VIII PRÉFACE
d'un grand art et d'un grand peuple. Je me sentis pris alors du désir d'étudier de près cet art de l'époque de Périclès, si différent de celui que Winckelmann m'avait appris autrefois à regarder comme la véritable expression du génie grec en sculpture. De là mes travaux sur Phidias et sur le temple qu'il a décoré des chefs-d'œuvre de son génie.
Comme beaucoup de mes contemporains, qui n'ont pas fait de l'art grec une étude particulière, je m'étais figuré que le dernier mot de cet art était dans l'Apollon du Belvédère, dans le Laocoon ou dans le Torse d'Apollonius. Il n'y a guère plus d'un demi-siècle, les statues que je viens de nommer étaient regardées en effet sans contestation comme les chefs-d'œuvre de la sculpture antique ; et, même après les découvertes de notre siècle dans le champ fécond de l'archéologie grecque, les idées de Winckelmann sur l'art antique et son histoire ont conservé longtemps un empire dû aux vues ingénieuses, bien que fausses, qui ont rendu si longtemps son livre populaire.
Rendons justice à cet illustre antiquaire. Non-seulement il a donné l'impulsion aux études qui ont* l'art