‹ Phidias: sa vie et ses ouvragesChapitre 182 sur 289 · DEUXIÈME PARTIE. — CHAPITRE III. ÎÔ · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — CHAPITRE III. ÎÔ

sance de Minerve annonçait aux divinités titaniques la fin de leur règne et le commencement d'une ère nouvelle. On verra bientôt comment Phidias a, sur ce point important, complété la pensée homérique.

J'ai dit que le nombre des statues dont tout vestige a disparu devait être de huit à dix, La plus importante, celle de Jupiter, était sans doute placée au milieu du fronton. Il faut se représenter le maître des dieux assis sur son trône, le sceptre en main, dans l'attitude de la majesté souveraine. A côté de lui, un peu en avant, se tient la nouvelle déesse. Je suppose qu'elle occupait la gauche de Jupiter, dans ce côté du fronton où se trouvait aussi placée la statue de la Victoire. On sait que la Victoire était la compagne inséparable de Minerve. Autour de ces deux figures principales se groupaient d'autres divinités dont on voudrait du moins connaître les noms, en l'absence de tout débris qui les rappelle. Je ne pense pas que Vulcain doive être du nombre. Son nom n'est pas prononcé dans l'hymne homérique, et son ministère n'était sans doute pas indispensable à la délivrance de Jupiter*. C'est également, à mon avis, une façon peu poétique de comprendre le sujet traité par Phidias que de faire assister Jupiter, comme une femme en mal d'enfant, par les divinités qui présidaient aux accouchements 2. Il y a une manière plus heureuse de remplir les vides du fronton oriental ; c'est de demander

i. Vulcain figure dans la restitution de Qùatremère et dans celle de M. Gockerell.

2 C'est le système de Brôndsted, Voyages et recherchés dans la Grèce, IV liv., Paris, 1830, introduction.

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à Homère la désignation des divinités qui durent recevoir Minerve à son entrée dans k vie.

Dans rhyiw^e à IVJipeçve, le poëte ne nomme comme présents à l'événement que la Terre, I3. Mer et le Soleil. Mais, outre ces spectateurs éloignés, il y avait des témoins plus rapprochés qu'Homère ne nomme pas,, auxquels, il fait cependant allusion en disant qu'à la vue de Minerve tous les immortels furent saisis d'admiration. Or, dans l'bymiiie^ à Apollon, il est question, à propos des couch^s de Latone, de plusieurs, divinités, parmi les plu3 antiques et les plus saintes, qui s'y trouvaient présentes. « Toutes les déesses les pl^s illustres sont ras- « semblées autour de Latone : Dioné, Rhée, ThénMS « qui poursuit le coupable, et la gémissante Amphitrite, « et toutes les autres déesses, à» l'exception de Junon au « bras blanc ;. elle était restée dans le palais du formi- « dable Jupiter*. » On, remarquera que cette énumération ne comprend que des divinités féminines, Qe qui n'a rien sans doute que de très-naturel, dans la circonstance. De même, parrpi leq figures qui nous restent, du fronton oriental, on ne trouve que d^ux. figures mâles, toutes deux placées loin du centre d^ l'action, d'oùkroti peut conjecturer que Phidias avait suivi, dans le choix de ces personnages, les traditions relatives aux naissances divines, bien que son sujet ne lui en. fît pas une loi, mais sans livrer cependant le souverain de TOlympe aux soins ridicules d'Ilyithie ou de Diane-Lucine.

i. Hymne i. J^emprunte la traduction de Dugas-Montbel, Odyssée et poésies homériques, p. 337.

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