‹ Phidias: sa vie et ses ouvragesChapitre 226 sur 289 · DEUXIÈME PARTIE. ~ CHAPITRE V · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. ~ CHAPITRE V

panthère sur la tête du cadavre. La figure morte est d'une grande vérité. Une certaine contraction des muscles qui s'^y fait sentir rappelle l'agonie récente, tandis que l'attitude abandonnée du corps indique la privation de tout sentiment. 11 est fâcheux que la tête du Centaure ait été brisée ; celle du mort est entièrement fruste.

Je ne sais si la métope n** 11 est de beaucoup inférieure à celle dont je viens de parler. EHe représente un Athénien qui vient de saisir un Centaure par les cheveux et de lui faire une blessure au lieu même delà transition de la nature de l'homme à celle du cheval. L'Hîppocentaure, déjà plus qu'à demi vaincu, porte la main à Tendroit frappé, tandis que son ennemi s'apprête à le frapper de nouveau. M. Beulé a signalé dans cette métope un bel effet de draperie ; c*est celui que produit le manteau de l'Athénien, lequel, Jouvert par le mouvement des bras, semble, en effet, une sorte de rideau destiné à former le fond de la scène. Sur ce rideau se détache un corps vigoureux, d'une attitude fière et énergique. Les plis du manteau sont d'un grand style. On a remarqué la finesse d'exécution du corps de l'Athénien, aussi grande dans les parties qui échappent à l'œil que dans celles qui sont exposées à la vue. La figure du Centaure n'est pas exempte de mollesse. Comme dans la métope n* 12, l'une des têtes manque, et l'autre est entièrement défigurée.

Une expression touchante distingue la quatrième métope*. Elle représente un Grec à demi terrassé par tin

1. C'est la 3" dans la classification du Musée britannique et la 4« de Brôndstedt.

Centaure et levant sur son ennemi un regard suppliant. La terreur qui se peint sur les traits charmants du jeune homme, l'attendrissement du Centaure, qui suspend son coup au moment de lui briser le crâne avec l'amphore qu'il balance dans sa main, forment un tableau d'un caractère particulier dont on ne peut s'empêcher de se sentir doucement surpris. Les deux têtes séparées de cette métope ont été retrouvées à Copenhague par M. Brôndsted qui en a porté les moulages à Londres.

Ces trois métopes, les deux premières surtout, passent pour les plus belles de la collection de lord Elgin. Celle du Louvre leur est inférieure, aussi bien que celle du musée du Parthénon. Ces deux dernières se ressemblent au point d'avoir paru à M. Beulé le même motif tourné de deux côtés différents. Parmi celles de Londres, on signale avec raison, comme très-inférieures aux autres, les numéros 14, 15 et 16^. Ces métopes étaient les dernières du côté du nord-est. On peut voir, dans le livre de M. Beulé, quelques critiques de détail qui paraissent justes sur quelques autres de ces sculptures 2. En général,, les métopes du Parthénon ont été jugées inférieures aux autres sculptures de ce temple. Voici ce qu'en dit Visconti :

« L'exécution de ces morceaux est digne de l'école de « Phidias et de l'ensemble du Parthénon. On peut ce-

1. 30, 31 et 32 de Brôndsted. Il n'y a à Londres, comme je Tai dit, que quinze métopes originales ; mais le numéro 9 ayant été donné à un moulage de la métope de Paris, le nombre des métopes numérotées se trouve ainsi porté à seize.

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