PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE VI
et il y a toute apparence qu'il faut ranger le bloc de Paros dans lequel fut sculptée la Némésis avec le butin de Marathon qui avait servi à construire tant de monuments, suivant les traditions athéniennes, et avec les mâts des vaisseaux pris àSalamine, dont on prétendait qu'était faite la toiture de TOdéon à Athènes. En revanche, Pausanias ne s'est peut-être trompé qu'à moitié en attribuant à Phidias la statue de Némésis. Pline, en effet*, nous apprend que Phidias, entraîné par l'amour qu'il portait à Agoracrite, a plus d'une fois mis sous le nom de cet élève favori des ouvrages dont il était luimême l'auteur. Suidas ^ dit aussi que la Némésis était de Phidias, mais que le maître avait permis au disciple d'écrire son nom sur la statue. Suivant Strabon *, la Némésis de Rhamnus était attribuée par les uns à un certain Diodote, inconnu d'ailleurs, et par les autres à Agoracrite le Parien.
La transformation d'une Vénus en Némésis n'a rien d'extraordinaire dans Tordre d'idées que ces deux divinités représentaient primitivement. Le caractère élevé de la Vénus céleste la rapprochait de ces grandes divinités mystérieuses, Némésis, les Parques ^, et il y avait entre elles la même parenté qui existe entre les idées de
±. Loc. cit.
2. Aux mots i^apkvouata Nsjasoic Od lit également dans Suidas que la Némésis de Rhamnus avait d'abord été une Vénus. De là la branche de pommier qu'elle tenait à la main et qui était un attri^ but de Vénus.