Voy. Œuvres de Platon, traduites par M. Cousin, t. VI
de Tart, était pour les voyageurs un sujet d'étonnement toujours nouveau.
J'ai parlé de la statuaire chryséléphantine. Il y avait peu de temples, parmi ceux qui avaient en Grèce quelque renom, où ne se trouvât quelqu'un de ces simulacres d'ivoire et d'or, consacré à la divinité du lieu par la piété ou l'ostentation du peuple. On ne saurait, suivant Quàtremère de Quincy, parcourir avec Pausanias les contrées et les villes de la Grèce^ sans être arrêté à tout instant par une de ces merveilles inconnues à nos yeux et non moins étrangères à notre goût^ par une de ces merveilles d'un art singulier dont on doit la révélation à l'auteur du Jupiter Olympien, et que, dans son enthousiasme, il compare, parmi les descriptions des œuvres de l'art antique, à des constellations lumineuses entre le peuple des étoiles *. Le Jupiter d'Olympie et la Minerve d'Athènes sont les chefs-d'œuvre de cette sculpture chryséléphantine dont la renommée fut immense dans l'antiquité, et qui était dans les arts de la Grèce quelque chose d'analogue à ce qu'est l'opéra dans nos arts moderneç : une splendide réunion de beautés et de prestiges, destinée à parler à la fois aux sens, au cœur et à l'esprit, le plus vif attrait des imaginations contemporaines.