Nat. Hist., XXXIV
û. 0. Millier, loc. cit.; Beulé, Cours d'archéologie professé à la Bibliothèque nationale.
tOO PHIDIAS.
Un récit de Tzetzès, poëte byzantin du xn* siècle, a donné lieu à une conjecture qu'on trouve dans Y Acropole d'Athènes de M. Beulé ^. Tout le monde connaît rhistoire^ d'une lutte qui aurait eu lieu entre Phidias et Alcamène, auteurs tous deux d'une statue de Minerve. Ces deux statues devaient être placées au-dessus de colonnes élevées; Alcamène avait donné à la sienne des formes délicates , propres à la faire apprécier par ceux qui la regarderaient de près ; Phidias, au contraire, avait représenté Minerve avec la bouche ouverte et les narines relevées, calculant l'effet qu'il voulait produire d'après la hauteur où devait être placée la statue. Le jour de l'exposition publique , il n'y eut qu'un cri d'admiration pour la statue d' Alcamène, tandis que l'œuvre de Phidias fut l'objet de critiques amères. Mais il en fut tout autrement quand les deux Minerves furent élevées à la place pour laquelle elles étaient faites; les éloges furent alors pour Phidias et les railleries pour Alcamène. On voit par ce récit que Phidias savait se conformer aux lois de la perspective dans la sculpture architectonique et que ce secret était inconnu de son nval. M. Beulé a cru qu'on pouvait en tirer encore une autre conclusion ; il a pensé qu'il résultait peut-être du texte de Tzetzès qu' Alcamène devait être l'auteur de l'un des frontons du Parthénon, tandis que Phidias luimême avait sculpté l'autre. C'est le fronton occidental qui, si l'on en croit M. Beulé, serait l'œuvre d'Alca-
i. Tome II, p. 110.