^. .
i. Sur la patrie d'Alcamène, voyez le Catalogue de Sillig, p. 30 et 32. Comp. Otfried Muller, de Phid, vit., p. ZiO.
2. V. 0. Millier, de Phid. vit., p. 38 et suiv.; comp.Beulé, Acrop. d'Aih., t. II, p. 99 et suiv., où se trouve traduit le passage de Tzetzès relatif à la lutte de Phidias et d'Alcamène.