‹ Phidias: sa vie et ses ouvragesChapitre 254 sur 289 · DEUXIÈME PARTIE. — CHAPITRE VU · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — CHAPITRE VU

avant l'époque où devaient être révélées à l'Europe les sculptures du Parthénon, elles se placent naturellement à côté d'elles ici comme au Musée britannique, et semblent provoquer d'elles-mêmes une comparaison qui, toute à leur désavantage, ne laisse pas d'être utile et instructive pour la connaissance de l'histoire de l'art hellénique. De même que le temple dont elles proviennent était comme un frère cadet du Parthénon perdu dans les sauvages gorges de FArcadie, ayant été construit par le même architecte, de même ces sculptures, exécutées par mie main qui avait travaillé peut-être à celles du temple de Minerve, peuvent en être considérées comme les sœurs moins belles, veribes au monde sous une moins heureuse étoile , mais offrant cependant dans leurs traits les plus saillants le caractère de la famille. Le temple d'Apollon Épicurius est situé sur le mont Cotylius, en Arcadie, à quarante stades environ du village de Paulitza qui a remplacé l'antique Phigalie. On peut s'y rendre d'Olympie en onze heures vingt-trois minutes de marche*. Le bourg près duquel il s'élevait portait dans l'antiquité le nom de haafson (le hallier). Le lieu où se voient aujourd'hui les ruines est appelé par les habitants du pays oi gtuT^oi (les colonnes). Ce lieu est un petit plateau circulaire, à mi-côte. De cet endroit, le regard franchissant la partie la moins élevée de la chaîne des monts Lycéens, dont le mont Cotylius fait partie, embrasse le golfe de Messénie, la plaine de Sténiclare et le mont Ithome, dont le sommet a la forme d'une table.

1. Lebas, dans V Expédition scientifique de Morée, t. II, p. 31.

A droite, entre les colonnes, apparaissent la plaine et le golfe de Cyparissia*. La pente de la montagne est ombragée de chênes. C'est dan& cette solitude, qui les enveloppait d'une sorte d'indifférente protection, que les ruines d'un des plus beaux temples de la Grèce dérobaient la tristesse de leur écroulement silencieux et semblaient confier à la nature les douleurs de la religion et de l'art. La surprise dut être grande, et grande la joie, pour les voyageurs érudits qui découvrirent les premiers ces colonnes d'une pierre dont le grain fin et compact, la teinte légèrement jaune, produisent l'effet du marbre, et qui saluèrent de leur nom antique, oublié des échos de la montagne, cas ruines longtemps cachées à tous les yeux, hors à ceux du pâtre ignorant dont les chèvres allaient brouter l'herbe d'Apollon dans l'enceinte ouverte et abandonnée.

Chandler ne vit pas le temple de Bassae, qu'un Français, l'architecte Bocher, lui avait pourtant signalé en 1765. Les mêmes voyageurs à qui Ton doit la découverte des statues d'Égine ont retrouvé les sculptures enfouies sur le mont Cotylius. Ils formaient une société d'artistes et de savants qui , de plusieurs contrées de l'Europe, était venue en Grèce pour en explorer les ruines. Pendant l'été de 1812, elle s'établit sur l'emplacement du temple d'Apollon pour y faire des fouilles. M. Cockerell, qui avait eu sa part de la découverte, voyageait alors en Sicile. Il a raconté dans une lettre^

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