Livre IX
4. V. le passage de Pausanias où la Vénus des jardins est appelée l'aînée des Parques (I, 19).
beauté, de justice, d'ordre universel. Némésis représente, comme divinité morale, à peu près ce que Vénus représente dans un sens cosmique. MûUer a donc eu raison de dire qu'il n'y avait pas entre elles une si grande différence. La beauté, qui appartenait en Grèce à tous les dieux et à toutes les déesses, les rapprochait encore. La Némésis de Rhamnus n'était pas moins célèbre dans l'antiquité que la Vénus des jardins, et Varron avait même pour la première une admiration qui allait jusqu'à la regarder comme le chef-d'œuvre de la sculpture *. Voici la description de cette célèbre Némésis, telle qu'on la lit dans Pausanias ^.
« La déesse a sur la tête une couronne formée de « figures de cerfs et de petites Victoires ; elle tient dans « la main gauche une branche de pommier, et dans la « droite une coupe (çia^viv) où sont figurés des Éthio- « piens ^. Je ne saurais ni former par moi-même aucune
« conjecture, ni adopter celles qui ont été faites
« Cette statue de Némésis n'a point d'ailes, non plus « qu'aucune des statues anciennes de Némésis ; mais, à « Smyrne, j'en ai vu à des statues de la même déesse « qui sont très-révérées des habitants. La raison que « j'en soupçonne, c'est que la puissance de Némésis « s'exerce principalement sur les amants; de là vient
1. Pline, loc cit. « Quod M. Varro omnibus signis praetulit. »
3. 0. Mûller pense que ces symboles ont pu être ajoutés après la transformation de la Vénus en Némésis. Il en est cependant, comme la branche de pommier, qui pouvaient convenir également à Némésis dispensatrice et modératrice et à la Vénus primitive.